67 - PrŽsidentielles des 21 avril et 5 mai 2002

 

 

Cette Žlection correspond au premier quinquennat de la Ve RŽpublique, adoptŽ par rŽfŽrendum le 24 septembre 2000.

Si le calendrier normal avait ŽtŽ respectŽ ces Žlections auraient dž suivre le renouvellement de l'AssemblŽe nationale. La majoritŽ plurielle, et plus particulirement le parti socialiste avec Lionel JOSPIN, impose que l'Žlection prŽsidentielle prŽcde celle des dŽputŽs; il est suivi par les centristes de F. BAYROU, contrairement ˆ la position du PrŽsident de la RŽpublique Jacques CHIRAC.

Le r™le du prŽsident de la RŽpublique Žtant, outre celui de gardien des institutions, de dŽfinir les grandes orientations politiques de la nation, la position  du Premier ministre appara”t plus conforme ˆ la Constitution de la Ve RŽpublique.

La date choisie pour le premier tour correspond aux vacances acadŽmiques des rŽgions d'Ile de France (dont Paris) et de Bordeaux , ce qui laisse prŽvoir un taux d'abstention supŽrieur ˆ la normale (1).

Dans un contexte de cohabitation qui dure depuis cinq ans, il est Žvident que le prŽsident de la RŽpublique sortant sera opposŽ au Premier ministre. Au bilan du second on ne peut opposer que l'Žchec du commencement du septennat du premier (avec le gouvernement JUPPƒ et la dissolution manquŽe de 1997), et une cohabitation marquŽe plus par des escarmouches entre les deux hommes (farines animales lors de la crise des vaches folles) qu'une rŽelle action du PrŽsident hormis dans le domaine europŽen (sans grand relief) et international (sans grande efficacitŽ).

Pour les mŽdias, comme pour les sondages, le second tour se jouera entre les deux "grands candidats", relŽguant les "petits" ˆ un r™le de figuration.

 Jean Pierre CHEVéNEMENT (ancien ministre de l'IntŽrieur de JOSPIN et dŽmissionnaire en dŽsaccord sur le projet du gouvernement sur le futur statut de la Corse) se dŽclare t™t en crŽant un "p™le rŽpublicain" de nature jacobine et prŽtend tre le troisime homme sinon tre prŽsent au second tour. Il est suivi de peu par Franois BAYROU, prŽsident de l'UDF (Force DŽmocrate) qui refuse de s'intŽgrer dans un Parti du PrŽsident sortant (UMP).

La nŽcessitŽ d'obtenir 500 signatures dans 30 dŽpartements diffŽrents pourrait, en principe, limiter le nombre des candidatures. Jusqu'au dernier moment LE PEN hurle au complot et prŽtend que les nombreuses promesses de signatures n'ont pas ŽtŽ tenues du fait de pressions de l'ƒlysŽe (intoxication et argument pour faire parler de lui, ou vŽritŽ?). Il est vrai que la candidature du dissident "fŽlon" Bruno MƒGRET (ex-FN) parti avec de nombreux cadres et Žlus (pour fonder le Mouvement National RŽpublicain au dŽbut de 1999) peut poser des problmes pour l'obtention des signatures (2).

 

Au total, seize candidats seront finalement retenus, contre 9 en 1995 (3). Cette inflation d'une Žlection prŽsidentielle ˆ l'autre ne peut qu'entra”ner un Žparpillement des Žlecteurs et une diminution en pourcentage du score des candidats.

 

Pour l'extrme droite deux candidats aux programmes similaires:

1- Jean-Marie LE PEN, prŽsident du Front national, candidat pour la troisime fois (depuis 1974). Il avait obtenu 15,27% en 1995.

2- Bruno MƒGRET, prŽsident du MNR, qui n'avait obtenu que 3,31% des suffrages exprimŽs lors des europŽennes du 13 juin 1999, seule base dont on dispose en ce qui le concerne.

        

Pour la droite cinq candidats:

3- Christine BOUTIN, dŽputŽ UDF, qui s'est fait remarquer par ses positions anti-Pacs, anti-euthanasie.

4- Corinne LEPAGE, ancien ministre de l'Environnement dans le gouvernement JUPPƒ en 1993 (l'une des "jupettes"), avocate, qui s'est illustrŽe lors des procs concernant la pollution marine due aux pŽtroliers Amoco-Cadiz et Erika. Ancien membre et candidate de GŽnŽration Žcologie en 1992 et 1993.

5- Alain MADELIN, UDF (DŽmocratie libŽrale), ancien ministre dans les gouvernements Chirac (1986) et JUPPƒ (1995).

6- Jacques CHIRAC, Žlu PrŽsident en 1995 avec 20,47% au 1er tour et 51,20% au second. 

7- Franois BAYROU, dŽputŽ europŽen, PrŽsident de l'UDF

 

Pour le mouvement (trans-partis) Chasse, Pche, Nature et Traditions:

8 - Jean SAINT-JOSSE, dŽputŽ europŽen, candidat pour la premire fois, mais fort de ses rŽsultats  aux Žlections europŽennes de 1999 (6,85 %).

 

Pour la Gauche non communiste:

9-  Jean-Pierre CHEVéNEMENT, ancien ministre de l'IntŽrieur du gouvernement Jospin, "co-fondateur" du Parti Socialiste ˆ Epinay, prŽsident du Mouvement des Citoyens.

10- Christiane TAUBIRA, dŽputŽ de la Guyane, candidate du Parti Radical de Gauche.

11- Lionel JOSPIN, Premier ministre depuis 1997, dŽsignŽ par le Parti Socialiste, dŽjˆ candidat en 1995 (il avait obtenu 23,21 % au 1er tour et 48,80 % au second face ˆ J. Chirac.

        

Pour les Ecologistes "Verts"

12- No‘l MAMéRE, qui remplace Dominique Voynet ministre de l'Environnement du Gouvernement Jospin, candidate en 1995 (3,35%).

 

Pour le Parti Communiste Franais:

13- Robert HUE, dŽjˆ candidat en 1995 (8,73%), dont le Parti est reprŽsentŽ dans le gouvernement Jospin depuis 1997 avec plusieurs ministres, dont les plus marquants sont Jean-Claude GAYSSOT aux Transports et Marie-George BUFFET ˆ la Jeunesse et aux Sports.

 

Pour l'Extrme gauche trotskiste:

14- Arlette LAGUILLER, Lutte Ouvrire, a”nŽe de tous les candidats (pour la quatrime fois depuis 1974). Elle avait obtenu 3,35% en 1995.

15- Olivier BESANCENOT, Ligue Communiste RŽvolutionnaire (Alain Krivine), le plus jeune des candidats.

16- Daniel GLUCKSTEIN, secrŽtaire national du Parti des Travailleurs.  

 

  La campagne est largement dominŽe par l'insŽcuritŽ (depuis de nombreuses annŽes: 1982) et largement relayŽe, mois aprs mois, par les mŽdias, notamment la tŽlŽvision. J. CHIRAC utilise  et dŽveloppe ˆ fond ce thme, comme il avait en 1995 insistŽ sur la fracture sociale.

Le bilan de L. JOSPIN est en demi-teinte, aussi bien en ce qui concerne le ch™mage qui a certes rŽgressŽ, mais faiblement malgrŽ une reprise Žconomique mondiale favorable depuis 1997-98, que pour les licenciements Žconomiques dans diverses entreprises (Michelin, Moulinex, LU) et les dŽnationalisations (4). La loi Aubry sur les 35 heures, imposŽe d'abord dans le secteur privŽ, sans tenir compte suffisamment de la diversitŽ des entreprises, puis des difficultŽs d'application que cela occasionne dans certains secteurs comme celui de la SantŽ publique (h™pitaux, cliniques) ou ˆ la SNCF, ont largement indisposŽ les usagers. A l'Žmission sur France 2  (10 avril) JOSPIN tente de faire oublier que son programme  n'Žtait pas socialiste, et que le vote utile ˆ gauche c'est lui.

Les intentions de vote rŽvlent une certaine dŽsaffection vis-ˆ-vis des deux "grands candidats" du second tour.

Les attaques des "petits candidats", tous unis dans leurs critiques des deux grands, irritŽs par les mŽdias qui n'Žvoquent que les scores probables du second tour entre JOSPIN-CHIRAC (49-51 ou 51-49 %, voire 50-50) (5).

Les petits candidats insistent sur le fait que le vote en leur faveur permettra de peser sur les deux grands, qui devront en tenir compte pour le second tour (puisque l'ordre du 1er sera sans surprise), d'o la constatation d'une certaine indŽcision du choix de nombre d'Žlecteurs.

Si les campagnes de R. HUE et de N. MAMéRE sont exemplaires, cohŽrentes et logiques, celle de C. TAUBIRA est, par contre, totalement inutile et nŽfaste (6).

CHEVéNEMENT, parti t™t dans la campagne, semble s'essouffler. Dans son comitŽ un patchwork de personnalitŽs d'horizons politiques divers (comme un ancien de l'Žquipe PASQUA, mais aussi notre Prix Nobel Gilles DE GéNES, prŽsident des Amis du Laboratoire Arago). Il recevra le soutien de Pierre POUJADE, l'homme qui a fait trembler la IVe RŽpublique de 1955 ˆ 1956) (7). Son programme, avec des accents "gaulliens" au-dessus des Partis, manque de propos plus concrets et n'est pas de nature ˆ attirer les plus jeunes Žlecteurs, dont on doute qu'ils puissent tre intŽressŽs par quelque statut de la Corse. Il dŽnonce la politique du pareil au mme entre CHIRAC et JOSPIN vis-ˆ-vis de l'application de Maastricht, comme l'ont amplement dŽmontrŽ leur rŽcent accord ˆ Barcelone (15/3), et sur le pacte de stabilitŽ. D'o l'expression de "Chirospin" formule assassine s'il en est.

Ces candidatures remettent en cause la composition de la gauche plurielle et son leader L. JOSPIN.

Que dire de la prŽsence de trois candidats trotskistes, qui rejettent dans le mme opprobre les deux cohabitantsÉet R. HUE. Un duel entre l'emblŽmatique A. LAGUILLER et le jeune BESANCENOT (27 ans). Quant ˆ D. GLUCKSTEIN, sa profession de foi n'encourage pas ˆ voter pour lui puisqu'il affirme qu'il n'y a rien ˆ attendre de l'Žlection prŽsidentielle et ne semble participer ˆ cette Žlection que pour rappeler l'existence de son Parti; il risque de n'obtenir que le score de Pierre BOUSSEL en 1988 (0,38%).  

Le Front national a connu une grave crise lors de l'Žlection ˆ l'AssemblŽe europŽenne de 1999, o B. MƒGRET a crŽŽ son propre Parti (Mouvement national rŽpublicain) entra”nant avec lui de nombreux Žlus et notables tandis que LE PEN conservait la base populaire. Cette scission a conduit ˆ un certain partage des voix entre les deux leaders (5,74% pour LE PEN et 3,31 % pour MƒGRET). Soit 9,05% cumulŽ pour l'extrme droite (il est vrai avec pour cette Žlection un taux d'abstentionnistes record: 52%), mais 15,27% pour LE PEN ˆ la PrŽsidentielle de 1995.

La campagne de LE PEN (comme celle de son ombre) est rŽduite ˆ la place congrue que leur accordent les mŽdias depuis de nombreuses annŽes, o le boycottage est de rgle (8). Le mode de scrutin majoritaire ne permet pas leur reprŽsentation ˆ l'AssemblŽe nationale malgrŽ des scores compris entre 12 et 15%.

Les thŽmatiques insŽcuritŽ-immigration, anti-Maastricht et prŽfŽrence nationale constituent le discours essentiel. Aux propos froids et sans Žcart de langage du polytechnicien MƒGRET s'opposent ceux du vieux tribun LE PEN, rodŽ aux joutes oratoires et aux phrases provocatrices (dont il n'abuse plus) (9). Il se dit "socialement de gauche, Žconomiquement de droite et nationalement de France" (10). CHIRAC-JOSPIN  ou la rŽplique du "blanc bonnet et bonnet blanc", comme le dŽmontrent les conclusions des chefs d'ƒtat ˆ la ConfŽrence de Barcelone ˆ la mi-mars.

Pour MƒGRET des accords ultŽrieurs avec la droite sont envisageables, alors qu'ils sont impossibles avec LE PEN (d'o l'Žchec de la droite lors des Žlections lŽgislatives de 1997).

L'absence de Charles PASQUA, comme de Philippe DE VILLIERS (prs de 5% en 1995), contrairement ˆ C. BOUTIN qui psera peu, ne peut que profiter ˆ LE PEN.

 

Compte tenu de la diversitŽ des candidatures, et de l'absentŽisme qui sera le plus ŽlevŽ dans ce type d'Žlection (vacances scolaires pour l'ële-de-France et l'Aquitaine), certainement supŽrieur ˆ 22%, on peut sur la base de 1995 envisager l'ordre de classement suivant: 1 er CHIRAC (19 ± 2%), 2 me JOSPIN (17 ± 2%), suivi de prs par LE PEN (selon le score de MƒGRET) (15 ± 2%), un groupe de candidats ˆ 5 ± 2% (CHEVéNEMENT , BAYROU, LAGUILLER, HUE, SAINT-JOSSE, MAMéRE), un groupe ˆ 2 ± 1% (MƒGRET, BESANCENOT, TAUBIRA, LEPAGE, BOUTIN) et ˆ moins de 1%  GLUCKSTEIN.

On observe que l'ordre de classement dŽpend pour JOSPIN de la perte occasionnŽe par le cumul (CHEVéNEMENT+TAUBIRA), et pour LE PEN de la perte des voix que lui prendra MƒGRET. Si ˆ Banyuls le tiercŽ dans l'ordre est aisŽ ˆ dŽterminer, sur le plan national il s'avre beaucoup plus dŽlicat compte tenu du calcul des Žcarts types.

 

RŽsultats (1er tour):

 

 

 

 

 

 

Banyuls

4 me Circonscr.

DŽpartement

MŽtropole

Inscrits

3799

 

285973

39350086

Abst.

1000 (26,32%)

 

27,13%

27,01%

Votants

2799 (73,68%)

 

72,87%

72,99%

Blancs/Nuls

   90 (  3,22%)

 

  3,34%

 3,38%

S. Expr.

     2709 (71,31%)

 

70,44%

70,52%

 

 

 

 

 

LE PEN

418 (15,43%)

19,51%

20,92%

17,19%

MƒGRET

 55 (  2,03%)

  2,45%

  2,41%

 2,38%

BOUTIN

38 ( 1,40%)

  0,67%

0,73%

        1,2

MADELIN

99 ( 3,65%)

  3,27%

3,17%

3,96%

CHIRAC

490 (18,09%)

15,63%

16,96%

19,41%

LEPAGE

 36 (  1,33%)

 1,33%

 1,31%

1,90%

BAYROU

176 (  6,50%)

 5,83%

  6,13%

6,94%

SAINT-JOSSE

       156 ( 5,76%)

 6,34%

  5,83%

4,32%

CHEVéNEMENT

160 ( 5,91%)

 5,35%

  5,16%

5,39%

JOSPIN

497 (18,35%)

17,84%

16,64%

     15,85%

TAUBIRA

 52 (  1,92%)

 1,69%

 1,59%

2,08%

MAMéRE

131 (  4,84%)

 4,68%

 4,39%

5,31%

HUE

112 (  4,13%)

 4,91%

 4,82%

3,44%

LAGUILLER

140 (  5,17%)

 5,72%

 5,25%

5,82%

BESANCENOT

135 (  4,98%)

 4,35%

 4,27%

4,32%

GLUCKSTEIN

 14 (  0,52%)

 0,43%

 0,42%

0,47%

 

Remarques:

 

Le nombre des inscrits a diminuŽ ˆ Banyuls de -121/ 1995, non du fait d'une diminution de la population de la commune, mais d'un contr™le plus strict des listes Žlectorales.

Les abstentions se sont accrues de +5,5%/ 1995, bien que cette zone acadŽmique ne soit pas en vacances scolaires comme pour les zones A et C. Celles-ci sont cependant moins ŽlevŽes que pour la mŽtropole (+6,42%). C'est le plus fort taux pour une Žlection prŽsidentielle depuis l'existence de ce mode d'Žlection (1965).

Les votes blancs et nuls sont Žgalement en augmentation (+1,32%/ 1995) ˆ Banyuls, et de +0,59% / 1995 en mŽtropole. La diversitŽ des candidats n'a pas diminuŽ le nombre des hŽsitants.

Jospin arrive de peu en tte ˆ Banyuls, mais perd 285 voix/ 1995 (-7,33 %/ 1995). Mme avec les voix cumulŽes (Chevénement+Taubira) il lui manque 71 voix/ 1995 (peut-tre reportŽes sur Saint-Josse, Besancenot, Laguiller). Dans le dŽpartement, il perd - 6,40 % / 1995 et -7,36%/ 1995 en mŽtropole. Ë l'Žchelon national, le cumul (Jospin+ Chevnement+Taubira) montre qu'il retrouve son score de 1995. La prŽsence de ces candidats, entre autres considŽrations largement ŽvoquŽes dans la presse, lui aura ŽtŽ fatal pour arriver en seconde position. Mais c'est ˆ coup sžr la prŽsence de la candidate du Parti Radical de gauche, injustifiable, qui le place derrire Le Pen. Il annonce publiquement assumer la responsabilitŽ de cet Žchec et se retirer de la vie politique. S'ensuivra un silence "pesant" pour certains (11).

Chirac talonne de peu Jospin ˆ Banyuls, mais est en recul par rapport ˆ 1995 de -238 voix (-5,82%/ 95), loin de rŽcupŽrer les voix qui s'Žtaient portŽes sur Balladur en 1995 (qui comportaient, outre des voix RPR, les voix UDF). Pour la mŽtropole, son score est proche de celui de 1995 (-1,06%). Il arrive cependant en tte, mais peu glorieusement.

Ces rŽsultats correspondent ˆ un vote sanction des deux ttes de l'ƒtat, la cohabitation Žtant sans doute contestŽe, ou du moins ayant brouillŽ les cartes. Mais le dŽsaveu est plus fort pour CHIRAC auquel ses opposants les plus proches politiquement Žtaient de plus "faible poids" que dans le cas de JOSPIN.

Le Pen retrouve son score ˆ Banyuls (+12 voix ou + 2,1%/ 1995), son concurrent direct B. MŽgret ne lui prend que 11,6% des voix cumulŽes. Sa progression dans le dŽpartement est du mme ordre (+1,47 %/ 95). En mŽtropole, il en est de mme avec +1,92%/ 95. Mƒgret fait un score trs faible ne prenant que 12 % de voix (aprs cumul) ˆ Le Pen. Dans l'hypothse d'un mauvais rŽsultat de MƒgreT, le risque Žtait rŽel de voir Le Pen devancer Jospin. La surprise est donc ˆ relativiser, d'autant que les divers sondages ne donnaient que 2% ˆ MŽgret.

Pour la seconde fois lors d'une Žlection prŽsidentielle la gauche ne sera pas reprŽsentŽe au second tour. Mais alors qu'en 1969 un "gaulliste" Georges Pompidou Žtait opposŽ au centriste (dŽmocrate-chrŽtien) Alain Poher, le cas de figure inŽdit dans ce cas opposera un "pompidolien" ˆ l'extrme droite.

Autre victime, le PCF avec R. Hue qui rŽgresse ˆ Banyuls de -175 voix (- 5,3%/ 1995) perdant des Žlecteurs sans doute au profit de Besancenot (LCR). Le recul est plus important dans le dŽpartement (-5,82%/ 95) et en mŽtropole (- 5,29%/ 95), lˆ encore au bŽnŽfice de Besancenot (mieux intŽgrŽ dans les actions collectives contre la mondialisation et plus mobilisateur des jeunes) dont le score dŽpasse celui du PCF! La campagne bien argumentŽe de R. Hue pour la justification du vote en faveur du PCF n'a manifestement pas convaincu, et sanctionne sa participation et son soutien ˆ l'action de la majoritŽ plurielle.

Les Žcologistes "Verts" progressent peu ˆ Banyuls (+ 48 voix/ 95 ou + 2,11%/ 95). Dans le dŽpartement, la progression est tout aussi faible (+ 1,68%) et + 1,96 %/ 95 pour la mŽtropole. Au niveau national, l'ensemble des Žcologistes (prs de 2 millions des S.E.) retrouvent leur score le plus ŽlevŽ (EuropŽennes de 1989, RŽgionales de 1992), mais consacre aussi leur coupure gauche-droite. Le bŽnŽfice Žtant en faveur des Verts dans un rapport de 1 ˆ 3. Les avantages obtenus du fait de leur participation au gouvernement de L. JOSPIN n'ont pas correspondu ˆ leurs espŽrances (pas de ministres supplŽmentaires en 1999 malgrŽ le bon score rŽalisŽ, pas d'introduction d'une dose de proportionnelle pour les futures lŽgislatives, moratoire pour les autoroutes, sur l'utilisation des organismes gŽnŽtiquement modifiŽs concernant le ma•s et le colza, etcÉ). Ces donnŽes expliquent aussi une certaine perte de voix du candidat JOSPIN qui n'a pas pris suffisamment en compte l'Žlectorat "Žcologiste".

Si la gauche plurielle subit un Žchec dž surtout ˆ l'effondrement du PCF, les "Verts" se tirent un peu mieux de leur participation au gouvernement.

Arlette Laguiller recule ˆ Banyuls de 19 voix (- 0,05%/ 95), sans doute au bŽnŽfice de Besancenot. Au plan national, son progrs est trs faible (+ 0,45%)

La LCR, avec Besancenot, fait une percŽe d'autant plus remarquŽe qu'elle Žtait absente des prŽcŽdentes Žlections ˆ l'exception de 1969 et 1974 o Alain Krivine  n'avait obtenu que 1,10% et 0,37% en MŽtropole (12).

Gluckstein retrouve ˆ Banyuls les voix obtenues lors des Žlections europŽennes de 1994 (ˆ +2 voix prs) soit 14 fidles du Parti des Travailleurs.

Chevnement n'arrive qu'en sixime position, et n'est pas "le troisime homme" qu'il pensait tre (donc incontournable pour le second tour). Si son Mouvement des Citoyens (Georges Sarre et Max Gallo), devenu "p™le rŽpublicain" avec l'apport de gaullistes est en progrs par rapport aux EuropŽennes de 1994 (+ 2,85%), le message de sa campagne trop flou ne lui a pas permis toutefois de s'imposer comme l'arbitre entre Jospin et Chirac. Si son score ˆ Banyuls est lŽgrement supŽrieur ˆ ceux de la circonscription, du dŽpartement et de la mŽtropole, il ne retrouve pas celui de son reprŽsentant lors des cantonales de 1998 (- 20 voix). Que dire de Mme Taubira (mre Gribouille): vouloir affirmer l'existence d'un "mini" parti lors d'une Žlection prŽsidentielle, ou vouloir peser dans des nŽgociations pour un second tour, ne semble pas trs raisonnable. Il appartenait toutefois au leader du PS de les rassembler, et c'est lˆ sans aucun doute sa grande erreur. Ë moins que certains machiavels du PS aient cru judicieux de "fixer" les voix des DOM-TOM en faveur de JOSPIN pour le second tour (?).

Les mmes remarques peuvent Žgalement s'adresser aux autres candidats de droite qui confondent lŽgislatives et prŽsidentielles. L'Žparpillement des voix et les abstentionnistes ont conduit ˆ un rŽsultat somme toute logique, mais qui fausse le deuxime tour, remettant en cause la fonction du futur PrŽsident de la RŽpublique telle qu'elle Žtait conu par la constitution de la Ve RŽpublique. Du fait de ce rŽsultat, le choix entre leaders des grandes orientations politiques de droite libŽrale et de gauche sociale-dŽmocrate   n'aura pas lieu.

 

Ë mauvaise fortune (Žlectorale) bon cÏur, la plupart des battus de la LCR au PCF en passant par  Saint-Josse et Chevénement, tous appellent ˆ voter pour J. Chirac, afin de faire barrage ˆ Le Pen, sans parler du monde du spectacle (Johnny Halliday) ou du sport (Zidane), ou de personnalitŽs comme l'abbŽ Pierre, JosŽ BOVƒ (l'homme du Larzac),  mme Pierre Poujade qui fut ˆ l'origine de l' Žlection de Le PEN en 1956 (13). Et pourtant les critiques fort justifiŽes concernant Chirac ne manquent pas dans la presse. Seul B. MŽgret soutient  le candidat du FN, tandis qu'A. Laguiller pr™ne le vote blanc ou nul.

Dans sa dŽclaration publique, L. Jospin annonce son retrait dŽfinitif de la vie politique, il faudra attendre huit jours  pour qu'il appelle ˆ faire barrage contre l'extrme droite (sans plus ample prŽcision). Quant ˆ ValŽry Giscard d'Estaing, il dŽclare ne rien vouloir dire sous le fallacieux prŽtexte de sa prŽsidence ˆ la Convention europŽenne pour la prŽparation d'une constitution europŽenne! (rancune quand tu nous tiens); interrogŽ ˆ la tŽlŽvision (FR2) le vendredi 3 mai, il se dŽcidera, quand mme, ˆ dire qu'il vote pour Chirac.

 

Pour beaucoup, le deuxime tour constituera plus un rŽfŽrendum anti-Le Pen qu'un vote d'adhŽsion ˆ Chirac, ainsi les pourcentages respectifs entre les deux candidats deviennent le test politique majeur puisque la rŽŽlection de Chirac ne fait aucun doute.

Le but de le Pen est d'atteindre 30% ou plus afin de peser lors des Žlections lŽgislatives qui suivront, et d'obtenir lors de triangulaires au moins 30 dŽputŽs afin de pouvoir constituer un groupe parlementaire.

Des manifestations "spontanŽes" de lycŽens et de jeunes ont lieu dans de nombreuses localitŽs appelant ˆ faire barrage au FN. La surprise et la consternation sont totales chez les leaders du PS qui, contrairement ˆ Bernadette Chirac, n'avaient jamais envisagŽ cette issue, et pour la plupart appellent ˆ voterÉ Chirac. On est frappŽ par le peu de reprŽsentants de la droite chiraquienne dans ces Žlans d'enthousiasme "rŽpublicain".

On craint les manifestations du 1er mai qui verront le double dŽfilŽ ˆ Paris de Le Pen le matin ˆ la statue de Jeanne d'Arc et l'aprs-midi celui des syndicats et de la gauche en gŽnŽral de la Bastille ˆ la RŽpublique. Tout se dŽroulera heureusement sans incidents.

 

Chirac rejette toutefois toute idŽe de Front rŽpublicain, rŽaffirmant un peu mŽcaniquement son programme (de droite); quant ˆ Le Pen, ses discours peu provocateurs et argumentŽs au mieux (qu'il lui soit possible) devant les journalistes, sont mieux combattus par l'ensemble de la presse.  A une certaine mollesse du premier correspond une rŽelle flamme patriotique du second. Mais plus grave est le meeting ˆ Lyon de Chirac, entourŽ des prŽsidents de rŽgion Žlus gr‰ce ˆ l'appui des Žlus du FN lors des Žlections rŽgionales de mars 1998 (Charles Millon: Rh™ne-Alpes, Jean-Pierre Soisson: Bourgogne, Jacques Blanc: Languedoc-Roussillon). Comment l'Žlectorat rŽagira-t-il en dŽfinitive (choix cornŽlien entre la raison et la passion, ou plut™t comme dans la plupart des Žlections un vote d'Žlimination plus que d'adhŽsion) 

L'Žlection de Chirac Žtant acquise, il est probable que le nombre des bulletins blancs et nuls sera en  forte augmentation (la pilule, doux euphŽmisme devant la couleuvre chiraquienne dure ˆ avaler pour beaucoup), tandis que les abstentions diminueront ˆ peu prs dans la mme proportion.

 

La campagne du second tour se borne ˆ faire barrage ˆ Le Pen et ˆ sauver É la RŽpublique (rien que cela !); comme l'a si bien chantŽ Georges Brassens: "Tous derrire et lui (Chirac) devant".

 

RŽsultats (2 me tour):

 

 

 

 

 

Banyuls

DŽpartement

MŽtropole

Inscrits:

3799

297853

39428433

Abst.:

  648 (17,06%)

19,34%

    19,06%

Votants:

3151 (82,94%)

240250

     80,94%

Blc & Nuls:

  228 (  7,24%)

  6,97%

       5,41%

S. Expr.:

2923 (76,94%)

223516 (75,04%)

30189263 (77,03%)

 

 

 

 

Chirac:

2361 (80,77 %)

167163 (74,79 %)

24742278 (81,96%)

Le Pen:

562 (19,23 %)

56353 (25,21 %)

  5446985 (18,04%)

 

Remarques:    

Ë Banyuls, le nombre des abstentions a rŽgressŽ de - 9,26%, mais est encore supŽrieur ˆ celui de 1995 (+ 0,24%). Elles sont pratiquement Žquivalentes pour le dŽpartement, comme pour la mŽtropole ˆ ce qu'elles furent en 1995 (14). Notons qu'ˆ Banyuls la participation ˆ midi Žtait de 46,56% et ˆ 16 h de 73,12%.

Les bulletins blancs et nuls sont en augmentation aussi bien ˆ Banyuls (+4,02 %) que pour le dŽpartement (+ 3,63) et moindre pour la mŽtropole (+ 2,03%).

Chirac accro”t de +1871 voix son score du 1er tour ˆ Banyuls (+62,68%), de +57,83% pour le dŽpartement, et de +62,55% pour la mŽtropole. Si on cumule les voix dont les candidats avaient appelŽ ˆ voter sur son nom (sinon pour lui) on obtient 1592 voix, d'o un apport de 279 voix. Or l'accroissement des suffrages exprimŽs au second tour n'est que de 214. Une analyse des mouvements des Žlecteurs d'un tour ˆ l'autre est ˆ prendre en compte comme d'habitude ˆ partir des cahiers d'Žmargements.

Ë Banyuls le nombre des non-votants aux deux tours est de 505 (soit 13,29% des inscrits), ceux qui n'ont votŽ qu'au 1er tour de 126 (3,32%), ceux qui n'ont votŽ qu'au 2 me tour 478 (12,58%), et ceux qui ont votŽ aux deux tours 2673 (70,36%)

Le Pen accro”t de +144 voix son score du 1er tour (ou +3,8%). En tenant compte des voix de MŽgreT (cumul: 473 ou 17,46%), il augmente de 89 ses voix au second tour (+1,77%).  Dans le dŽpartement, son accroissement aprs cumul est de + 1,88%, mais rŽgresse pour la mŽtropole (-1,53%) (15).

Au total, Chirac recueille prs de 25 millions de suffrages contre 5,5 pour Le Pen. Il est ainsi le mieux Žlu de tous les PrŽsidents de la Ve RŽpublique avec le score le plus faible au 1er tour. RŽsultat tout ˆ fait paradoxal dž ˆ la configuration inŽdite de ce second tour. On ne peut que constater la discipline remarquable ˆ gauche et sans doute de la LCR  afin d'assurer le score de 82% de Chirac, lequel, n'ayant pas sollicitŽ leur vote ne se trouve aucunement engagŽ par leur renfort.

 

Ds le lundi 7 mai, aprs la remise de la dŽmission de Lionel Jospin au nouveau prŽsident de la RŽpublique, Jean-Pierre Raffarin, prŽsident de la rŽgion Poitou-Charentes, sŽnateur (UDF-DL) est dŽsignŽ comme Premier ministre et constitue le nouveau gouvernement. Ce gouvernement de "mission" dispose d'un laps de temps bien court avant les Žlections lŽgislatives pour mettre en Ïuvre les options du PrŽsident. Plusieurs curiositŽs ˆ souligner: un ministre des Finances Francis Mer (sans Žtiquette, venant du secteur privŽ); la premire femme ministre de la DŽfense: Michle Alliot-Marie!; un philosophe ˆ la Jeunesse, l'ƒducation Nationale et la Recherche: Luc Ferry (un nom prŽdestinŽ), un personnage haut en couleur ˆ l'ƒcologie et le dŽveloppement durable (16): Mme Roselyne Bachelot-Narquin (un des rares rares dŽfenseurs du Pacs au sein de la droite), et comme secrŽtaire d'Etat Mme Tokia Sa•fi (d'origine familiale marocaine) au DŽveloppement durable (17).

 

Notes annexes:

(1) L'examen du pourcentage des votants pour les acadŽmies de Bordeaux et d'ële-de-France (zones de vacances scolaires) comparŽ ˆ l'ensemble de la mŽtropole montre que l'Žcart au 1er tour est de -2,71 contre  + 0,52 au 2 me tour. L'effet "vacances" faute de procurations de la part de beaucoup (liŽ au fait que la prŽsence au second tour devait nŽcessairement opposer CHIRAC ˆ JOSPIN) porte sur au moins 2 % des inscrits des deux rŽgions prŽcitŽes

(2) Le Pen n'avait pu tre candidat ˆ la PrŽsidentielle de 1981, faute en nombre suffisant nombre de signatures. Charles Pasqua, candidat, qui fera campagne avant l'ouverture officielle, ne dŽposera pas le nombre nŽcessaire (ou ne le voudra pas aprs avoir pris connaissance des sondages qui le donnent ˆ moins de 2%, ou pour ne pas gner CHIRAC ?)

(3) Seuls peuvent adresser leur signature au candidat les maires, les conseillers rŽgionaux et les dŽputŽs et sŽnateurs.

(4) Voir  "Le Monde" du 23/9/1999 et "L'Express" du 27/9/2001.

(5) Voir Intentions de vote (BVA) in "Paris Match" N¡ 2761 du 25/04/2002 et l'analyse des sondages (CSA) in "Le Monde" du 26/04/2002.

Il est ˆ noter que contrairement aux critiques qui sont faites aux sondages, ce sont moins les donnŽes qui sont en cause que leur mode d'expression qui n'exprime pas l'intervalle de confiance (Žcart-type).

(6) Quelle justification pour les maires de lui avoir accordŽ leur signature ?

A ce propos un maire Žlu "sans Žtiquette" n'a pas reu mandat pour accorder une signature ˆ qui que ce soit. Notamment ˆ Banyuls en faveur de Mme Taubira ! ("L'IndŽpendant du 13/4/2002). Il est vrai que certains Žlus du PS ont signŽ pour BESANCENOT sur les directives des instances nationales  croyant ainsi affaiblir A. LAGUILLER [une rŽussite pour ces apprentis sorciers! N. de l'a.]

On remarquera que 194 558 voix seulement sŽparent LE PEN de JOSPIN, alors que Mme TAUBIRA "glera" 660 576 voix inutilement sur son nom (dont on peut supposer qu'une grande partie se serait portŽe sur JOSPIN qui comprenait des ministres MRG dans son gouvernement). Chevnement totalise 1 518 901 voix, il sera, curieusement, le plus critiquŽ par le PS.

(7) Sur un bref rŽsumŽ de la carrire politique de P. POUJADE cf. "Le Monde" du 29/8/2003.

(8) Aucune rŽfŽrence ˆ des journaux de cette mouvance lors de la revue de presse du matin ˆ France-inter ˆ 8 h 30.

(9) Le "dŽtail de l'histoire" ˆ propos de la disparition de cinq millions d'hommes et de femmes plus ou moins de confession juive par les nazis, ou encore son cŽlbre "mot d'esprit" concernant le ministre Durafour É crŽmatoire!

(10) Expression empruntŽe ˆ A. Hitler, le 29 novembre 1932 au discours de cl™ture du congrs annuel du NSDAP (Parti Nazi), É "chassez le naturel il revient au galop" disent certains. L'origine de cette dŽclaration semble contestŽe, elle para”t pourtant facile ˆ vŽrifier (N. de l'a.), intoxication ou non ?. Il convient de souligner que les informations glanŽes sur des sites internet peuvent tre plus que douteuses, parfois malintentionnŽes comme le souligne J. Attali (in "Les Juifs, le monde et l'argent", p.567, Edit. Fayard, 2002)

(11) Voir l'article de Denis Jeambar "L'Express" N¡2651 du 25/4 au 1/5/2002. Silence qui ne sera rompu qu'en 2003 par un article publiŽ dans "Le Monde" (1/02) dans lequel Jospin  donne son interprŽtation fort valable de l'absence de tout candidat de gauche au second tour. Les ressentiments  et ceux du PS iront en prioritŽ vers J.-P. Chevnement. Celui-ci lui rŽpondra dans "Le Monde" du 5/02 que L. Jospin n'est pas la victime de l'Žmiettement de la gauche plurielle, mais le responsable essentiel de celle-ci.

Le "choc" du premier tour donnera l'occasion de divers Žcrits ou opuscules comme celui de Franck Pavloff: Matin brun. Edit. Cheyne (2002).

Sur le comportement de L. JOSPIN prŽcŽdant et suivant le 1er tour, des points de vue psychologique et politique, on lira avec intŽrt le livre de G. FRæCHE: Les ŽlŽphants se trompent ŽnormŽment. Edit. Balland (2003).

(12) En ce qui concerne les soutiens et les voix de Besancenot voir l'article de Marie-France EtchegoYEn in "Le Nouvel Observateur" N¡1956 du 2-8/5/2002.

(13) P. Poujade fondateur de l'Union de dŽfense des commerants et artisans (UDCA) qui lors des lŽgislatives de 1956 crŽa la surprise avec l'entrŽe de 41 dŽputŽs ˆ l'AssemblŽe nationale, suite aux invalidations de onze dŽputŽs (sous le slogan "sortez les sortants"), dont un certain Le Pen alors le plus jeune dŽputŽ. BIRENBAUM (op. cit., 1992) dŽmontre les profondes diffŽrences sociologiques et idŽologiques entre le mouvement poujadiste et celui du Front National.

(14) L'abstention a plus fortement diminuŽ en ële-de-France (-12,54%) et ˆ Bordeaux (-11,54%) que partout ailleurs dans la mŽtropole, traduisant bien "l'effet vacances" soulignŽ prŽcŽdemment.

(15) On observe une coupure entre une France du sud et de l'est, o Le Pen obtient de 18 ˆ 29% (43 dŽpartements), et de l'ouest de 9 ˆ 17,88% (44 dŽpartements). Avec plus de 5 millions de voix l'Extrme droite a encore progressŽ et fidŽlisŽ un Žlectorat sur la personnalitŽ de J.-M. Le Pen. Cf. Pascal PERRINEAU: Le sympt™me Le Pen. Edit. Fayard (1997).

Dans le dŽpartement l'analyse des communes est tout ˆ fait Žtonnante: si dans notre canton, Banyuls montre le score le plus faible en faveur de Le Pen, il n'en est pas de mme pour Port-Vendres avec un maire tendance socialiste (29,53%), pour Collioure avec un maire et conseiller gŽnŽral PS (21,68%), et mme ˆ Cerbre avec un maire tendance socialiste (22,95%). Dans le canton de Prats-de Mollo-La-Preste (ancien fief communiste) on note avec surprise le cas de Coustouges (commune la plus au sud de la France avec 124 inscrits) (37,80%), comme dans le canton d'Arles-sur-Tech celui de Corsavy (172 inscrits) avec 28,57%. 

(16) Qu'est-ce que le dŽveloppement durable ? peut-tre l'espoir de perdurer dans un mois !, ou comme elle l'affirmera, trop rapidement pour certains, la dŽfense du nuclŽaire.

(17) Elle est la seconde femme, issue d'une famille algŽrienne aprs Mlle Sid Cara (dŽjˆ sous De Gaulle en 1962 dans le gouvernement de Michel DebrŽ),  ˆ entrer dans un gouvernement. Voir "Le Journal du Dimanche" du 12 mai 2002.

Sur la composition complte du nouveau gouvernement voir "Le Monde" du 9 mai 2002.

Ë propos de la campagne prŽsidentielle on peut se rŽfŽrer ˆ l'ouvrage de Michle Cotta: Carnets secrets de la PrŽsidentielle mars 2001-mai 2002. Edit.  Plon (2002). Les analyses les plus compltes et la plus lucides sur la dŽfaite de L. Jospin sont dues ˆ deux membres Žminents du PS: Jean-Christophe Cambadƒlis (L'Žtrange Žchec. Edit. Les Notes de la Fondation Jean-Jaurs N¡33, novembre 2002 et chez Plon, 2002; ouvrage bien documentŽ mais sans doute par trop rŽducteur concernant les motivations de J. Chirac, encore qu'elles ne semblent pas trs ŽloignŽes de l'opinion de P. SƒGUIN (op. cit., 2003). L'ouvrage de Georges FRæCHE (op. cit., 2003), qui pose clairement la nature social-dŽmocrate et non socialiste du PS. Enfin le livre rŽcent de J.-P. CHEVéNEMENT: DŽfis rŽpublicains. Edit. Fayard (2004).

 

Note complŽmentaire :

A. DUHAMEL (1) fait remarquer que L. JOSPIN est demeurŽ Premier ministre cinq annŽes de suite, soit une lŽgislature complte au pouvoir, ce qui constitue un cas unique de toute l'histoire politique franaise. Candidat menaant  avant la campagne, il n'a pas retrouvŽ la libertŽ de ton qui avait ŽtŽ la sienne lors de l'Žlection prŽsidentielle de 1995 lorsqu'il Žtait arrivŽ en tte au soir du premier tour. Le rŽalisme et l'exigence Žtaient ˆ gauche alors que les promesses Žtaient ˆ droite. Il n'est pas douteux que les positions sociale-dŽmocrates ont facilitŽ les campagnes des deux partis d'extrme gauche. La modification du calendrier Žlectoral (mathŽmatiquement les lŽgislatives auraient du prŽcŽder la prŽsidentielle), logique du point de vue constitutionnel, a fait que les partis se sont trompŽs d'Žlection (et de ce fait les Žlecteurs) et sont peut-tre responsables de la forte abstention.

            La dŽsignation de Jean-Pierre RAFFARIN, inconnu, sinon dans la rŽgion du Poitou-Charentes, et la politique conduite par la suite jusqu'en 2004, fait l'objet de l'ouvrage fort documentŽ de Philippe REINHARD (2). Il est ˆ noter que n'appartenant pas au RPR, il rallie les clubs giscardiens, puis la tendance DŽmocratie libŽrale d'Alain MADELIN, enfin s'associera au grand parti de la droite voulu par CHIRAC et mis en place par A. JUPPƒ.

 

Notes annexes :

(1) Cf. Alain DUHAMEL : Le dŽsarroi franais. Edit. Plon (2003).

(2) Cf. Philippe REINHARD : Aprs Chrac. Le bal des prŽtendants a dŽjˆ commencŽ. Edit. ƒditions GŽnŽrales First (2004).

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