Vous avez beau ne pas vous occuper de politique, la politique s'occupe de vous. (Ch. de Montalembert)

 

Introduction

 

 

Ce travail (1) n'a pas la prŽtention de dŽcrire l'histoire sociologique et Žconomique de la commune de Banyuls-sur-Mer, pourtant indispensable ˆ la comprŽhension de son histoire Žlectorale. Plus modestement il a pour but de fournir un aide-mŽmoire aux jeunes gŽnŽrations, aux retraitŽs qui reviennent au pays, ainsi qu'aux "gabatchs" (2), comme aux ressortissants de la CommunautŽ europŽenne, qui s'y sont Žtablis.

             

Un rŽsultat Žlectoral ne procde pas du loto mais traduit les sensibilitŽs, les traditions, la dŽfense d'intŽrts acquis, comme les aspirations des Žlecteurs et du groupe familial. Il traduit aussi l'Žvolution Žconomique et dŽmographique de la commune, il permet de mesurer selon le type d'Žlection l'influence de la politique nationale ou celle des hommes.

 

L'interprŽtation des donnŽes chiffrŽes relvera naturellement de l'apprŽciation de chaque lecteur et nous ne fournirons que le fil directeur indispensable ˆ la rŽflexion de nos concitoyens.

 

La base documentaire qui sert de support aux exposŽs avant et aprs chaque tableau chiffrŽ de chaque Žlection constitue l'un des ŽlŽments fondamentaux des exposŽs. Elle s'appuie sur les documents Žlectoraux, professions de foi des candidats et des rŽfŽrences bibliographiques dont dispose l'auteur, mais trop nombreux pour tre citŽs, de tŽmoignages recueillis auprs d'acteurs locaux ou dŽpartementaux de la vie politique, et les impressions personnelles de l'auteur. De tels rŽsumŽs, indispensables pour rappeler le contexte dans lequel s'est dŽroulŽ chacune des Žlections, imposent le choix de faits marquants sans qu'il soit toujours possible de les expliciter ˆ la lumire des conceptions politiques des divers acteurs de la vie publique.

             

Faute d'archives historiques ˆ Banyuls,  notamment d'articles de la presse locale concernant la commune, il m'Žtait impossible de les rechercher sur une aussi longue pŽriode aux Archives dŽpartementales. De ce fait les compte rendus des Žlections locales ne peuvent tre que sommaires.

 

D'origine non catalane, affectŽ comme enseignant et chercheur au Laboratoire ARAGO le 1er Avril 1965, j'ai ŽtŽ initiŽ ˆ l'histoire Žlectorale de Banyuls par Charles JAULENT, Laurent CENTéNE, Franois SURƒDA, Jean SAGOLS, AndrŽ BOSCH, et Augustin FREIXE auquel je dois de disposer des listes Žlectorales depuis 1932.

             

Pour comprendre dans leur continuitŽ ou leur rupture les Žlections locales, il semblait utile de remonter jusqu'ˆ celles prŽcŽdant l'Occupation.

Au cours de mes recherches j'ai eu la chance de pouvoir confronter mes donnŽes avec celles du dipl™me en Sciences politiques rŽalisŽ par HervŽ GERMA  qui couvre la pŽriode de 1945 ˆ 1974 . Ce travail constitue le seul document dŽposŽ ˆ la mairie. Nous avons sans le savoir parcouru le mme itinŽraire, animŽs par la mme curiositŽ scientifique: le dŽsir de comprendre l'histoire Žlectorale de Banyuls. Nous n'y sommes certainement pas totalement parvenus ni l'un ni l'autre, faute de temps et de toute l'information nŽcessaire.

 

D'une certaine manire l'histoire Žlectorale de Banyuls intgre une constante introduite lors de la RŽvolution de 1789, et sans doute antŽrieure comme le suggre Roger BERNIS dans son "Roussillon politique" (3), ouvrage fondamental pour comprendre les hommes et  la  politique dŽpartementale, et dont je me suis largement inspirŽ. 

 

            La cŽlŽbration rŽcente du bicentenaire de 1789 nous rappelle ce qu'apporta la RŽvolution et les raisons pour lesquelles les Banyulencs furent des rŽpublicains convaincus, et pour beaucoup anticlŽricaux. Ils doivent ˆ la RŽpublique de nouveaux droits civiques et de justice fiscale, et pour nombre d'entre eux l'accession ˆ la propriŽtŽ lors de la vente des biens nationaux. Mais   d'autres considŽrations ont pu motiver les Banyulencs, leur indŽpendance foncire s'accordant mieux ˆ l'esprit de la RŽpublique qu'ˆ celui de l'Ordre ancien autoritaire et inŽgalitaire par nature. Quoi qu'il en soit, la lecture des cahiers de dolŽances (4), publiŽs fort judicieusement par "L'IndŽpendant" au cours de l'annŽe du bicentenaire, montre que les revendications n'Žtaient pas diffŽrentes de celles des autres villages du Royaume. Cette intŽgration dans la RŽpublique  explique peut-tre pourquoi les rŽsultats des Žlections ˆ Banyuls sont souvent conformes ˆ celles de la rŽgion, sinon du pays.

Mais une autre piste explicative  du comportement rŽpublicain, voire "socialiste" de la population de souche est ˆ rechercher dans la structure familiale de type Žgalitaire et nuclŽaire non absolue, avec une prŽdominance patriarcale (du moins en ce qui concerne les votes), reste peut-tre de la forme latine du "pater familias" (5). Cette constante psychologique sera remise en question par l'Žvolution Žconomique gŽnŽrale et une immigration d'Žtrangers ˆ la commune, trs diffŽrente de celle plus ancienne d'origine espagnole ou de la catalogne sud.

 

Ë l'exception des rŽsultats chiffrŽs, l'ouvrage ne doit pas tre considŽrŽ comme achevŽ et sera toujours susceptible d'amŽliorations en fonction de l'apport des sources documentaires. L'analyse critique de celles-ci constitue un travail patient, et tributaire de la parution d'ŽlŽments nouveaux, fonction de la levŽe du secret des archives dans les divers pays.

L'auteur, non historien de formation, n'est ni neutre ni infaillible, ce qui n'exclut nullement la recherche d'une objectivitŽ dans les faits rapportŽs, facilitŽe par une pratique scientifique quotidienne dans le domaine de l'Žcologie. L'histoire Žlectorale, comme l'histoire naturelle, relve bien de la science, mme si les comportements de la population d'une commune n'ont pas les automaticitŽs de ceux d'une fourmilire. H. TAINE n'Žcrivit-il pas: << on permettra ˆ un historien d'agir en naturaliste: j'Žtais devant mon sujet comme devant la mŽtamorphose d'un insecte >>. Comme biologiste des populations, j'ai tentŽ une approche inverse, mais comme tous les historiens ne s'accordent pas sur le fait que l'on puisse parler d'Histoire concernant la pŽriode contemporaine, disons que ce travail est une base chronologique centrŽe sur chaque scrutin considŽrŽ comme un micro Žchantillon de la population mŽtropolitaine.

Au total soixante-huit Žlections ont eu lieu en cinquante-huit ans (de 1945 ˆ 2002) soit plus d'une par an ! qui recouvrent prs de cinq gŽnŽrations. Une telle somme de rŽsultats permet-elle un calcul prŽdictif un ˆ deux mois avant chaque scrutin ? Question que j'ai envisagŽe (6), comme le problme dŽlicat des reports de voix lors des seconds tours pour certaines Žlections.

Si au dire de Jean-Marie DEDEYAN << l'humain ne se met pas en chiffres>> (7), ceux-ci n'en constituent pas moins des indicateurs qui intgrent les paramtres socio-Žconomiques comme les personnalitŽs qui en sont responsables. Seule m'importe l'exactitude des faits et des comportements, laissant ˆ chacun sa part de vŽritŽ.

  Chaque chapitre correspond aux donnŽes Žlectorales ˆ la date considŽrŽe. Ë partir de 1965, celles-ci ont ŽtŽ rŽdigŽes "ˆ chaud", seules les notes annexes (en petits caractres) comportent quelques rŽfŽrences bibliographiques et indications complŽmentaires  ajoutŽes postŽrieurement.        

 

Cet essai est dŽdiŽ ˆ tous les amis banyulencs qui m'ont aidŽ, et ˆ tous ceux qui, peu ou prou, ont fait l'histoire Žlectorale de leur commune. Puissent-ils la poursuivre avec le souci du bien commun, le respect du cadre de vie, et la transparence qui sied ˆ toute vie dŽmocratique.

        

       Ce travail est aussi en hommage et remerciements ˆ mes professeurs d'Histoire et de GŽographie des lycŽes Jacques-Decour (8) et Louis-le-Grand qui m'ont donnŽ le gožt pour les lectures historiques et de science politique et m'ont transmis une certaine comprŽhension de l'Histoire.

 

Notes annexes:

(1) La documentation (bibliographie, tracts, journaux locaux, professions de foi des candidats, programmes des partis, textes des rŽfŽrendums et diverses illustrations) ˆ la disposition de l'auteur ne sera pas fournie dans cette publication. Celle-ci sera fournie ultŽrieurement dans une base de donnŽes consultable sur internet.

(2) Gavatx (se prononce "gabatch"): terme catalan dŽsignant l'occitan et par extension les Franais.

(3) Roger BERNIS: Roussillon politique du rŽsŽda ˆ la rose. 1. Le temps de Quatrime (1944-1958). Edit. Privat (1984).

(4) Michel FERRER, notre concitoyen historien de Banyuls, ( in "L' An des Banyulencs". Edit. Minuprint, Perpignan, 1993) fournit le mŽmoire des habitants de la commune adressŽ ˆ l'AssemblŽe provinciale de Perpignan, et les noms des rŽsidents ˆ cette Žpoque ˆ Banyuls. Et du mme auteur: Terre de nos pres; Banyuls au XIX me sicle. Imprimerie Minuprint, Perpignan, 2000.

(5) Emmanuel TODD: La nouvelle France. Edit. Seuil (1988) et L'invention de l'Europe. Edit. Seuil (1990).

(6) Ce qui m'a valu de gagner un second prix lors d'un concours organisŽ par "Le Canard encha”nŽ" en 1967.

(7) in Paradoxes, N¡ 3 et 4, janvier 1975. Edit. Compagnie EuropŽenne d'Editions et Publications PŽriodiques, Paris.

(8) Professeur d'allemand au LycŽe Rollin ˆ Paris, fusillŽ par les nazis au Mont-ValŽrien le 30 mai 1942, fondateur des Lettres franaises. Cf. Pierre FAVRE: Jacques DECOUR L'oubliŽ des Lettres fanaises 1910-1942. Edit. Farrago, Tours (2002).

 

Note complŽmentaire :

Concernant le Roussillon ˆ la veille de la RŽvolution Franaise et les suites tragiques qui s'en suivirent on consultera l'ouvrage de Michel BRUNET: Le Roussillon face ˆ la RŽvolution Franaise. Edit. Trabucaire (1989).

Ë propos des consŽquences de la RŽvolution Franaise, on notera le dŽveloppement d'un anticlŽricalisme en relation avec le retour des prtres rŽfractaires dans le dŽpartement, leur conviction "lŽgitimiste" (ce que l'on dŽnommerait maintenant leur "intŽgrisme"),  qui n'est autre qu'un rigorisme doctrinal qui heurta les us et coutumes de leurs paroissiens (1).

 

Note annexe:

(1) : Cf. Michel BRUNET: Le curŽ et ses ouailles. La montŽe de l'anticlŽricalisme dans le dŽpartement des PyrŽnŽes-Orientales (1800-1852). Edit. Trabucaire, Canet (2003). 

 

 

Tableau 1: Elections ˆ Banyuls-sur-Mer de 1932 ˆ 2002

AnnŽe

Date

Type

 

AnnŽe

Date

Type

 

Type

1932

1-05

LŽg.1

 

 

 

 

 

 

 

8-05

LŽg.2

 

1973

4-03

LŽg.1

 

AE: europŽennes

1935

5-05

M

 

 

11-03

LŽg.2

 

Const.: constituante

1936

26-04

LŽg.1

 

 

23-09

Ca1

 

Ca: cantonale

 

3-05

LŽg.2

 

1974

5-05

PrŽs.1

 

LŽg.: lŽgislative

1938

3-04

LŽg.1

 

 

19-05

PrŽs.2

 

M: municipale

 

10-04

LŽg.2

 

1975

6-04

Mc1

 

Mc: m. complŽment.

1941

18-03

M (nommŽ)

 

 

13-04

Mc2

 

PrŽs.: prŽsidentielle

1944

10-10

M (nommŽ)

 

1977

13-03

M1

 

RŽf: rŽfŽrendum

1945

29-04

M1

 

 

20-03

M2

 

RŽg.: rŽgionale

 

13-05

M2

 

1978

12-03

LŽg.1

 

1: 1er tour

 

23-09

Ca1

 

 

19-03

LŽg.2

 

2: 2me tour

 

30-09

Ca2

 

1979

18-03

Ca1

 

 

 

21-10

RŽf

 

 

25-03

Ca2

 

 

 

21-10

Const.

 

 

10-06

AE

 

 

1946

5-05

RŽf

 

1981

26-04

PrŽs.1

 

 

 

2-06

Const.

 

 

10-05

PrŽs.2

 

 

 

13-10

RŽf

 

 

14-06

LŽg.1

 

 

 

10-11

LŽg.

 

 

21-06

LŽg.2

 

 

1947

19-10

M1

 

1983

6-03

M1

 

 

1949

20-03

Ca1

 

1984

17-06

AE

 

 

 

27-03

Ca2

 

1985

10-03

Ca1

 

 

1951

17-06

LŽg.

 

 

17-03

Ca2

 

 

1953

1-02

Ca1

 

1986

16-03

LŽg.

 

 

 

8-02

Ca2

 

 

16-03

RŽg.

 

 

 

26-04

M1

 

1988

24-04

PrŽs.1

 

 

 

3-05

M2

 

 

10-05

PrŽs.2

 

 

1955

17-04

Ca1

 

 

5-06

LŽg.1

 

 

 

 

 

 

 

12-06

LŽg.2

 

 

1956

2-01

LŽg.

 

 

6-11

RŽf

 

 

1958

28-09

RŽf

 

1989

12-03

M1

 

 

 

23-11

LŽg.1

 

 

18-06

AE

 

 

 

30-11

LŽg.2

 

1992

22-03

RŽg.

 

 

1959

8-03

M1

 

 

22-03

Ca1

 

 

1961

8-01

RŽf

 

 

29-03

Ca2

 

 

 

4-06

Ca1

 

 

20-09

RŽf

 

 

1962

8-04

RŽf

 

1993

21-03

LŽg.1

 

 

 

28-10

RŽf

 

 

28-03

LŽg.2

 

 

 

18-11

LŽg.1

 

1994

12-06

AE

 

 

 

25-11

LŽg.2

 

1995

23-04

PrŽs.1

 

 

1965

14-03

M1

 

 

9-05

PrŽs.2

 

 

 

5-12

P1

 

 

11-06

M1

 

 

 

19-12

P2

 

 

18-06

M2

 

 

1967

5-03

LŽg.1

 

1997

25-05

LŽg.1

 

 

 

12-03

LŽg.2

 

 

1-06

LŽg.2

 

 

 

24-09

Ca1

 

1998

15-03

RŽg.

 

 

1968

23-06

LŽg.1

 

 

15-03

Ca1

 

 

 

30-06

LŽg.2

 

 

22-03

Ca2

 

 

1969

27-04

RŽf

 

1999

13-06

AE

 

 

 

1-06

PrŽs.1

 

2000

24-09

RŽf

 

 

 

15-06

PrŽs.2

 

2001

11-03

M1

 

 

1971

14-03

M1

 

 

18-03

M2

 

 

 

21-03

M2

 

2002

21-04

PrŽs.1

 

 

1972

23-04

RŽf

 

 

5-05

PrŽs.2

 

 

 

11-06

Mc1

 

 

9-06

LŽg.1

 

 

 

18-06

Mc2

 

 

16-06

LŽg.2

 

 

 

 

 

         Bref rappel des ŽvŽnements marquants antŽrieurs ˆ la LibŽration de la France.

 

 

            Ces ŽvŽnements sont naturellement dominŽs par les consŽquences de la dŽfaite Žclair des troupes franaises, belges, hollandaises et anglaises en juin 1940 faisant suite ˆ "la dr™le de guerre" (1), l'exode des populations civiles du Nord et de l'Est, les conditions de l'armistice (2), puis les pleins pouvoirs votŽs ˆ une trs forte majoritŽ par les parlementaires issus des Žlections de 1936 au marŽchal PƒTAIN le 10 juillet 1940 (3).

            Les Actes constitutionnels, promulguŽs le 11 juillet, substituaient << l'ƒtat franais >> ˆ la IIIe RŽpublique, sinon ˆ la RŽpublique tout court (4), en plus des lois antisŽmites (5), comme le rŽvlent les documents abjects diffusŽs par l'Institut d'Žtude des questions juives (6) qui demeureront une tache indŽlŽbile pour l'image du MarŽchal, comme seront les articles de Robert BRASILLACH (7) et l'ouvrage de Lucien REBATET par exemple (8).

            Le 18 juin 1940, le gŽnŽral de GAULLE, rŽfugiŽ ˆ Londres, adresse par la voix de la BBC un discours aux Franais qui sera peu entendu, premier d'une longue sŽrie qui sera suivie plus ou moins bien en France  ˆ cause du brouillage et dans la discrŽtion pour cause de reprŽsailles (9).

Il n'en demeure pas moins que l'URSS et les ƒtats-Unis ont maintenu leur ambassadeur ou reprŽsentant ˆ Vichy jusqu'en 1941 et 1942, paraissant cautionner le nouveau rŽgime (10).

Depuis le dŽbarquement anglo-amŽricain sur les c™tes d'Afrique du Nord en novembre 1942, l'occupation allemande s'Žtend sur l'ensemble du territoire mŽtropolitain. L'action et l'unification des divers mouvements de la RŽsistance (11) s'intensifient, et corrŽlativement, un durcissement des responsables de Vichy et de la collaboration (LAVAL ŽvincŽ fin 1941, revient au gouvernement en avril 1942, tandis que le MarŽchal au cours de ses tournŽes en province rappelle sa politique de RŽvolution nationale) (12).

            Les difficultŽs Žconomiques des Franais s'accroissent du fait des prisonniers retenus en Allemagne, et du pillage systŽmatique des ressources industrielles et agricoles par l'occupant.

            Sur le plan extŽrieur la capitulation de l'armŽe VON PAULUS ˆ Stalingrad (2 fŽvrier 1943) marque un tournant de la guerre.

            Courant 1943, de GAULLE est ˆ Alger. Un ComitŽ Franais de LibŽration Nationale (CFLN) est formŽ, et bient™t se tient une assemblŽe consultative qui comprendra les communistes (ainsi rŽintŽgrŽs pour leur action dans la RŽsistance, aprs avoir ŽtŽ dŽclarŽs hors la loi par le gouvernement DALADIER en septembre 39). La Corse est libŽrŽe le 5 octobre.

            En 1944 le ComitŽ National de la RŽsistance (CNR), dans lequel dominent gaullistes, socialistes, dŽmocrates-chrŽtiens et  communistes, dŽfinit un programme pour la reconstruction ultŽrieure de la France.

            Le 2 juin ˆ Alger le CFLN devient gouvernement provisoire de la RŽpublique franaise, tandis qu'en mŽtropole le gouvernement du MarŽchal PƒTAIN ne repose plus que sur les diverses milices qui s'opposent aux rŽsistants, et sur l'attente passive de la population (13).

            Le 6 juin commence le dŽbarquement anglo-amŽricain en Normandie, suivi le 15 aožt de celui des troupes franco-amŽricaines en Provence.

            L'insurrection ˆ Paris et l'arrivŽe de la 2 me division blindŽe du GŽnŽral LECLERC conduisent Von CHOLTITZ ˆ capituler.

            La MŽtropole est dŽfinitivement libŽrŽe en mars.

            Les premiers actes du gouvernement provisoire, prŽsidŽ par le gŽnŽral de GAULLE, seront la signature d'un traitŽ d'alliance avec l'URSS (dŽcembre 44) (14) et d'un prt-bail avec les USA (fŽvrier 45), tandis que sur le plan intŽrieur commencent l'Žpuration et les procs des principaux collaborateurs, l'intŽgration de FFI et FTP dans les forces armŽes rŽgulires.

            C'est dans ce contexte difficile (15) mais aussi d'allŽgresse, et alors que la capitulation du Troisime Reich nazi n'interviendra que le 8 mai 1945, que se tiennent les premires Žlections libres depuis l'Occupation.

 

 

Notes annexes :

            Sur l'ensemble de cette pŽriode, on pourra consulter, entre autres, les dix volumes d'Henri AMOUROUX: La grande histoire des Franais sous l'occupation. Edit. Plon (1976-1993); comme les souvenirs de Jean CHAUVEL: Commentaire 1 (1938-1944) et 2 (1944-1952). Edit. Fayard (1971, 1972). Et les mŽmoires du ReprŽsentant de la Suisse ˆ Vichy Walter STUCKI: La fin du rŽgime de Vichy. Edit. de la Baconnire, Neuch‰tel (1947).

(1) Cf. Arthur CONTE: La dr™le de guerre. Edit. Plon (1999).

(2) Cf. Jacques de LAUNAY: Le dossier de Vichy. Edit. Julliard (1967).

(3) Cf. Olivier WIEVIORKA: Les orphelins de la RŽpublique. Edit. Seuil (2001). On ne peut comprendre cet Žpisode sans prendre en compte la pŽriode qui s'Žtend des affaires DREYFUS et des fiches, l'avant 1914 ˆ 1940 qui opposa souvent avec violence la gauche (idŽaliste et internationaliste) ˆ la droite (nationaliste, voire anti-juive) et le r™le de la presse et d'hommes comme Charles MAURRAS, LŽon DAUDET (16), le colonel de La ROCQUE. L'influence politique de Vichy, et surtout des allocutions du MarŽchal, seront naturellement plus prŽgnante en zone libre que dans la zone occupŽe par les troupes allemandes (du moins jusqu'au dŽbarquement amŽricain en Afrique du nord en novembre 1942). Cf. HANDOURTZEL, RŽmy & Cyril BUFFET: La collaborationÉ ˆ gauche aussi. Edit. Perrin (1989).

(4)  Comme le rŽvle le document officiel provenant de la PrŽfecture des PyrŽnŽes-Orientales lors de la nomination du conseil municipal ˆ Banyuls. Cf. Dominique RƒMY: Les lois de Vichy. Edit. Romillat (1992). L'Žlaboration d'un programme, dit de RŽvolution nationale, devait tre ˆ la base d'une constitution nouvelle. Cet aspect constituera l'acte d'accusation de PƒTAIN lors de son procs en Haute Cour de Justice. Cf. Le procs du marŽchal PƒTAIN. Compte rendu stŽnographique. Edit. Albin Michel (1949).

(5) Cf. l'article de Serge KLARSFELD in "Le Monde" du 26/8/2003.

(6) documents ˆ la disposition de l'auteur trouvŽs ˆ Banyuls. Organisme qui ne semble pas avoir ŽtŽ dŽnoncŽ par le MarŽchal.

(7) Cf. in "La Semaine du Roussillon" N¡355 du 6-12/2/2003. Cf. Le procs de Robert Brasillach. Edit. Flammarion (1946).

(8) Cf. Lucien REBATET: Les dŽcombres. Edit. Deno‘l (1942), et: Les mŽmoires d'un fasciste II 1941-1947. Edit. Pauvert (1976).

(9) Cf. Charles de GAULLE: Discours et Messages. Pendant la guerre 1940-1946. Edit. Plon (1970).

(10) Cf. Amiral W. D. LEAHY: J'Žtais lˆ. Edit. Plon (1950). M. BOGOMOLOV avec le titre de chargŽ d'affaires de l'URSS, du moins tant que durera le pacte Germano-soviŽtique (signŽ le 23 aožt 1939) qui laissait ˆ HITLER les mains libres pour l'invasion et le dŽmantlement de la Pologne, comme des Etats Baltes. Notons simplement que l'Union soviŽtique n'Žtait pas en mesure, ˆ cette date, de s'opposer ˆ l'Allemagne nazie.

(11) Cf. Henri MICHEL: Les courants de pensŽe de la RŽsistance. Edit. PUF (1962). Pierre PŽan: Vies et morts de Jean Moulin. Edit. Fayard (1998).

(12) Cf. Henry ROUSSO: La collaboration. Edit. M.A, Paris (1987). Cf. StŽphane MARCHETTI: Affiches 1939-1945 images d'une certaine France. Edit. Edita SA Lausanne (1982). Cf. Marc Olivier BARUCH: Servir l'Etat franais. L'administration en France de 1940 ˆ 1944. Edit. Fayard (1997).

(13) Cf. Ramon GUAL et Jean LARRIEU: Vichy, l'Occupation nazie et la RŽsistance Catalane. Edit. Terra Nostra, Prades (1996). Jacques DELPERRIE de BAYAC: Histoire de la milice 1918-1945. Edit. Fayard (1969).

(14) Sans lendemain puisqu'il sera dŽnoncŽ par l'URSS ultŽrieurement.

(15) Cf. Raymond RUFFIN: La vie des Franais au jour le jour de la LibŽration ˆ la victoire, 1944-1945. Edit. Presses de la CitŽ, Paris (1986).

(16) Cf. Jean-No‘l MARQUE: LŽon DAUDET. Edit. Fayard (1971).

 

Note complŽmentaire :

 

         Si l'analyse de l'Histoire est d'abord le fait de la recherche de l'authenticitŽ des faits et de comprendre les personnages qui y ont contribuŽ, la pŽriode dite de "Vichy" est,  dans les circonstances dramatiques qui fut la sienne, particulirement intŽressante. La floraison des ouvrages qui la concerne, s'ils constituent une mine d'informations, sont le plus souvent d'un parti-pris gnant pour celui qui s'y rŽfre. Il appara”t toutefois que la psychologie des acteurs de la vie politique prend une importance par trop dŽmesurŽe dans la gestion des rŽalitŽs qu'ils ont eu ˆ assumer.

            Ainsi les comportements du marŽchal PƒTAIN ont encore de nos jours ses dŽtracteurs et ses laudateurs (1). Il est difficile de comprendre le remplacement de "RŽpublique franaise" par "Etat franais" [comme si cela Žtait le plus important en 1940 de remplacer la devise sur les pices de monnaie, les timbres postes et les papiers officiels (2)], si l'on ne s'immerge pas dans l'histoire politique de la III me RŽpublique postŽrieure ˆ 1918. Le procs PŽtain repose sur la thse d'une prise de pouvoir personnel en profitant de la dŽfaite de 1940 (3). On ne peut toutefois lui reprocher d'avoir, durant les annŽes prŽcŽdents la guerre, alertŽ les hommes politiques et l'opinion du pŽril mortel que faisait courir ˆ la France le rŽarmement de l'Allemagne comme son dŽsir de revanche (4). Sa dŽnonciation des politiques et plus spŽcialement du Front populaire, pour son pacifisme et internationalisme utopique, malgrŽ leur dŽnonciation tardive du fascisme, explique, mme s'il ne le justifie pas, le changement de rŽgime. D'o les arrestations des hommes politiques considŽrŽs comme responsables de l'imprŽparation de la guerre et ultŽrieurement du procs de Riom (5).

Une confusion est ˆ Žviter entre la demande d'armistice, dont on peut discuter indŽfiniment (6), comme de la possibilitŽ ou non de poursuivre ou non le combat en Afrique du nord, et le fait d'un changement de rŽgime contestable dans le fond et la forme (La RŽvolution nationale, dont les franais en zone occupŽe n'avaient que faire, sinon de survivre) et qui ne pouvait que diviser les Franais (7).

On remarquera que les changements de rŽgime depuis 1789 sont, pour la plupart, intervenus lors de pressions extŽrieures (coalition des nobles de l'Ancien rŽgime ŽmigrŽs avec les royautŽs de l'Europe, dŽfaite de Waterloo le 18 juin 1815 de NAPOLƒON Ier, la guerre en 1870, celle de 1940, les Žvnements d'AlgŽrie en 1958)

 

Notes annexes:

(1) Cf. Jacques le GROIGNEC: PŽtain et les allemands. Edit. Nouvelles ƒditions Latines (1997), et Robert Owen PAXTON: La France de Vichy. Edit. Seuil (1973) et L'ArmŽe de Vichy; Edit. Taillandier (2004). Sur l'armŽe franaise de la dŽmobilisation ˆ sa reprise des combats on pourra consulter les deux ouvrages de Franois BROCHE: L'ArmŽe franaise sous l'Occupation. 1- La dispersion; 2- la mŽtamorphose. Edit. Presses de la CitŽ (2002). Ces deux derniers ouvrages, d'une clartŽ remarquable, montrent le r™le des militaires, souvent prŽŽminent, au cours de cette pŽriode, comme leur Žtat d'‰me.

(2) L'arrtŽ prŽfectoral  du 18 mars 1941 (se rŽfŽrant ˆ la loi du 16 novembre 1940 portant rŽorganisation des corps municipaux) nomme, vu les propositions du maire, les membres du Conseil municipal, supprimant ainsi, de facto, le Conseil Žlu dŽmocratiquement en 1935.

(3) Cf. Le Procs du MarŽchal PŽtain; Compte rendu stŽnographique. Edit. Albin Michel (1949). L'acte d'accusation  estimera que le prŽvenu a commis le crime d'attentat contre la sžretŽ intŽrieure de l'Etat, entretenu des intelligences avec l'ennemi  en vue de favoriser ses entreprises en corrŽlation avec les siennes. Crimes prŽvus par les articles 87 et 75 du Code PŽnal.

Le gŽnŽral d'aviation J.-H. JAUNEAUD accusera le marŽchal, avec l'aide de son proche entourage militaire, de complot avec l'aide d'Hitler. Thse qui semble trs exagŽrŽe et dont la dŽmonstration prŽsente quelques contradictions. Son ouvrage a toutefois le mŽrite de souligner les efforts dŽployŽs par son ministre de l'aviation Pierre COT et les dŽfaillances de celle-ci lors de la campagne de France. (Cf. J'accuse le marŽchal PŽtain. Edit. Pygmalion, Paris, 1977)

(4) Cf. J. le GROIGNEC (op. cit., 1997, p.208) se rŽfre ˆ l'acte d'accusation (23 juillet 1945), mais non ˆ l'arrt de la Haute Cour de justice (14 aožt 1945) qui ne retiendra pas la notion de complot contre la RŽpublique en liaison avec des membres factieux nommŽs dans son gouvernement. Il n'en demeure pas moins que ces personnes ont agi sous l'autoritŽ de PŽtain, qui ne peut qu'tre tenu responsable de leurs actions puisqu'il disposait des pleins pouvoirs [in Le Procs du MarŽchal PŽtain (op. cit., 1949)].

            L'Žviction de P. LAVAL le 13 dŽcembre 1940, puis celle, plus discrte, de l'amiral DARLAN (suite aux Protocoles de Paris du 14 mai 1941 qui auront des consŽquences tragiques au Levant (11)), dŽmontrent les tentatives de PƒTAIN de ne pas se laisser entra”ner dans une collaboration active vis-ˆ-vis des allemands. Cette thŽorie du "bouclier" ou de "navigation ˆ vue", dŽfendue par divers auteurs, ne peut occulter le dŽsir de revanche de la droite (dans sa grande majoritŽ) , sans parler de l'extrme droite (8), d'Žliminer toute tentative d'un retour ˆ un rŽgime dŽmocratique.

Les thses et antithses Žmises par les nombreux auteurs consultŽs ne permettent pas aisŽment d'en dŽduire une synthse cohŽrente. Souvent, les "mŽmoires" des tŽmoins sont rŽdigŽs plus ou moins longtemps aprs les faits, et les entretiens citŽs difficilement vŽrifiables sinon par recoupements fastidieux. La diversitŽ des personnages, comme l'Žvolution de leurs comportements, liŽs ˆ celle de la guerre elle-mme, complique l'interprŽtation de leurs actes. L'exemple le plus caricatural Žtant celui de DARLAN ! Comment, aussi, supposer qu'un marŽchal de France, victorieux de la Grande Guerre, pouvait utiliser un dŽsastre national pour abattre la RŽpublique. Hypothse inadmissible qui ne peut que susciter incrŽdulitŽ et indignation, voire calomnieuse comme le souligne Henri GUILLEMIN. Et pourtant: dŽtournement de la nŽcessitŽ d'un pouvoir d'exception dans ces circonstances, agrŽŽ par l'ensemble des Franais de la mŽtropole comme dans les colonies, mais non au profit d'une idŽologie (sauf pour certains loin d'tre pour autant pro-nazis) qui n'Žtait pas de mise aprs une dŽfaite aussi foudroyante.

(5) Cf. Maurice RIBET: Le procs de Riom. Edit. Flammarion (1945). Cf. Pierre BƒTEILLE et Christianne RIMBAUD: Le procs de Riom. Edit. Plon (1973). Interrompu sous la pression d'Hitler lui-mme, le procs mettant en cause les graves lacunes du commandement, le gŽnie du fŸhrer Žtant ainsi fortement ˆ relativiser (ce qui expliquerait son intervention dans un procs concernant les seuls Franais. N. de l'a.)

(6) Cf. Jacques de LAUNAY (op. cit., 1967), textes des Conventions d'armistice franco-allemande du 22 juin 1940 et franco-italienne du 24 juin 1940.  A. GOUTARD: 1940 La guerre des occasions perdues. Edit. Hachette (1956, pp.383-398).

Pour de GAULLE: la faute capitale de PƒTAIN est d'avoir conclu, au nom de la France, le soi-disant armistice : "C'est cela qu'il faut condamner. Toutes les fautes que Vichy a ŽtŽ amenŽ ˆ commettre ensuite dŽcoulent de cette source empoisonnŽe". Partisan de poursuivre la lutte dans les colonies en abandonnant ˆ son triste sort les Franais dans la mŽtropole et les prisonniers en Allemagne (autant d'otages et de risque de guerre civile probable au seul bŽnŽfice des partisans actifs de la collaboration). Cet aspect du problme ne semble pas avoir ŽtŽ pris en considŽration lors de l'appel du 18 juin, mais explique le refus du marŽchal, chef du gouvernement, de quitter le territoire mŽtropolitain  Un ab”me sŽpare les deux hommes et ruine la thse (ou le mythe) de "l'ŽpŽe et du bouclier" comme l'exprime fort bien Jacques SOUSTELLE (in : vingt-huit ans de gaullisme, Edit. La Table Ronde, 1968, pp.15-20)

            L'armistice ne constitue en rŽalitŽ qu'une capitulation dŽguisŽe, du moins en ce qui concerne la zone occupŽe, comme le dŽmontre aisŽment les Ordonnances ŽdictŽes par les allemands (9) et le statut de l'Alsace-Lorraine, sans parler de l'imposition de l'Žtoile jaune imposŽ ˆ nos concitoyens d'origine juivesÉ mme s'ils ne pratiquent aucune religion!

(7) Cf. Dominique RƒMY: Les lois de Vichy. Edit. Romillat (1992). Cf. Henri MICHEL: pŽtain, laval, Darlan trois politiques ? Edit. Flammarion (1972). Cf. Franois BROCHE (op. cit., 2002)

(8) Encore convient-il de distinguer les groupes fascisants (DORIOT, DƒAT), des royalistes de "l'Action Franaise" (Charles MAURRAS) qui Žtaient gŽnŽralement anti-allemand, et plus encore anti-nazie du fait de leur rŽfŽrence au catholicisme, mais au demeurant rŽsolument anti-socialistes et anti-juifs. Il est Žvident que PƒTAIN, contrairement ˆ LAVAL et DARLAN, a ŽtŽ trs proche des concepts exprimŽs par "L'Action Franaise".

(9) Cf. Philippe HERACLES, Robert ARON: 1940-1944 La loi nazie en France. Edit.Guy Authier (1974). Il serait injuste de ne pas mentionner les nombreuses (et infructueuses) vives et vaines protestations du marŽchal au sujet de l'annexion de fait de cette rŽgion  (Cf. Louis CERNAY: Le marŽchal PŽtain. L'Alsace et la Lorraine. Faits et documents (1940-1944). Edit. Les Iles d'Or, Paris (1955).

(10) Ce que ne semble pas non plus prendre en considŽration Albert KAMMERER (La vŽritŽ sur l'armistice. Edit. MŽdicis, Paris, 1944). A l'opposŽ, Louis-Dominique GIRARD justifie l'Armistice (Cf. Montoire Verdun diplomatique. Edit. AndrŽ Bonne, Paris, 1948, pp. 54-106).

         Le chef des armŽes, Maxime WEYGAND, rappelŽ aprs le limogeage du gŽnŽral GAMELIN, alors que la situation militaire Žtait dŽsespŽrŽe, fut ds l'origine le principal partisan d'une demande d'armistice (dans la mesure o elle serait acceptable). Cette position fut acceptŽe par le gouvernement encore prŽsidŽ par Albert LEBRUN, prŽsident de la RŽpublique. Elle est, en droit, totalement lŽgitime, et totalement indŽpendante du vote ultŽrieur du 10 juillet 1940 crŽant l'Etat franais. On trouvera dans l'ouvrage du principal artisan de l'armistice toute l'argumentation nŽcessaire et convaincante (WEYGAND: MŽmoires, RappelŽ au service. Edit. Flammarion, 1950).

(11) Cf. Edgard De LARMINAT: Chroniques irrŽvŽrencieuses. Edit. Plon (1962).

 <-Retour-Suite->