61 - LŽgislatives des 25 mai et 1er juin 1997

 

 

Suite ˆ une dissolution "surprise" de l'AssemblŽe nationale (et ˆ peine deux annŽes aprs l'Žlection ˆ la prŽsidence de Jacques CHIRAC), mais comprŽhensible compte tenu de la gestion rigide du peu mŽdiatique Premier ministre Alain JUPPƒ, une Žlection lŽgislative anticipŽe a lieu (1). Le PrŽsident par cette dissolution voulait anticiper d'un an l'ŽchŽance normale et se fondait sur des sondages qui lui paraissaient favorables.

La fracture sociale, principal thme de campagne du PrŽsident de la RŽpublique, le taux du ch™mage toujours ŽlevŽ (environ trois millions) comme les charges de la SŽcuritŽ sociale et les remdes proposŽs, ne sont pas en faveur d'une majoritŽ en mal de dŽsunion. Il est Žtonnant que certains ont cru en des sondages favorables alors que l'issue de la lŽgislative Žtait considŽrŽe comme moins favorable. Un changement de Premier ministre apparaissait plut™t nŽcessaire et une meilleure solution (avec par exemple Philippe SƒGUIN). La nŽcessaire limitation du dŽficit budgŽtaire imposŽe par le traitŽ de Maastricht en vue de la monnaie unique (prŽvue en 2002) n'est pas pour faciliter l'action du gouvernement. La reprise des expŽriences nuclŽaires dans le Pacifique, ordonnŽe par CHIRAC ds sa prise de fonction et les mouvements sociaux (notamment ˆ la SNCF, largement soutenus par le public malgrŽ les dŽsagrŽments qu'ils occasionnent), ne sont pas en faveur de la majoritŽ.

Au total 577 circonscriptions sont en jeu, avec 6389 candidats (20% de plus qu'en 1993). Cette prolifŽration de candidats "hors partis traditionnels" n'est pas sans signification: dŽsenchantement vis-ˆ-vis des grands partis dont des Žlecteurs ne se reconnaissent plus, rancunes personnelles, dŽsir d'exprimer un corporatisme spŽcifique (2).

 

La 4 me circonscription ne fait pas exception avec É 12 candidats.

Pour les Partis traditionnels, traduisant les positions gauche, droite, extrme droite: 6 candidats:

 

1- Pierre BECQUE, maire de Banyuls, UDF (Centre dŽmocrate), est normalement investi par la majoritŽ (UDF-RPR) en raison du partage des quatre circonscriptions du dŽpartement (2 RPR, 1 CD, 1 DL). Il succde ˆ la candidature (de triste mŽmoire) de  Jean MADRƒNAS en 1993.

2- Jean CAMPO, conseiller municipal du Boulou reprŽsente la droite indŽpendante, investi conjointement par le MPF (Mouvement pour la France de DE VILLIERS) et le CNIP (Centre National des IndŽpendants et Paysans, parti vestige de la IVe RŽpublique).

3- GŽrard MONTERRAT, conseiller rŽgional, reprŽsente le Front national

4- Henri SICRE, maire de CŽret, conseiller gŽnŽral, dŽputŽ sortant, se reprŽsente sous les couleurs du Parti Socialiste. Son supplŽant est RenŽ OLIVE, maire de Thuir.

5- Nicolas GARCIA, conseiller municipal d'Elne, pour le Parti communiste franais. Pour une autre Europe que celle de Maastricht et de la monnaie unique (profession de foi)

6- Claude BOUTET, reprŽsente les Žcologistes "Les Verts".

A ces candidats classiques s'en ajoutent 7 nouveaux:

7- Jean RéDE, ancien maire de Banyuls, encore vice-prŽsident du conseil gŽnŽral, RPR, se prŽsente, ce qui constitue une surprise. Cette dissidence, contraire au souhait d'une candidature unique de la majoritŽ et de la rgle dŽpartementale sur l'attribution des circonscriptions, est surprenante (et sans succs possible, N. de l'a.). DŽsir de revanche des municipales ou prŽparation des suivantes? Quoi qu'il en soit: confusion des types d'Žlection. Il dispose du soutien du Colonel DE LA COMBLE et de l'ancien aviateur, as de la France Libre, Pierre CLOSTERMANN.  Son supplŽant est le docteur Michel SAGELOLY, fils de l'ancien maire socialiste SFIO de CŽret. Cette situation n'est cependant pas nouvelle puisqu'elle rŽŽdite celle de 1993 (Errare humanum est, perseverare diabolicum !). L'indiscipline n'est pas une spŽcialitŽ de la seule droite comme on a pu le remarquer tout au long de cette histoire Žlectorale (3).

  8-  Laurent DELLA SANTINA pour "GŽnŽration Ecologie"

  9- Edwige PIA du "Mouvement Ecologiste indŽpendant"

10- Jeanine ROUBERTOU "Ecologistes du rassemblement Nature et Animaux"

11- Jordi VERA du "Partit per Catalunya", pour le droit ˆ la reconnaissance de la langue catalane.

12- Jony PANTOBE, candidat sans Žtiquette.

 

 

RŽsultats (1er tour)

 

Circonscription

 

 

 

 

Inscrits

 

Banyuls

 

    3789

 

Circonscription

 

     74167

  

MŽtropole

+ DOM,TOM

39.215.743

Abst.

      845 (22,30%)

     29,80%

  32,04%

Votants

    2944 (77,70%)

     70,20%

  67,96%

Blancs & Nuls

        81 (  2,75 %)

       4,48%

    4,94%

S. Expr.

    2863 (75,56%)

     67,05%             

  64,60%

 

SICRE

      536 (18,72%)

15715 (31,60%)            

 

GARCIA

      219 (  7,65%)

  6396 (12,86%)

 

BOUTET

        40 (  1,40%)

    905 (  1,82%)

 

VERA

        21 (  0,73%)

    691 (  1,39%)

 

D. SANTINA

        17 (  0,59%)

    566 (  1,14%)

 

PIA

        18 (  0,62%)

    592 (  1,19%)

 

ROUBERTOU

        29 (  1,01%)

    701 (  1,41%)

 

PANTOBE

        28 (  0,98%)

    594 (  1,19%)

 

BECQUE

      732 (25,57%)

  9756 (19,62%)

 

RéDE

      923 (32,24%)

  3796 (  7,63%)

 

CAMPO

        32 (  1,12%)

  1076 (  2,16%)

 

MONTERRAT

      268 (  9,36%)

  8943 (17,98%)

 

 

Les rŽsultats ˆ l'Žchelon national sont: PS = 24,98%, PCF = 9,94%, MDC = 1,05%, Ecolo = 6,81 (Les Verts = 3,59%, MEI = 0,7%, Div. Ecolo = 0,3%, GŽn. Ecol. = 1,71%), Div. G = 2,80%, Ext. G = 2,52%, FN = 14,94%, Ext. Droite = 0,15%, RPR+UDF = 29,92%, Div. Droites = 6,60%

 

 

Remarques:

 

Les abstentions sont, comme aux lŽgislatives de 1993, infŽrieures ˆ Banyuls comparŽes ˆ la circonscription et ˆ la mŽtropole, du fait de la prŽsence du maire de la commune É et de l'ex-maire.

En mŽtropole les abstentions sont lŽgrement plus ŽlevŽes par rapport ˆ 1993 (+1,6 %)

Les bulletins blancs et nuls sont moins ŽlevŽs ˆ Banyuls que pour la circonscription et la mŽtropole, pour la mme raison que celle indiquŽe ci-dessus.

 

H. SICRE arrive largement en tte dans la circonscription avec un fort accroissement par rapport ˆ 1993 (+4653 voix) alors que le nombre des inscrits a peu progressŽ entre les deux Žlections (+2791/1993). Il obtient un score supŽrieur ˆ celui de JOSPIN lors de la PrŽsidentielle de 1995 (31,6% contre 23,03% dans le dŽpartement). A l'opposŽ, ˆ Banyuls son score est ŽtriquŽ et il est largement devancŽ par les "2" maires avec un pourcentage infŽrieur ˆ celui rŽalisŽ par le PS en mŽtropole (-6,7%), et dans sa circonscription (-12,88%) traduisant une certaine opposition est-ouest.

Le PCF obtient un rŽsultat faible ˆ Banyuls, -5,2% par rapport ˆ la circonscription et - 2,26% par rapport ˆ la mŽtropole. Ici encore l'effet "territorial" a jouŽ. En deux ans (1995-1997) la perte est de -1,78%, mais par rapport aux lŽgislatives de 1993 il progresse de 1,65%. Peu ou prou il reprŽsente 224 Žlecteurs, soit une certaine stabilitŽ ou pour certains une stagnation certaine.

Les Verts "de gauche" font un rŽsultat trs faible ˆ Banyuls, comme dans la circonscription, et moindre qu'ˆ l'Žchelon national (- 2,19%). Ils mobilisent environ 60 Žlecteurs.

Les Žcologistes "autres" font ˆ eux trois approximativement le mme score soit 64 Žlecteurs.

L'autonomiste catalan n'est pratiquement pas dans la course ˆ Banyuls, et ˆ peine meilleur dans la circonscription (+0,66%). Il retrouve ses rŽsultats de 1993 ˆ 1%.

P. BECQUE arrive en seconde position dans la circonscription comme on pouvait s'y attendre, devanant le FN de seulement 813 voix. La division de la droite traditionnelle aurait pu lui tre fatal pour pouvoir se maintenir au second tour (485 voix seulement au dessus de la barre fatidique des 12,5% des inscrits). A Banyuls, son score est infŽrieur ˆ celui de RéDE de 191 voix. Maire d'une coalition largement hŽtŽroclite politiquement (UDF, PS, Divers gauche) il Žtait tout ˆ fait logique qu'il ne puisse, pour ce type d'Žlection, retrouver ses voix des Municipales de juin 1995 (1146 au 1er tour), soit -414 voix. [le fait de s'en offusquer traduit plus de la sentimentalitŽ que de la rationalitŽ É et en voudra ˆ certains de ses colistiers municipaux, dixit ceux-ci. N. de l'a.].

J. RéDE n'obtient pas non plus son score des Municipales (1516), soit -593 voix. Sa deuxime dissidence lui fait encore perdre des voix par rapport ˆ 1993 (-5,26%) sur l'ensemble de la circonscription, et -19,06% ˆ Banyuls (É hors du Parti point de salut !).

Le candidat CNI-MPF s'effondre par rapport ˆ 1993 ˆ Banyuls (-1,49%) comme dans la circonscription (-7,46%). Ce "mouvement" ne regroupe qu'une cinquantaine d'Žlecteurs.

Le candidat sans Žtiquette recueille 1% des voix, aussi bien ˆ Banyuls que dans la circonscription (soit 594 voix).

Le FN progresse ˆ Banyuls de 1993 ˆ 1997 (+2,16%), moins dans la circonscription (+ 1,37%), alors qu'ˆ l'Žchelon national sa progression est de +2,25%. Son potentiel d'Žlecteurs est de 234, diffŽrence marquŽe par rapport ˆ la prŽsidentielle de 1995 avec 406 Žlecteurs (mais le candidat aux lŽgislatives n'est pas LE PEN). MONTERRAT manque de 328 voix d'avoir le choix du maintien (ou du retrait) pour le second tour (12,5% des inscrits = 9271 voix).

Au total les partis de gauche recueillent 816 voix (28,5%) contre 1687 voix ˆ la droite (58,92%) ˆ Banyuls; mais dans la circonscription 17081 voix ˆ droite contre 23707 ˆ gauche.

Le candidat de droite ne peut l'emporter qu'avec le report total des voix du FN (ce qui est loin d'tre assurŽ, et mme exclu). Un calcul antŽrieur montre qu'environ 50% seulement de cet Žlectorat se reporte sur le candidat de la droite traditionnelle, soit ici 4472 voix. Pour le second tour le total de BECQUE devrait avoisiner 21550 voix.

Le calcul des reports de voix Žventuels au deuxime tour impose l'analyse des feuilles d'Žmargements (4).

 

 

RŽsultat (2 me tour):

 

 

Banyuls

 

 

Circonscription

 

 

MŽtropole

+ DOM,TOM

Inscrits

3759

       73164

38.440.714

Abst.

  790 (21,02 %)

       19,11%

28,87%

Votants

2969 (78,98 %)

       73,88%

71,13%

Blancs & Nuls

  322 (10,85 %)

         7,59%

  6,32%

S. Expr.

2647 (70,42 %)

       68,27%

66,63%

 

SICRE

1242 (46,92 %)

  28796 (57,65 %)

 

BECQUE

1405 (53,08 %)

  21153 (42,35 %)

 

 

Remarques:

 

Les abstentions ont lŽgrement rŽgressŽ: -1,28% ˆ Banyuls, -3,68% pour la circonscription et 3,17% pour la mŽtropole. Contrairement  ˆ ce que l'on aurait pu penser le trs grand nombre de candidats au 1er tour n'a pas entra”nŽ une abstention importante (moyenne de 24% toutes lŽgislatives confondues)

Les votes blancs et nuls "normaux" pour un premier tour se sont fortement accrus au second: +8,10% des votants ˆ Banyuls, dus pour l'essentiel au FN ou/et aux "pro-Rde", alors que dans la circonscription il n'est que de +3,11%.

H. SICRE progresse ˆ Banyuls de +706 voix, soit, aprs apport des Verts et du PCF, 447 voix en provenance de nouveaux Žlecteurs du second tour mais aussi de transferts venant d'Žlecteurs "pro-RéDE" et ˆ moindre degrŽ du FN (2)! Dans sa circonscription, l'accroissement est de 13081 voix, soit 5780 voix provenant d'une partie des nouveaux Žlecteurs (ratio du mouvement: 53,3%) soit une centaine d'Žlecteurs seulement. Il ne peut qu'avoir "bŽnŽficiŽ" d'un fort apport  des Žlecteurs de RéDE et du FN (total: 12739) soit 45,4%. Ainsi, comme en 1993, il doit sa rŽŽlection ˆ la division de la droite traditionnelle É et de la "vengeance" de LE PEN (5).

P. BECQUE gagne 673 voix ˆ Banyuls, dŽmontrant bien le trs mauvais report des voix de droite, pour ne pas parler du FN. Dans la circonscription, l'accroissement est de 11397 voix, manque 4279 voix (aprs cumul: droite + FN) et se trouve largement devancŽ, non par dŽfaut de ces voix puisqu'il n'y avait pas de triangulaire, mais du fait d'un certain transfert sur le candidat du PS.

 

Au plan national, l'Žchec de la majoritŽ sortante est sans appel (6), avec une perte de 240 siges. Lˆ encore le FN a jouŽ un r™le de nuisance important, mme si approximativement 50% de ses Žlecteurs ont ren‰clŽ ˆ jouer la politique du "pire" (7).  C'est aussi la premire dissolution "ˆ froid" de la Ve RŽpublique, et un revers sŽvre pour le PrŽsident, qui ne peut pas tre sans consŽquence dans son propre camp. Une nouvelle cohabitation s'annonce, inverse de celle de 1993.

Le PS et Divers Gauche se taillent dans la nouvelle AssemblŽe la part du lion, pouvant imposer ˆ ses partenaires (PC + Verts) la constitution d'une nouvelle "majoritŽ plurielle". Lionel JOSPIN sera investi Premier ministre et forme un gouvernement ˆ l'image de sa majoritŽ (8).

 

Notes annexes :

(1) Au printemps 1997 le ministre des Finances signalait ˆ A. JUPPƒ qu'il serait impossible au gouvernement de  respecter les critres de convergence financire de Maastricht ˆ l'automne. Cf. Ghislaine Ottenheimer: Le fiasco. Edit. Albin Michel (1996); Philippe SƒGUIN (op. cit.,2003, p.462 & suiv.)

(2) Le billet d'Henri FABRE: "L'IndŽpendant" du 24 mai 1997.

(3) Cf. Louis MONICH: Histoires rocambolesques de l'Žlection cantonale 1976 en Roussillon. Edit. Llibres del Trabucaire (1996).

(4) A Banyuls l'examen des listes d'Žmargement montre que 623 Žlecteurs inscrits ne sont venus ˆ aucun des deux tours; 189 votants au 1er tour ne sont pas revenus au second et 216 absents au premier se sont dŽplacŽs au second. L'Žcart  n'est donc que de 27 Žlecteurs.

(5) Cette position du FN entra”nera ultŽrieurement de sŽrieuses dissensions en son sein, et provoquera une scission entre deux des leaders. Bruno MƒGRET entra”nant nombre d'Žlus du FN dans un nouveau parti: le MNR (mouvement national rŽpublicain), peu diffŽrent quant au fond, mais s'en distinguant par la stratŽgie et le langage.

(6) Alors que deux mois avant les instituts de sondage (CSA et SOFRES) donnaient 60 dŽputŽs de plus pour la droite !

(7) Cf. Pascal PERRINEAU: Le sympt™me Le Pen. Edit. Fayard (1997).

(8) Voir Žditorial de Serge JULY in "LibŽration" du 2 juin 1997.

 

Note complŽmentaire :

Dominique LEJEUNE souligne que suite au refus par les communistes de faire partie du gouvernement de Laurent FABIUS (18 juillet 1984), la droite brandit le drapeau de l'anticommunisme. Franois LƒOTARD fustige le Front populaire, tandis qu'Alain JUPPƒ ironise sur le fait qu'il n'y a plus que deux ou trois partis communistes en Europe, et que nous avons la chance d'en avoir un. Alain GRIOTTERAY (UDF) Žcrit dans le "Figaro Magazine" que le PCF conserve ses compagnons de route et des idiots utiles, conscients ou inconscients. Les rŽpliques viendront de Jean-Pierre CHEVéNEMENT qui dŽclare : qui hŽsiterait ˆ prendre Robert HUE (PCF) en auto-stop, et de Lionel JOSPIN qui fait remarquer ˆ A. JUPPƒ que l'URSS n'existe plus depuis quelques annŽes! L'aimable rappel par le RPR du passŽ trotskiste de JOSPIN ne semblera pas Žmouvoir une opinion publique vaccinŽ sur les retournements idŽologiques des hommes politiques. Comme l'avait si bien exprimŽ Edgar FAURE et pour le paraphraser: ce ne sont pas les hommes politiques qui changent É mais la girouette qui prend la direction du grand vent de l'Histoire (N. de l'a.).

 

Note annexe:

(1) D. LEJEUNE (op. cit., 2003, p.255-256).

 

62 - RŽgionales du 15 mars 1998

 

 

Les Žlections rŽgionales ont lieu en un seul tour et ˆ la proportionnelle des rŽsultats obtenus par liste dŽpartementale, comme en mars 1992. Ces Žlections sont couplŽes avec le premier tour des cantonales.

Neuf listes sont en prŽsence pour chacun des 5 dŽpartements de la rŽgion Languedoc-Roussillon (Aude, Gard, HŽrault, Lozre, PyrŽnŽes Orientales)

Dans notre dŽpartement sont candidats:

 

1- Liste RPR-UDF menŽe par Arlette FRANCO, maire de Canet-en-Roussillon, Vice-prŽsidente de la RŽgion, (RPR). Liste d'Union avec Jacques BLANC (majoritŽ rŽgionale)

2- Liste Roussillon Passion, menŽe par Claude ORTAL

3- Liste Chasse Pche Nature Traditions, menŽe par Alain ESCLOPƒ, enseignant, prŽsident de la FŽdŽration DŽpartementale des Chasseurs.

4- Liste du Front National conduite par Alain JAMET, conseiller municipal de Montpellier, Vice-PrŽsident du Conseil rŽgional.

5- Liste l'Ecologie ˆ la RŽgion, conduite par Maryse LAPERGUE, journaliste, conseillre rŽgionale sortante.

6- Liste de La Gauche Plurielle, menŽe par Jean CARRéRE, maire d'Argeles-sur-Mer, Conseiller rŽgional. Cette liste comprend des reprŽsentants du PS, du PCF, des Radicaux de Gauche (PRG), du MDC (Chevnement) et des Žcologistes

7- Liste Les Verts, patronnŽe par Dominique VOYNET (Ministre de l'AmŽnagement du Territoire et de l'Environnement) et No‘l MAMéRE, avec pour tte de liste Jacques OLIVA.

8- Liste Energies Catalanes conduite par Jaume ROURE, maire-adjoint de Perpinyˆ. Cette liste regroupe les deux mouvements: Partit per Catalunya et l'Unitat catalana.

9-  Liste Lutte Ouvrire, soutenue par A. LAGUILLER et conduite par Liberto PLANA.

 

RŽsultats : 

 

 

Banyuls

DŽpartement

MŽtropole

Inscrits

3847

273.284

38.669.193

Abst.

1154 (30 %)

39,25%

41,96%

Votants

2693 (70 %)

60,75%

58,04%

Blancs & Nuls

  124 (  4,60 %)

  4,18%

  4,59%

S. Expr.

2569 (66,78 %)

58,21%

55,37%

 

PLANA

  74 (  2,88 %)

  2,87%

  *

CARRéRE

920 (35,81 %)

35,88%

 

OLIVA

  92 (  3,58 %)

  2,86%

 

LAPERGUE

  64 (  2,49 %)

  2,32%

 

ORTAL

  38 (  1,48 %)

  1,53%

 

ESCLOPE

194 (  7,55 %)

  6,54%

 

ROURE

  66 (  2,57 %)

  2,53%

 

FRANCO

756 (29,43 %)

27,57%

 

JAMET

365 (14,21)

17,86%

  **

 

MŽtropole: * Lutte Ouvrire : 3,66%; ** FN: 15,27%

 

 

 

Remarques:

 

Les inscrits ont lŽgrement rŽgressŽ par rapport ˆ 1992 (-39).

Les abstentions se sont accrues ˆ Banyuls (+7,56%/1992), mais moindre que pour le dŽpartement et la mŽtropole. Curieusement 27 Žlecteurs ont bien votŽ aux cantonales de ce jour, mais se sont abstenus pour ces rŽgionales.

La Gauche plurielle arrive largement en tte ˆ Banyuls, comme dans le dŽpartement. Elle disposera de 5 Žlus (3 PS et 2 PCF). Notons que le PCF qui prŽsentait sa liste en 1992 avec 11,62 % avait 2 Žlus, alors que le PS avec 15,77% disposait de 2 Žlus. Au total en cumulant PS + PCF l'accroissement est de +8,42% par rapport ˆ 1992.

Chez les Žcologistes Les Verts rŽgressent (- 0,76%/1992) et plus encore la tendance GŽnŽration Ecologie (-11,05%) qui s'effondre aussi bien ˆ Banyuls que dans le dŽpartement (Maryse LAPERGUE perdant son sige)

A contrario les chasseurs progressent (+4,63%/1992), plus ˆ Banyuls que pour l'ensemble du dŽpartement (+1,52%/ 1992). Leur tte de liste Žtant Žlue.

L'alliance RPR-UDF arrive en seconde position ˆ Banyuls, mais en recul par rapport ˆ 1992 (-9,46%), plus stable dans le dŽpartement (- 0,44%). Elle retrouve le mme nombre d'Žlus: 4.

Le FN rŽgresse dans le dŽpartement (-4,72%/1992) comme ˆ Banyuls (-1,1%). Il est vrai que le candidat ˆ l'Žpoque Žtait le tristement cŽlbre dŽputŽ de Perpignan Pierre SERGENT (ancien de l'OAS). Il dispose de 2 Žlus, en perdant 1 par rapport ˆ 1992.

L'amŽlioration de la situation Žconomique sous l'action du gouvernement de Lionel JOSPIN explique, en partie, le score de la gauche plurielle que ne peuvent cependant masquer les taux ŽlevŽs des abstentions et des votes blancs-nuls qui sont sensiblement identiques ˆ ceux des cantonales.

Ë Banyuls, par rapport ˆ 1986 (42,25% S.E.), on enregistre un certain tassement (39,39 % S.E.).

 

Sur le plan national, le FN peut arbitrer lors de l'Žlection des exŽcutifs dans certaines rŽgions, soit qu'il y soit associŽ (comme dans le Languedoc-Roussillon ou en Bourgogne), soit que les exŽcutifs n'aient pas de majoritŽ (cas de l'Ile-de-France). Le gouvernement JOSPIN envisage une rŽforme du scrutin qui limiterait le nombre des Žlus des partis qui ne feraient pas un certain pourcentage des S.E., assurant ainsi une majoritŽ plus cohŽrente (projet mort-nŽ!).

 

 

63 - Cantonales des 15 et 22 Mars 1998

           

 

Le sortant Jean RéDE, vice-prŽsident du conseil gŽnŽral (Žlu pour la premire fois en mars 1985 contre Jean MARTI, Maire de Cerbre) se reprŽsente, mais a ŽtŽ battu lors des municipales en juin 1995.

  Lui sont opposŽs 5 candidats:

1- Michel MOLY, maire de Collioure, PS, dŽjˆ candidat en 1992 et battu au second tour.

2- MƒDINA, employŽ ˆ la maison de retraite AzŽma (Banyuls), pour le Mouvement des Citoyens (Chevnement)

3- MƒRIEUX, ancien restaurateur ˆ Banyuls, reprŽsentant du PCF

4- MARCELAUD, pour le FN, qui a remplacŽ MONTERRAT

5- Laurent MARTRETTE, de Collioure, aimable farfelu dŽjˆ candidat en 1992, avec son plus fort score ˆ Collioure (120 voix)

 

La campagne se rŽduit naturellement, comme toujours dans ce type d'Žlection ˆ un duel MOLY-RéDE (entre maires ou ex-maires), sans grande passion. Sinon les on-dit habituels et une campagne par presse interposŽe concernant la maison de retraite Vincent AzŽma. Un tract de Jean RéDE rŽpondra enÉtoute Transparence.

 

1 er tour

Banyuls

Port-vendres

Collioure

Cerbre

Inscrits

3847

3642

2431

1089

Abst.

1127 (29,30 %)

1514 (41,57 %)

753 (30,97 %)

412 (37,83 %)

Votants

2720 (70,70 %)

2128 (58,43 %)

1678 (69,03 %)

677 (62,17 %)

Blancs & Nuls

115 (4,23 %)

78 (3,67 %)

67 (3,99 %)

28 (4,14 %)

S. Expr.

2605 (67,72 %)

2050 (56,29 %)

1611 (66,27 %)

649 (59,60 %)

 

MƒRIEUX

243 (9,33 %)

107 (5,22 %)

69 (4,28 %)

120 (18,49 %)

MƒDINA

180 (6,91 %)

88 (4,29 %)

44 (2,73 %)

20 (3,08 %)

MOLY

724 (27,79 %)

838 (40,88 %)

1010 (62,69 %)

194 (29,89 %)

MARTRETTE

    0

    0

0

0

RéDE

1256 (48,21 %)

725 (35,37 %)

327 (20,30 %)

243 (37,44 %)

MARCELAUD

202 (7,75 %)

292 (14,24 %)

161 (9,99 %)

72 (11,09 %)

 

Les inscrits sont ˆ peu prs Žquivalents: - 38/ 1992 et + 58/ 1997.

Les abstentions sont relativement plus ŽlevŽes qu'en 1992 (+ 8,25%) de mme que les votes blancs et nuls (+ 2,08%). Elles sont considŽrablement plus fortes qu'en 1992 (+13,52 %) pour le canton.

A Banyuls RéDE arrive largement en tte, mais ne retrouve pas son score de 1992 (-370 voix), dans le canton il est devancŽ par MOLY de 215 voix, ce dernier progressant fortement par rapport ˆ 1992 (+820 voix). Mme avec le report des voix du FN, J. RéDE semble battu.  

 

2 me tour

Banyuls

Port-Vendres

Collioure

Cerbre

Inscrits

3845

3642

2431

1088

Abst.

985 (25,62%)

1460 (40,09%)

679 (27,93%)

348 (31,98%)

Votants

2860 (74,38%)

2182 (59,91%)

1752 (72,07%)

740 (68,02%)

Blancs & Nuls

110 (3,85%)

90 (4,12%)

89 (5,08%)

45 (6,08%)

S. Expr.

2750 (71,52%)

2092 (57,44%)

1663 (68,41%)

695 (63,88 %)

MOLY

1270 (46,18%)

1078 (51,53%)

1241 (74,62%)

354 (50,94%)

RéDE

1480 (53,82%)

1014 (48,47%)

422 (25,38%)

341 (49,06%)

 

Les abstentions ont rŽgressŽ ˆ Banyuls de -3,68%, et pour le canton de -3,02 %.

Si RéDE arrive une nouvelle fois en tte ˆ Banyuls (+224 voix), MOLY gagne 123 voix (aprs cumul de celles du PCF + MDC). Dans le canton RéDE gagne 706 voix, correspondant ˆ la plus grande partie des voix du FN.

Au total Moly l'emporte  par 3943 voix contre 3257 voix ˆ Rde qui perd son sige

 

La dŽfaite de Jean RéDE prŽfigure le basculement ˆ gauche du Conseil gŽnŽral dans le dŽpartement avec 8 PS, 4 Divers gauche, 4 PCF, 5 divers droite, 5 UDF et 5 RPR.

Christian BOURQUIN sera Žlu prŽsident du Conseil gŽnŽral

 

 

64 - AssemblŽe EuropŽenne du 13 juin 1999

 

 

Cette Žlection est la cinquime du genre depuis 1979 (dŽjˆ 20 ans !) et toujours au scrutin de liste national. Sans compte rendu de mandat, sans grande publicitŽ dans les mŽdias, on se demande ˆ quoi peut bien servir cette assemblŽe, et s'il est bien utile d'y envoyer des Žlus qui, pour certains leaders n'y sigeront jamais. Pour parodier une formule cŽlbre "la construction europŽenne est une affaire trop sŽrieuse pour la confier aux citoyens qui contribuent ˆ son financement". Seuls les partis politiques nationaux dŽterminent l'ordonnancement de "leur" liste. C'est ˆ prendre ou ˆ laisser. Tout laisse craindre que les affrontements entre les diverses listes concernent moins les problmes concrets europŽens que leurs divergences en politique intŽrieure franaise.

Certains pourront trouver cette introduction par trop rŽductrice et sŽvre, seuls les rŽsultats confirmeront ou non l'Žvolution des mentalitŽs par rapport au rŽfŽrendum du traitŽ de Maastricht.

 

Vingt listes sont en prŽsence avec chacune 87 candidats (nombre des siges dont dispose la France dans cette assemblŽe). Des plus favorables aux oppositions les plus farouches (bien que cette classification soit quelque peu arbitraire) on a :

1- liste de la nouvelle UDF, "Avec l'Europe, prenons une France d'avance" conduite par F. BAYROU. On notera la prŽsence de Nicole FONTAINE (vice-prŽsident du Parlement europŽen depuis 1989), du gŽnŽral MORILLON et de J.-P. ALDUY (maire de Perpignan).

2- liste prŽsentŽe par le Parti fŽdŽraliste: "Vive le fŽdŽralisme!", conduite par J. ALLENBACH.

3- liste de "l'Union pour l'Europe", conduite par N. SARKOZY et A. MADELIN. Liste de l'opposition unie (en fait les seuls RPR et DŽmocratie LibŽrale)

4- liste "Construisons notre Europe" regroupant le Parti Socialiste, le Parti Radical de Gauche et le Mouvement des Citoyens. Cette liste est conduite par F. HOLLANDE (Premier secrŽtaire du PS). On y trouve Žgalement S. NAìR (Vice-prŽsident du MDC), M. ROCARD, M.-N. LIENEMANN, H. DESIR.

5- "Ecologie le choix de la vie", conduite par A. WAECHTER (Mouvement Ecologiste IndŽpendant)

6- liste "Politique de Vie pour l'Europe", conduite pat C. COTTEN (Collectif Association Citoyennes)

7- liste L'Žcologie Les Verts: "RŽinventons l'Europe", conduite conjointement par D. COHN-BENDIT et D. VOYNET, avec A. LIPIETZ.

8- liste "Bouge l'Europe" prŽsentŽe par le Parti communiste franais, conduite par R. HUE (SecrŽtaire national). On y trouve des membres du PCF comme M. GREMETZ, P. HERZOG (ancien tte de liste et dŽputŽ europŽen), A. BOCQUET (prŽsident du groupe communiste ˆ l'AssemblŽe nationale), M.-G. BUFFET (ministre de la Jeunesse et des Sports, qui s'est illustrŽe dans la lutte antidopage), mais aussi des individualitŽs bien connus comme F. SYLLA (SOS-Racisme), F. DESANTI (ComitŽs de lutte et de dŽfense des ch™meurs), M. ZEDIRI (responsable d'association de ch™meurs et de lutte contre l'exclusion), J. MILLIEZ (Professeur de mŽdecine), J.-C. PETIT (compositeur, chef d'orchestre), J. FERRAT (chanteur auteur-compositeur), et l'aggiornamento du PCF Žtant en marche M. FRIGIOLINI (italienne, militante des droits des gays et lesbiennes).

9-liste "pour une Europe des diffŽrences" du CPNT (Chasse-Pche-Nature-Traditions), conduite par J. SAINT JOSSE, avec A. ESCLOPƒ (principal du collge de Saint-Paul-de-Fenouillet, ancien membre du PS et 1er adjoint du maire P. ESTéVE, ancien dŽputŽ PS). On notera la prŽsence de Bernadette DARCHEN (biologiste, Žcologiste, une de mes collgues de l'UniversitŽ P. et M. Curie, Paris, que j'ai du mal ˆ imaginer en Diane chasseresse)

10- liste "Pour une autre Europe" de Lutte Ouvrire associŽe ˆ la Ligue Communiste RŽvolutionnaire, conduite par A. LAGUILLER (L.O.) et A. KRIVINE (L.C.R.) en seconde position. Incontestablement la liste qui comprend le plus d'ouvriers et d'agents hospitaliers.

11- liste " Rassemblement pour la France et l'IndŽpendance de l'Europe" du RPF, conduite par C. PASQUA, avec P. DE VILLIERS (en second), M.F. GARAUD (ancienne ŽgŽrie de CHIRAC (1), W. ABITBOL (qui s'illustrera lors des prŽsidentielles de 2002 comme soutien de J.-P. CHEVéNEMENT!), J.-C. MARCHIANI (ancien PrŽfet), et J. L. DOLSA (gaulliste historique, membre du RPR, devenu le leader dŽpartemental du RPF)

12- liste "EuropŽens d'accord, Franais d'abord", conduite par B. MƒGRET (dissident du FN), avec S. MARTINEZ (le fŽlon d'aprs J.-M. LE PEN, non le sien: Jean-Claude), J.-Y. LE GALLOU et M.-C. LE PEN (qui a abandonnŽ le pre pour le tra”tre!). Sa rŽunion publique salle Arago ˆ Perpignan ne sera pas de tout repos (2).

13- liste "L.E.P.E.N.-Front National": Pour une France libre changeons d'Europe, conduite par J.-M. LE PEN avec en seconde position É Charles de GAULLE (pas de confusion: l'un des petits fils). On y trouve les grandes figures du mouvement: J.-C. MARTINEZ (le bon, pas le fŽlon), B. GOLLNISCH (secrŽtaire national, bien connu pour ses interventions ˆ la tŽlŽvision), C. LANG (ˆ ne pas confondre avec J. LANG, dit Djack), M.-F. STIRBOIS (qui a dŽfrayŽ la chronique nationale lors d'Žlections ˆ Dreux)

Les listes suivantes sont plus difficiles ˆ situer concernant leurs positions europŽennes (dŽsir de publicitŽ ou de prosŽlytisme, simples contestataires ?)

14- liste "Combat pour l'emploi", conduite par P. LARROUTUROU.

15- liste "Moins d'imp™ts maintenant! du Rassemblement des contribuables franais (RCF), conduite par N. MIGUET.

16- liste de la "Ligue Nationaliste", conduite par G. GUERRIN. (pas de profession de foi, pas de liste de noms).

17- liste "97.2: MI OU, MI MWEN" conduite par J. JOS. (pas de profession de foi, pas de liste de noms).

18- liste du "Parti Humaniste", conduite par M.-L. CHANUT-SAPIN. (pas de profession de foi, pas de liste de noms).

19- liste du "Parti de la Loi Naturelle", conduite par B. FRAPPƒ. (pas de profession de foi, pas de liste de noms).

20- liste "Vivant: Energie France", la voix des sans-parole, conduite par G. MAUDRUX (ancien prŽsident de syndicats de mŽdecins et de leur caisse de retraite), avec A. COSTE (secrŽtaire gŽnŽral de la ConfŽdŽration de dŽfense des commerants, artisans, agriculteurs et professions libŽrales), C. SELIER (PrŽsident du syndicat des petites et moyennes entreprises)

On observe que seules cinq ttes de liste de 1994 sont encore prŽsentes (LE PEN, DE VILLIERS, LAGUILLER, FRAPPƒ et COTTEN). La valse des ttes de liste pour les principaux partis politiques est une des rgles les plus constantes, leur rŽussite Žtant gŽnŽralement modeste.

RŽsultats:

 

 

    Banyuls

DŽpartement

MŽtropole

Inscrits

3774

273.094

38.541.782

Abst.

1832 (48,54%)

50,43%

52,28%

Votants

1942 (51,46%)

49,57%

47,72%

Blancs & Nuls

  103 (  5,30%)

  5,42%

  5,92%

S. Expr

1839 (48,73 %)

46,88%

44,89%

L.O + LCR

    64 (  3,48%)

  4,63%

5,23%

PS + MDC + Rad.

  431 (23,44%)

21,37%

21,88%

PCF

  124 (  6,74%)

  8,69%

  6,83%

Les Verts

  128 (  6,96%)

  7,54%

  9,76%

Ecologie (MEI)

    27 (  1,47%)

  1,41%

  1,55%

Larrouturou

    19 (  1,03%)

  0,77%

  1,00%

Miguet

    33 (  1,79%)

  1,54%

  1,76%

Maudrux

    16 (  0,87%)

  0,81%

  0,71%

FrappŽ

      7 (  0,38%)

  0,33%

  0,38%

Chasse, Pche, N.T

  191 (10,39%)

  9,03%

  6,85%

UDF (Bayrou)

  148 (  8,05%)

  8,26%

  9,25%

RPR-DL

  218 (11,85%)

  9,90%

12,54%

RPF

  281 (15,28%)

14,04%

13,15%

FN (Le Pen)

    94 (  5,11%)

  7,17%

  5,74%

MN (MŽgret)

    58 (  3,15%)

  4,43%

  3,31%

Cotten

      0

  0

  0,01%

Allenbach

      0

  0

  0,00%

Chanut

      0

  0

  0,01%

Guerrin

      0

  0

  0,01%

Jos

      0

  0

  0,02%

 

Remarques:

 

Le nombre des inscrits a diminuŽ par rapport ˆ la prŽcŽdente Žlection de 1994 de -16 Žlecteurs (diminution due davantage ˆ une rŽvision plus stricte des listes Žlectorales qu'ˆ une stagnation de la commune).

Avec 48,54% les abstentions sont semblables ˆ Banyuls ˆ celles de 1989 (49,5%) et 1994 (47,07%). Elles sont lŽgrement infŽrieures ˆ celles de la mŽtropole (-3,74%). Comme par le passŽ un Žlecteur sur deux a refusŽ d'aller voter, ce qui correspond sans doute en grande partie aux Žlecteurs qui avaient votŽ non lors du rŽfŽrendum de Maastricht (20/09/1992), ne suivant pas les consignes des deux principaux partis de la majoritŽ (dite bien ˆ proposÉplurielle) et de l'opposition (toute aussi plurielle).

Les votes blancs et nuls sont sensiblement identiques ˆ Banyuls, dans le dŽpartement et dans la mŽtropole (moyenne de 5,55%), en accroissement de 0,71% par rapport ˆ 1994.

Au total (abstentions plus votes blancs et nuls) ce sont 53,84% des Žlecteurs ˆ Banyuls et 58,20% en mŽtropole qui ont refusŽ de cautionner une liste (cela se passe de commentaire sinon tŽmoigne du discrŽdit des responsables politiques en gŽnŽral).

 

Le PS (associŽ au MDC et aux Radicaux de Gauche) arrive en tte ˆ Banyuls, mais perd 123 voix par rapport ˆ 1994. Le PCF rŽgresse de 32 voix, alors que les Verts progressent de 91 voix (mais seulement de 20 voix si l'on tient compte du score de B. LALONDE en 1994). Cette liste obtient 22 Žlus dans la nouvelle assemblŽe europŽenne (18 PS, 2 MDC, 2 R.G.), soit 7 de plus qu'en 1994.

Les Verts progressent de 91 voix par rapport ˆ 1994. Les Žcologistes du "ni droite ni gauche" rŽalisent approximativement le mme score ici et en 1994 (soit 27 pour WAECHTER et 34 pour LALONDE). Avec plus de 1 million 700 000 voix Les Verts obtiennent pour la premire fois 9 Žlus, alors que les Žcologistes indŽpendants (MEI) n'atteignent pas 300 000 voix. L'ancrage des Žcologistes ˆ gauche du PS semble bien assurŽ, mais c'est sans doute l'effet COHN-BENDIT qui aura ŽtŽ le plus dŽterminant. La progression des Verts est gŽnŽrale sur la mŽtropole. Dans trente dŽpartements la liste dŽpasse les 10% des S.E. et n'obtient jamais moins de 5% dans les autres. On constate que l'aspect sociŽtal a pu jouer autant que l'environnement stricto sensu.

Le PCF perd 32 voix par rapport ˆ 1994. Au plan national, le recul est faible: - 0,11%. Il obtient 6 Žlus (perte de 1/1994)

L.O., associŽ cette fois avec A. KRIVINE de LCR, gagne 24 voix, ce qui lui permet d'entrer ˆ l'AssemblŽe de Strasbourg avec 5 Žlus.

Le CPNT (mouvement en partie trans-partis) augmente de 92 son nombre de voix par rapport ˆ 1994. Il fait son entrŽe dans la nouvelle assemblŽe avec 6 Žlus dont A. ESCLOPƒ pour notre dŽpartement.

Parmi les candidats de la droite classique, la surprise vient du score du PPF de PASQUA-VILLIERS. Ces derniers arrivent en tte, progressant de 31 voix, et ces "souverainistes" seront reprŽsentŽs par 13 Žlus (comme en 1994). Le RPR-DL rŽgresse de 276 voix, payant sans doute le manque d'unitŽ de l'opposition, mais mme avec le cumul des voix de BAYROU, il manque 128 voix par rapport au score de 1994. Le premier obtient 12 Žlus et le second 9 Žlus, alors que, unis en 1994, ils avaient obtenu 28 Žlus. Notons que Mme N. FONTAINE (Žlue de la liste BAYROU) deviendra prŽsident du Parlement europŽen, succŽdant au poste qu'avait occupŽ jadis Mme S. VEIL.

La dissension au sein du Front national fait perdre 105 voix ˆ LE PEN par rapport ˆ 1994, qui fait cependant mieux que son rival MƒGRET (3). Le cumul de leurs voix (152) n'atteint pas le score de 1994 (199). Ce rŽsultat peut tre intŽressant ˆ considŽrer en vue des prochaines Žlections prŽsidentielles en 2002. Si l'on compare les scores du FN en 1989  (313 voix) avec ceux de 1994 et ici, on observe une diminution liŽe sans doute ˆ l'apparition des listes DE VILLIERS-PASQUA. Au plan national LE PEN obtient 5 Žlus (avec une perte de 1 Žlu par rapport ˆ 1994) et MƒGRET  0 Žlu. Le mammouth LE PEN a toujours le soutien de la base, sinon de tous ses Žlus.

Parmi les "petits" seuls MIGUET, LARROUTUROU, MAUDRUX et FRAPPƒ obtiennent quelques voix. Ce dernier dŽjˆ prŽsent en 1994 perd des adeptes ˆ la cause de la loi naturelle (-6 voix, soit prs de 50% de ses effectifs ˆ Banyuls)

 

Le nouveau Parlement europŽen comprend 626 dŽputŽs au lieu des 567 depuis les adhŽsions de l'Autriche, de la Finlande et de la Sude en 1995. Sa composition sera de 35 communistes et gauche nordique; 180 du Parti des socialistes europŽens; 36 Verts; 13 Alliance radicale europŽenne; 44 Parti europŽen des libŽraux, dŽmocrates et rŽformateurs; 224 du Parti populaire europŽen, dŽmocrates-chrŽtiens;16 Union pour l'Europe, droite; 20 IndŽpendants pour l'Europe des nations; 18 non inscrits (dont les partis d'extrme droite); 40 non apparentŽs. A l'exception de la France, la droite est en tte dans les autres pays europŽens et dominera le Parlement, ce qui augure mal d'une Europe sociale.

Remarquons que l'Žlecteur "de base" n'a que peu d'idŽes, tant est qu'il en ait, sur ces groupes au sein de cette assemblŽe, et encore moins sur le travail et les pouvoirs rŽels de celle-ci. De plus, certains des candidats Žlus renonceront ˆ y siŽger, comme on a pu le constater par le passŽ. Naturellement aucun compte rendu de mandat des Žlus que l'on ne verra jamais dans nos provinces. Il n'y a pas lieu de s'Žtonner si ces Žlections sont en panne d'Žlecteurs, et pas seulement en France (23% de votants en Grande-Bretagne, 40% au Portugal, 45% en Allemagne, 30% aux Pays-Bas, 46% en Finlande, mais 71% en Italie).

Ce dŽsintŽrt, que nous avions pronostiquŽ avant la premire Žlection europŽenne en 1979 (lors d'une rŽunion publique organisŽe par mes soins dans la salle Jean-Jaurs (devant quatre personnes!), semble ne jamais avoir ŽtŽ pris en considŽration par nos "grands politiques professionnels". C'est cependant regrettable pour une saine et nŽcessaire construction europŽenne qui aurait nŽcessitŽ, au prŽalable, d'Žtablir une Constitution europŽenne (4). Le but d'une telle Žlection n'Žtant pas le dŽcompte pour un parti politique national de ses propres fidles, comme de faire un meilleur score que les Partis qui lui sont les plus proches.

Cette Žlection laisse mal augurer de celles ˆ venir. Trop de listes nuisent ˆ la lisibilitŽ provoquant un accroissement de l'abstention et des votes blancs et nuls, ainsi qu'un Žparpillement des Žlecteurs.

 

Notes annexes:

(1) L'une des responsables de la dŽclaration de CHIRAC "l'appel de Cochin" en dŽcembre 1978 qui stigmatisait "le Parti de l'ƒtranger" (visant V. GISCARD D'ESTAING !). CHIRAC, s'Žtant cassŽ une jambe, Žtait hospitalisŽ ˆ l'h™pital Cochin ˆ Paris.

(2) Manifestation et violentes ŽchauffourŽes d'anti-MŽgret lors de sa venue ˆ Perpignan le 28 mai (Cf. "L'IndŽpendant du 29/5/1999). La division du Front national en deux mouvements, dont les leaders sont devenus irrŽconciliables, a pour origine le choix de la tte de liste ˆ cette Žlection, et la succession du "chef" au niveau national. Remous jusque dans les fŽdŽrations dŽpartementales comme, par exemple, dans notre dŽpartement o la police a dž intervenir pour ramener le calme au sige du FN entre les deux tendances qui se disputaient les locaux (cf. "L'indŽpendant" du 26/1/1999).

(3) MƒGRET reproche explicitement ˆ son ancien patron ses provocations et ses outrances verbales, et implicitement de ne pas lui avoir donnŽ la tte de liste du FN, voire de ne pas lui avoir cŽdŽ sa place de leader. Autre reproche, le fait de jouer lors des lŽgislatives la politique du pire en favorisant la dŽfaite des candidats de droite au seul profit des socialistes (par exemple dans notre circonscription les rŽŽlections successives de H. SICRE).

(4) Cette Constitution sera en cours d'Žlaboration courant 2003 par un groupe de constituants sous la prŽsidence de V. GISCARD D'ESTAING.

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