67 - PrŽsidentielles des 21 avril
et 5 mai 2002
Cette Žlection correspond au premier
quinquennat de la Ve RŽpublique,
adoptŽ par rŽfŽrendum le 24 septembre 2000.
Si le calendrier normal avait ŽtŽ
respectŽ ces Žlections auraient dž suivre le renouvellement de l'AssemblŽe
nationale. La majoritŽ plurielle, et plus particulirement le parti socialiste
avec Lionel JOSPIN, impose que l'Žlection prŽsidentielle prŽcde celle des
dŽputŽs; il est suivi par les centristes de F. BAYROU, contrairement ˆ la
position du PrŽsident de la RŽpublique Jacques CHIRAC.
Le r™le du prŽsident de la RŽpublique
Žtant, outre celui de gardien des institutions, de dŽfinir les grandes
orientations politiques de la nation, la position du Premier ministre appara”t plus conforme ˆ la Constitution
de la Ve RŽpublique.
La date choisie pour le premier tour
correspond aux vacances acadŽmiques des rŽgions d'Ile de France (dont Paris) et
de Bordeaux , ce qui laisse prŽvoir un taux d'abstention supŽrieur ˆ la normale
(1).
Dans un contexte de cohabitation qui
dure depuis cinq ans, il est Žvident que le prŽsident de la RŽpublique sortant
sera opposŽ au Premier ministre. Au bilan du second on ne peut opposer que
l'Žchec du commencement du septennat du premier (avec le gouvernement JUPPƒ et
la dissolution manquŽe de 1997), et une cohabitation marquŽe plus par des
escarmouches entre les deux hommes (farines animales lors de la crise des
vaches folles) qu'une rŽelle action du PrŽsident hormis dans le domaine
europŽen (sans grand relief) et international (sans grande efficacitŽ).
Pour les mŽdias, comme pour les
sondages, le second tour se jouera entre les deux "grands candidats",
relŽguant les "petits" ˆ un r™le de figuration.
Jean Pierre CHEVéNEMENT (ancien ministre de l'IntŽrieur de
JOSPIN et dŽmissionnaire en dŽsaccord sur le projet du gouvernement sur le
futur statut de la Corse) se dŽclare t™t en crŽant un "p™le
rŽpublicain" de nature jacobine et prŽtend tre le troisime homme sinon
tre prŽsent au second tour. Il est suivi de peu par Franois BAYROU, prŽsident
de l'UDF (Force DŽmocrate) qui refuse de s'intŽgrer dans un Parti du PrŽsident
sortant (UMP).
La nŽcessitŽ d'obtenir 500 signatures
dans 30 dŽpartements diffŽrents pourrait, en principe, limiter le nombre des
candidatures. Jusqu'au dernier moment LE PEN hurle au complot et prŽtend que
les nombreuses promesses de signatures n'ont pas ŽtŽ tenues du fait de
pressions de l'ƒlysŽe (intoxication et argument pour faire parler de lui, ou
vŽritŽ?). Il est vrai que la candidature du dissident "fŽlon" Bruno
MƒGRET (ex-FN) parti avec de nombreux cadres et Žlus (pour fonder le Mouvement
National RŽpublicain au dŽbut de 1999) peut poser des problmes pour
l'obtention des signatures (2).
Au total, seize candidats seront
finalement retenus, contre 9 en 1995 (3). Cette inflation d'une Žlection
prŽsidentielle ˆ l'autre ne peut qu'entra”ner un Žparpillement des Žlecteurs et
une diminution en pourcentage du score des candidats.
Pour l'extrme droite deux candidats aux
programmes similaires:
1- Jean-Marie LE PEN, prŽsident du Front national, candidat pour la
troisime fois (depuis 1974). Il avait obtenu 15,27% en 1995.
2- Bruno MƒGRET, prŽsident du MNR, qui n'avait obtenu que 3,31% des
suffrages exprimŽs lors des europŽennes du 13 juin 1999, seule base dont on dispose
en ce qui le concerne.
Pour la droite cinq candidats:
3- Christine BOUTIN, dŽputŽ UDF, qui s'est fait remarquer par ses
positions anti-Pacs, anti-euthanasie.
4- Corinne LEPAGE, ancien ministre de l'Environnement dans le
gouvernement JUPPƒ en 1993 (l'une des "jupettes"), avocate, qui s'est
illustrŽe lors des procs concernant la pollution marine due aux pŽtroliers
Amoco-Cadiz et Erika. Ancien membre et candidate de GŽnŽration Žcologie en 1992
et 1993.
5- Alain MADELIN, UDF (DŽmocratie libŽrale), ancien ministre dans les
gouvernements Chirac (1986) et JUPPƒ (1995).
6- Jacques CHIRAC, Žlu PrŽsident en 1995 avec 20,47% au 1er tour et
51,20% au second.
7- Franois BAYROU, dŽputŽ europŽen, PrŽsident de l'UDF
Pour le mouvement (trans-partis) Chasse, Pche,
Nature et Traditions:
8 - Jean SAINT-JOSSE, dŽputŽ europŽen, candidat pour la premire fois,
mais fort de ses rŽsultats aux
Žlections europŽennes de 1999 (6,85 %).
Pour la Gauche non communiste:
9- Jean-Pierre CHEVéNEMENT,
ancien ministre de l'IntŽrieur du gouvernement Jospin, "co-fondateur"
du Parti Socialiste ˆ Epinay, prŽsident du Mouvement des Citoyens.
10- Christiane TAUBIRA, dŽputŽ de la Guyane, candidate du Parti Radical de
Gauche.
11- Lionel JOSPIN, Premier ministre depuis 1997, dŽsignŽ par le Parti
Socialiste, dŽjˆ candidat en 1995 (il avait obtenu 23,21 % au 1er tour et 48,80
% au second face ˆ J. Chirac.
Pour les Ecologistes "Verts"
12- No‘l MAMéRE, qui remplace Dominique Voynet ministre de l'Environnement
du Gouvernement Jospin, candidate en 1995 (3,35%).
Pour le Parti Communiste Franais:
13- Robert HUE, dŽjˆ candidat en 1995 (8,73%), dont le Parti est
reprŽsentŽ dans le gouvernement Jospin depuis 1997 avec plusieurs ministres,
dont les plus marquants sont Jean-Claude GAYSSOT aux Transports et Marie-George
BUFFET ˆ la Jeunesse et aux Sports.
Pour l'Extrme gauche trotskiste:
14- Arlette LAGUILLER, Lutte Ouvrire, a”nŽe de tous les candidats (pour
la quatrime fois depuis 1974). Elle avait obtenu 3,35% en 1995.
15- Olivier BESANCENOT, Ligue Communiste RŽvolutionnaire (Alain Krivine),
le plus jeune des candidats.
16- Daniel GLUCKSTEIN, secrŽtaire national du Parti des Travailleurs.
La
campagne est largement dominŽe par l'insŽcuritŽ (depuis de nombreuses annŽes:
1982) et largement relayŽe, mois aprs mois, par les mŽdias, notamment la
tŽlŽvision. J. CHIRAC utilise et
dŽveloppe ˆ fond ce thme, comme il avait en 1995 insistŽ sur la fracture
sociale.
Le bilan de L. JOSPIN est en
demi-teinte, aussi bien en ce qui concerne le ch™mage qui a certes rŽgressŽ,
mais faiblement malgrŽ une reprise Žconomique mondiale favorable depuis
1997-98, que pour les licenciements Žconomiques dans diverses entreprises
(Michelin, Moulinex, LU) et les dŽnationalisations (4). La loi Aubry sur les 35
heures, imposŽe d'abord dans le secteur privŽ, sans tenir compte suffisamment
de la diversitŽ des entreprises, puis des difficultŽs d'application que cela
occasionne dans certains secteurs comme celui de la SantŽ publique (h™pitaux,
cliniques) ou ˆ la SNCF, ont largement indisposŽ les usagers. A l'Žmission sur
France 2 (10 avril) JOSPIN tente
de faire oublier que son programme
n'Žtait pas socialiste, et que le vote utile ˆ gauche c'est lui.
Les intentions de vote rŽvlent une
certaine dŽsaffection vis-ˆ-vis des deux "grands candidats" du second
tour.
Les attaques des "petits
candidats", tous unis dans leurs critiques des deux grands, irritŽs par
les mŽdias qui n'Žvoquent que les scores probables du second tour entre
JOSPIN-CHIRAC (49-51 ou 51-49 %, voire 50-50) (5).
Les petits candidats insistent sur le
fait que le vote en leur faveur permettra de peser sur les deux grands, qui
devront en tenir compte pour le second tour (puisque l'ordre du 1er sera sans
surprise), d'o la constatation d'une certaine indŽcision du choix de nombre
d'Žlecteurs.
Si les campagnes de R. HUE et de N.
MAMéRE sont exemplaires, cohŽrentes et logiques, celle de C. TAUBIRA est, par
contre, totalement inutile et nŽfaste (6).
CHEVéNEMENT, parti t™t dans la campagne,
semble s'essouffler. Dans son comitŽ un patchwork de personnalitŽs d'horizons
politiques divers (comme un ancien de l'Žquipe PASQUA, mais aussi notre Prix
Nobel Gilles DE GéNES, prŽsident des Amis du Laboratoire Arago). Il recevra le
soutien de Pierre POUJADE, l'homme qui a fait trembler la IVe RŽpublique de 1955 ˆ 1956) (7). Son programme, avec
des accents "gaulliens" au-dessus des Partis, manque de propos plus
concrets et n'est pas de nature ˆ attirer les plus jeunes Žlecteurs, dont on
doute qu'ils puissent tre intŽressŽs par quelque statut de la Corse. Il
dŽnonce la politique du pareil au mme entre CHIRAC et JOSPIN vis-ˆ-vis de
l'application de Maastricht, comme l'ont amplement dŽmontrŽ leur rŽcent accord
ˆ Barcelone (15/3), et sur le pacte de stabilitŽ. D'o l'expression de "Chirospin"
formule assassine s'il en est.
Ces candidatures remettent en cause la
composition de la gauche plurielle et son leader L. JOSPIN.
Que dire de la prŽsence de trois
candidats trotskistes, qui rejettent dans le mme opprobre les deux
cohabitantsÉet R. HUE. Un duel entre l'emblŽmatique A. LAGUILLER et le jeune
BESANCENOT (27 ans). Quant ˆ D. GLUCKSTEIN, sa profession de foi n'encourage
pas ˆ voter pour lui puisqu'il affirme qu'il n'y a rien ˆ attendre de
l'Žlection prŽsidentielle et ne semble participer ˆ cette Žlection que pour
rappeler l'existence de son Parti; il risque de n'obtenir que le score de
Pierre BOUSSEL en 1988 (0,38%).
Le Front national a connu une grave
crise lors de l'Žlection ˆ l'AssemblŽe europŽenne de 1999, o B. MƒGRET a crŽŽ
son propre Parti (Mouvement national rŽpublicain) entra”nant avec lui de
nombreux Žlus et notables tandis que LE PEN conservait la base populaire. Cette
scission a conduit ˆ un certain partage des voix entre les deux leaders (5,74%
pour LE PEN et 3,31 % pour MƒGRET). Soit 9,05% cumulŽ pour l'extrme droite (il
est vrai avec pour cette Žlection un taux d'abstentionnistes record: 52%), mais
15,27% pour LE PEN ˆ la PrŽsidentielle de 1995.
La campagne de LE PEN (comme celle de
son ombre) est rŽduite ˆ la place congrue que leur accordent les mŽdias depuis
de nombreuses annŽes, o le boycottage est de rgle (8). Le mode de scrutin
majoritaire ne permet pas leur reprŽsentation ˆ l'AssemblŽe nationale malgrŽ
des scores compris entre 12 et 15%.
Les thŽmatiques insŽcuritŽ-immigration,
anti-Maastricht et prŽfŽrence nationale constituent le discours essentiel. Aux
propos froids et sans Žcart de langage du polytechnicien MƒGRET s'opposent ceux
du vieux tribun LE PEN, rodŽ aux joutes oratoires et aux phrases provocatrices
(dont il n'abuse plus) (9). Il se dit "socialement de gauche,
Žconomiquement de droite et nationalement de France" (10).
CHIRAC-JOSPIN ou la rŽplique du
"blanc bonnet et bonnet blanc", comme le dŽmontrent les conclusions
des chefs d'ƒtat ˆ la ConfŽrence de Barcelone ˆ la mi-mars.
Pour MƒGRET des accords ultŽrieurs avec
la droite sont envisageables, alors qu'ils sont impossibles avec LE PEN (d'o
l'Žchec de la droite lors des Žlections lŽgislatives de 1997).
L'absence de Charles PASQUA, comme de
Philippe DE VILLIERS (prs de 5% en 1995), contrairement ˆ C. BOUTIN qui psera
peu, ne peut que profiter ˆ LE PEN.
Compte tenu de la diversitŽ des
candidatures, et de l'absentŽisme qui sera le plus ŽlevŽ dans ce type
d'Žlection (vacances scolaires pour l'ële-de-France et l'Aquitaine),
certainement supŽrieur ˆ 22%, on peut sur la base de 1995 envisager l'ordre de
classement suivant: 1 er CHIRAC (19 ± 2%), 2 me JOSPIN (17 ± 2%), suivi de
prs par LE PEN (selon le score de MƒGRET) (15 ± 2%), un groupe de candidats ˆ
5 ± 2% (CHEVéNEMENT , BAYROU, LAGUILLER, HUE, SAINT-JOSSE, MAMéRE), un groupe ˆ
2 ± 1% (MƒGRET, BESANCENOT, TAUBIRA, LEPAGE, BOUTIN) et ˆ moins de 1% GLUCKSTEIN.
On observe que l'ordre de classement
dŽpend pour JOSPIN de la perte occasionnŽe par le cumul (CHEVéNEMENT+TAUBIRA),
et pour LE PEN de la perte des voix que lui prendra MƒGRET. Si ˆ Banyuls le
tiercŽ dans l'ordre est aisŽ ˆ dŽterminer, sur le plan national il s'avre
beaucoup plus dŽlicat compte tenu du calcul des Žcarts types.
RŽsultats (1er tour):
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Banyuls |
4 me Circonscr. |
DŽpartement |
MŽtropole |
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Inscrits |
3799 |
|
285973 |
39350086 |
|
Abst. |
1000 (26,32%) |
|
27,13% |
27,01% |
|
Votants |
2799 (73,68%) |
|
72,87% |
72,99% |
|
Blancs/Nuls |
90 ( 3,22%) |
|
3,34% |
3,38% |
|
S. Expr. |
2709
(71,31%) |
|
70,44% |
70,52% |
|
|
|
|
|
|
|
LE PEN |
418 (15,43%) |
19,51% |
20,92% |
17,19% |
|
MƒGRET |
55
( 2,03%) |
2,45% |
2,41% |
2,38% |
|
BOUTIN |
38 ( 1,40%) |
0,67% |
0,73% |
1,2 |
|
MADELIN |
99 ( 3,65%) |
3,27% |
3,17% |
3,96% |
|
CHIRAC |
490 (18,09%) |
15,63% |
16,96% |
19,41% |
|
LEPAGE |
36
( 1,33%) |
1,33% |
1,31% |
1,90% |
|
BAYROU |
176 (
6,50%) |
5,83% |
6,13% |
6,94% |
|
SAINT-JOSSE |
156 ( 5,76%) |
6,34% |
5,83% |
4,32% |
|
CHEVéNEMENT |
160 ( 5,91%) |
5,35% |
5,16% |
5,39% |
|
JOSPIN |
497 (18,35%) |
17,84% |
16,64% |
15,85% |
|
TAUBIRA |
52
( 1,92%) |
1,69% |
1,59% |
2,08% |
|
MAMéRE |
131 (
4,84%) |
4,68% |
4,39% |
5,31% |
|
HUE |
112 (
4,13%) |
4,91% |
4,82% |
3,44% |
|
LAGUILLER |
140 (
5,17%) |
5,72% |
5,25% |
5,82% |
|
BESANCENOT |
135 (
4,98%) |
4,35% |
4,27% |
4,32% |
|
GLUCKSTEIN |
14
( 0,52%) |
0,43% |
0,42% |
0,47% |
Remarques:
Le nombre des inscrits a diminuŽ ˆ
Banyuls de -121/ 1995, non du fait d'une diminution de la population de la
commune, mais d'un contr™le plus strict des listes Žlectorales.
Les abstentions se sont accrues de
+5,5%/ 1995, bien que cette zone acadŽmique ne soit pas en vacances scolaires
comme pour les zones A et C. Celles-ci sont cependant moins ŽlevŽes que pour la
mŽtropole (+6,42%). C'est le plus fort taux pour une Žlection prŽsidentielle
depuis l'existence de ce mode d'Žlection (1965).
Les votes blancs et nuls sont Žgalement
en augmentation (+1,32%/ 1995) ˆ Banyuls, et de +0,59% / 1995 en mŽtropole. La
diversitŽ des candidats n'a pas diminuŽ le nombre des hŽsitants.
Jospin arrive de peu en tte ˆ Banyuls, mais perd 285 voix/
1995 (-7,33 %/ 1995). Mme avec les voix cumulŽes (Chevénement+Taubira) il lui manque 71 voix/ 1995 (peut-tre
reportŽes sur Saint-Josse, Besancenot,
Laguiller). Dans le dŽpartement, il perd - 6,40 % / 1995 et -7,36%/ 1995
en mŽtropole. Ë l'Žchelon national, le cumul (Jospin+
Chevnement+Taubira) montre qu'il retrouve son score de 1995. La
prŽsence de ces candidats, entre autres considŽrations largement ŽvoquŽes dans
la presse, lui aura ŽtŽ fatal pour arriver en seconde position. Mais c'est ˆ
coup sžr la prŽsence de la candidate du Parti Radical de gauche, injustifiable,
qui le place derrire Le Pen. Il annonce publiquement assumer la responsabilitŽ de
cet Žchec et se retirer de la vie politique. S'ensuivra un silence
"pesant" pour certains (11).
Chirac talonne de peu Jospin
ˆ Banyuls, mais est en recul par rapport ˆ 1995 de -238 voix (-5,82%/ 95), loin
de rŽcupŽrer les voix qui s'Žtaient portŽes sur Balladur en 1995 (qui comportaient, outre des voix RPR, les
voix UDF). Pour la mŽtropole, son score est proche de celui de 1995 (-1,06%).
Il arrive cependant en tte, mais peu glorieusement.
Ces rŽsultats correspondent ˆ un vote
sanction des deux ttes de l'ƒtat, la cohabitation Žtant sans doute contestŽe,
ou du moins ayant brouillŽ les cartes. Mais le dŽsaveu est plus fort pour
CHIRAC auquel ses opposants les plus proches politiquement Žtaient de plus
"faible poids" que dans le cas de JOSPIN.
Le Pen retrouve son score ˆ Banyuls (+12 voix ou + 2,1%/
1995), son concurrent direct B. MŽgret
ne lui prend que 11,6% des voix cumulŽes. Sa progression dans le dŽpartement
est du mme ordre (+1,47 %/ 95). En mŽtropole, il en est de mme avec +1,92%/
95. Mƒgret fait un score trs
faible ne prenant que 12 % de voix (aprs cumul) ˆ Le Pen. Dans l'hypothse d'un mauvais rŽsultat de MƒgreT, le risque Žtait rŽel de voir Le Pen devancer Jospin. La surprise est donc ˆ relativiser, d'autant que les
divers sondages ne donnaient que 2% ˆ MŽgret.
Pour la seconde fois lors d'une Žlection
prŽsidentielle la gauche ne sera pas reprŽsentŽe au second tour. Mais alors
qu'en 1969 un "gaulliste" Georges Pompidou
Žtait opposŽ au centriste (dŽmocrate-chrŽtien) Alain Poher, le cas de figure inŽdit dans ce cas opposera un
"pompidolien" ˆ l'extrme droite.
Autre victime, le PCF avec R. Hue qui rŽgresse ˆ Banyuls de -175 voix
(- 5,3%/ 1995) perdant des Žlecteurs sans doute au profit de Besancenot (LCR). Le recul est plus
important dans le dŽpartement (-5,82%/ 95) et en mŽtropole (- 5,29%/ 95), lˆ
encore au bŽnŽfice de Besancenot
(mieux intŽgrŽ dans les actions collectives contre la mondialisation et plus
mobilisateur des jeunes) dont le score dŽpasse celui du PCF! La campagne bien
argumentŽe de R. Hue pour la
justification du vote en faveur du PCF n'a manifestement pas convaincu, et
sanctionne sa participation et son soutien ˆ l'action de la majoritŽ plurielle.
Les Žcologistes "Verts"
progressent peu ˆ Banyuls (+ 48 voix/ 95 ou + 2,11%/ 95). Dans le dŽpartement,
la progression est tout aussi faible (+ 1,68%) et + 1,96 %/ 95 pour la
mŽtropole. Au niveau national, l'ensemble des Žcologistes (prs de 2 millions
des S.E.) retrouvent leur score le plus ŽlevŽ (EuropŽennes de 1989, RŽgionales
de 1992), mais consacre aussi leur coupure gauche-droite. Le bŽnŽfice Žtant en
faveur des Verts dans un rapport de 1 ˆ 3. Les avantages obtenus du fait de
leur participation au gouvernement de L. JOSPIN n'ont pas correspondu ˆ leurs
espŽrances (pas de ministres supplŽmentaires en 1999 malgrŽ le bon score
rŽalisŽ, pas d'introduction d'une dose de proportionnelle pour les futures
lŽgislatives, moratoire pour les autoroutes, sur l'utilisation des organismes
gŽnŽtiquement modifiŽs concernant le ma•s et le colza, etcÉ). Ces donnŽes
expliquent aussi une certaine perte de voix du candidat JOSPIN qui n'a pas pris
suffisamment en compte l'Žlectorat "Žcologiste".
Si la gauche plurielle subit un Žchec dž
surtout ˆ l'effondrement du PCF, les "Verts" se tirent un peu mieux
de leur participation au gouvernement.
Arlette Laguiller recule ˆ Banyuls de 19 voix (- 0,05%/ 95), sans
doute au bŽnŽfice de Besancenot.
Au plan national, son progrs est trs faible (+ 0,45%)
La LCR, avec Besancenot, fait une percŽe d'autant plus remarquŽe qu'elle
Žtait absente des prŽcŽdentes Žlections ˆ l'exception de 1969 et 1974 o Alain Krivine
n'avait obtenu que 1,10% et 0,37% en MŽtropole (12).
Gluckstein retrouve ˆ Banyuls les voix obtenues lors des
Žlections europŽennes de 1994 (ˆ +2 voix prs) soit 14 fidles du Parti des
Travailleurs.
Chevnement n'arrive qu'en sixime position, et n'est pas
"le troisime homme" qu'il pensait tre (donc incontournable pour le
second tour). Si son Mouvement des Citoyens (Georges Sarre et Max Gallo),
devenu "p™le rŽpublicain" avec l'apport de gaullistes est en progrs
par rapport aux EuropŽennes de 1994 (+ 2,85%), le message de sa campagne trop
flou ne lui a pas permis toutefois de s'imposer comme l'arbitre entre Jospin et Chirac. Si son score ˆ Banyuls est lŽgrement supŽrieur ˆ
ceux de la circonscription, du dŽpartement et de la mŽtropole, il ne retrouve
pas celui de son reprŽsentant lors des cantonales de 1998 (- 20 voix). Que dire
de Mme Taubira (mre Gribouille):
vouloir affirmer l'existence d'un "mini" parti lors d'une Žlection
prŽsidentielle, ou vouloir peser dans des nŽgociations pour un second tour, ne
semble pas trs raisonnable. Il appartenait toutefois au leader du PS de les
rassembler, et c'est lˆ sans aucun doute sa grande erreur. Ë moins que certains
machiavels du PS aient cru judicieux de "fixer" les voix des DOM-TOM
en faveur de JOSPIN pour le second tour (?).
Les mmes remarques peuvent Žgalement
s'adresser aux autres candidats de droite qui confondent lŽgislatives et
prŽsidentielles. L'Žparpillement des voix et les abstentionnistes ont conduit ˆ
un rŽsultat somme toute logique, mais qui fausse le deuxime tour, remettant en
cause la fonction du futur PrŽsident de la RŽpublique telle qu'elle Žtait conu
par la constitution de la Ve
RŽpublique. Du fait de ce rŽsultat, le choix entre leaders des grandes
orientations politiques de droite libŽrale et de gauche sociale-dŽmocrate n'aura pas lieu.
Ë mauvaise fortune (Žlectorale) bon
cÏur, la plupart des battus de la LCR au PCF en passant par Saint-Josse
et Chevénement, tous appellent ˆ
voter pour J. Chirac, afin de faire barrage ˆ Le
Pen, sans parler du monde du spectacle (Johnny Halliday) ou du sport (Zidane),
ou de personnalitŽs comme l'abbŽ Pierre,
JosŽ BOVƒ (l'homme du Larzac),
mme Pierre Poujade qui
fut ˆ l'origine de l' Žlection de Le PEN en 1956 (13). Et pourtant les
critiques fort justifiŽes concernant Chirac
ne manquent pas dans la presse. Seul B. MŽgret
soutient le candidat du FN, tandis
qu'A. Laguiller pr™ne le vote
blanc ou nul.
Dans sa dŽclaration publique, L. Jospin annonce son retrait dŽfinitif de
la vie politique, il faudra attendre huit jours pour qu'il appelle ˆ faire barrage contre l'extrme droite
(sans plus ample prŽcision). Quant ˆ ValŽry Giscard
d'Estaing, il dŽclare ne rien vouloir dire sous le fallacieux prŽtexte
de sa prŽsidence ˆ la Convention europŽenne pour la prŽparation d'une
constitution europŽenne! (rancune quand tu nous tiens); interrogŽ ˆ la
tŽlŽvision (FR2) le vendredi 3 mai, il se dŽcidera, quand mme, ˆ dire qu'il
vote pour Chirac.
Pour beaucoup, le deuxime tour
constituera plus un rŽfŽrendum anti-Le
Pen qu'un vote d'adhŽsion ˆ Chirac,
ainsi les pourcentages respectifs entre les deux candidats deviennent le test
politique majeur puisque la rŽŽlection de Chirac
ne fait aucun doute.
Le but de le Pen est d'atteindre 30% ou plus afin de peser lors des
Žlections lŽgislatives qui suivront, et d'obtenir lors de triangulaires au
moins 30 dŽputŽs afin de pouvoir constituer un groupe parlementaire.
Des manifestations
"spontanŽes" de lycŽens et de jeunes ont lieu dans de nombreuses
localitŽs appelant ˆ faire barrage au FN. La surprise et la consternation sont
totales chez les leaders du PS qui, contrairement ˆ Bernadette Chirac, n'avaient jamais envisagŽ cette
issue, et pour la plupart appellent ˆ voterÉ Chirac. On est frappŽ par le peu
de reprŽsentants de la droite chiraquienne dans ces Žlans d'enthousiasme
"rŽpublicain".
On craint les manifestations du 1er mai
qui verront le double dŽfilŽ ˆ Paris de Le
Pen le matin ˆ la statue de Jeanne d'Arc et l'aprs-midi celui des
syndicats et de la gauche en gŽnŽral de la Bastille ˆ la RŽpublique. Tout se
dŽroulera heureusement sans incidents.
Chirac rejette toutefois toute idŽe de Front rŽpublicain,
rŽaffirmant un peu mŽcaniquement son programme (de droite); quant ˆ Le Pen, ses discours peu provocateurs
et argumentŽs au mieux (qu'il lui soit possible) devant les journalistes, sont
mieux combattus par l'ensemble de la presse. A une certaine mollesse du premier correspond une rŽelle
flamme patriotique du second. Mais plus grave est le meeting ˆ Lyon de Chirac, entourŽ des prŽsidents de
rŽgion Žlus gr‰ce ˆ l'appui des Žlus du FN lors des Žlections rŽgionales de
mars 1998 (Charles Millon:
Rh™ne-Alpes, Jean-Pierre Soisson:
Bourgogne, Jacques Blanc:
Languedoc-Roussillon). Comment l'Žlectorat rŽagira-t-il en dŽfinitive (choix
cornŽlien entre la raison et la passion, ou plut™t comme dans la plupart des
Žlections un vote d'Žlimination plus que d'adhŽsion)
L'Žlection de Chirac Žtant acquise, il est probable que le nombre des
bulletins blancs et nuls sera en
forte augmentation (la pilule, doux euphŽmisme devant la couleuvre
chiraquienne dure ˆ avaler pour beaucoup), tandis que les abstentions
diminueront ˆ peu prs dans la mme proportion.
La campagne du second tour se borne ˆ
faire barrage ˆ Le Pen et ˆ
sauver É la RŽpublique (rien que cela !); comme l'a si bien chantŽ Georges Brassens: "Tous derrire et lui
(Chirac) devant".
RŽsultats (2 me tour):
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Banyuls |
DŽpartement |
MŽtropole |
Inscrits: |
3799 |
297853 |
39428433 |
Abst.: |
648 (17,06%) |
19,34% |
19,06% |
Votants: |
3151 (82,94%) |
240250 |
80,94% |
Blc & Nuls: |
228 ( 7,24%) |
6,97% |
5,41% |
S. Expr.: |
2923 (76,94%) |
223516 (75,04%) |
30189263 (77,03%) |
|
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|
|
Chirac: |
2361 (80,77 %) |
167163 (74,79 %) |
24742278 (81,96%) |
Le Pen: |
562 (19,23 %) |
56353 (25,21 %) |
5446985 (18,04%) |
Remarques:
Ë Banyuls, le nombre des abstentions a
rŽgressŽ de - 9,26%, mais est encore supŽrieur ˆ celui de 1995 (+ 0,24%). Elles
sont pratiquement Žquivalentes pour le dŽpartement, comme pour la mŽtropole ˆ
ce qu'elles furent en 1995 (14). Notons qu'ˆ Banyuls la participation ˆ midi
Žtait de 46,56% et ˆ 16 h de 73,12%.
Les bulletins blancs et nuls sont en
augmentation aussi bien ˆ Banyuls (+4,02 %) que pour le dŽpartement (+ 3,63) et
moindre pour la mŽtropole (+ 2,03%).
Chirac accro”t de +1871 voix son score du 1er tour ˆ
Banyuls (+62,68%), de +57,83% pour le dŽpartement, et de +62,55% pour la
mŽtropole. Si on cumule les voix dont les candidats avaient appelŽ ˆ voter sur
son nom (sinon pour lui) on obtient 1592 voix, d'o un apport de 279 voix. Or
l'accroissement des suffrages exprimŽs au second tour n'est que de 214. Une
analyse des mouvements des Žlecteurs d'un tour ˆ l'autre est ˆ prendre en
compte comme d'habitude ˆ partir des cahiers d'Žmargements.
Ë Banyuls le nombre des non-votants aux
deux tours est de 505 (soit 13,29% des inscrits), ceux qui n'ont votŽ qu'au 1er
tour de 126 (3,32%), ceux qui n'ont votŽ qu'au 2 me tour 478 (12,58%), et ceux
qui ont votŽ aux deux tours 2673 (70,36%)
Le Pen accro”t de +144 voix son score du 1er tour (ou
+3,8%). En tenant compte des voix de MŽgreT
(cumul: 473 ou 17,46%), il augmente de 89 ses voix au second tour
(+1,77%). Dans le dŽpartement, son
accroissement aprs cumul est de + 1,88%, mais rŽgresse pour la mŽtropole
(-1,53%) (15).
Au total, Chirac recueille prs de 25 millions de suffrages contre 5,5
pour Le Pen. Il est ainsi le
mieux Žlu de tous les PrŽsidents de la Ve
RŽpublique avec le score le plus faible au 1er tour. RŽsultat tout ˆ fait
paradoxal dž ˆ la configuration inŽdite de ce second tour. On ne peut que
constater la discipline remarquable ˆ gauche et sans doute de la LCR afin d'assurer le score de 82% de
Chirac, lequel, n'ayant pas sollicitŽ leur vote ne se trouve aucunement engagŽ
par leur renfort.
Ds le lundi 7 mai, aprs la remise de
la dŽmission de Lionel Jospin au
nouveau prŽsident de la RŽpublique, Jean-Pierre Raffarin, prŽsident de la rŽgion Poitou-Charentes, sŽnateur
(UDF-DL) est dŽsignŽ comme Premier ministre et constitue le nouveau
gouvernement. Ce gouvernement de "mission" dispose d'un laps de temps
bien court avant les Žlections lŽgislatives pour mettre en Ïuvre les options du
PrŽsident. Plusieurs curiositŽs ˆ souligner: un ministre des Finances Francis Mer (sans Žtiquette, venant du secteur
privŽ); la premire femme ministre de la DŽfense: Michle Alliot-Marie!; un philosophe ˆ la
Jeunesse, l'ƒducation Nationale et la Recherche: Luc Ferry (un nom prŽdestinŽ), un personnage haut en couleur ˆ
l'ƒcologie et le dŽveloppement durable (16): Mme Roselyne Bachelot-Narquin (un des rares rares
dŽfenseurs du Pacs au sein de la droite), et comme secrŽtaire d'Etat Mme Tokia Sa•fi (d'origine familiale marocaine) au
DŽveloppement durable (17).
Notes annexes:
(1) L'examen du pourcentage des
votants pour les acadŽmies de Bordeaux et d'ële-de-France (zones de vacances
scolaires) comparŽ ˆ l'ensemble de la mŽtropole montre que l'Žcart au 1er tour
est de -2,71 contre + 0,52 au 2
me tour. L'effet "vacances" faute de procurations de la part de
beaucoup (liŽ au fait que la prŽsence au
second tour devait nŽcessairement
opposer CHIRAC ˆ JOSPIN) porte sur au moins 2 % des inscrits des deux rŽgions
prŽcitŽes
(2) Le Pen n'avait pu tre candidat ˆ la PrŽsidentielle de 1981,
faute en nombre suffisant nombre de signatures. Charles Pasqua, candidat, qui fera campagne avant l'ouverture
officielle, ne dŽposera pas le nombre nŽcessaire (ou ne le voudra pas aprs
avoir pris connaissance des sondages qui le donnent ˆ moins de 2%, ou pour ne
pas gner CHIRAC ?)
(3) Seuls peuvent adresser leur
signature au candidat les maires, les conseillers rŽgionaux et les dŽputŽs et
sŽnateurs.
(4) Voir "Le Monde" du 23/9/1999 et "L'Express"
du 27/9/2001.
(5) Voir Intentions de vote (BVA) in "Paris Match" N¡ 2761 du
25/04/2002 et l'analyse des sondages (CSA) in "Le Monde" du 26/04/2002.
Il est ˆ noter que contrairement aux
critiques qui sont faites aux sondages, ce sont moins les donnŽes qui sont en
cause que leur mode d'expression qui n'exprime pas l'intervalle de confiance
(Žcart-type).
(6) Quelle justification pour les
maires de lui avoir accordŽ leur signature ?
A ce propos un maire Žlu "sans
Žtiquette" n'a pas reu mandat pour accorder une signature ˆ qui que ce
soit. Notamment ˆ Banyuls en faveur de Mme Taubira
! ("L'IndŽpendant du 13/4/2002). Il est vrai que certains Žlus du PS ont
signŽ pour BESANCENOT sur les directives des instances nationales croyant ainsi affaiblir A. LAGUILLER
[une rŽussite pour ces apprentis sorciers! N. de l'a.]
On remarquera que 194 558 voix
seulement sŽparent LE PEN de JOSPIN, alors que Mme TAUBIRA "glera"
660 576 voix inutilement sur son nom (dont on peut supposer qu'une grande
partie se serait portŽe sur JOSPIN qui comprenait des ministres MRG dans son
gouvernement). Chevnement totalise 1 518 901 voix, il sera, curieusement, le
plus critiquŽ par le PS.
(7) Sur un bref rŽsumŽ de la
carrire politique de P. POUJADE cf. "Le Monde" du 29/8/2003.
(8) Aucune rŽfŽrence ˆ des journaux
de cette mouvance lors de la revue de presse du matin ˆ France-inter ˆ 8 h 30.
(9) Le "dŽtail de
l'histoire" ˆ propos de la disparition de cinq millions d'hommes et de
femmes plus ou moins de confession juive par les nazis, ou encore son cŽlbre
"mot d'esprit" concernant le ministre Durafour É crŽmatoire!
(10) Expression empruntŽe ˆ A. Hitler, le 29 novembre 1932 au discours
de cl™ture du congrs annuel du NSDAP (Parti Nazi), É "chassez le naturel
il revient au galop" disent certains. L'origine de cette dŽclaration
semble contestŽe, elle para”t pourtant facile ˆ vŽrifier (N. de l'a.), intoxication ou non ?. Il
convient de souligner que les informations glanŽes sur des sites internet
peuvent tre plus que douteuses, parfois malintentionnŽes comme le souligne J. Attali (in "Les Juifs, le monde et
l'argent", p.567, Edit. Fayard, 2002)
(11) Voir l'article de Denis Jeambar "L'Express" N¡2651 du
25/4 au 1/5/2002. Silence qui ne sera rompu qu'en 2003 par un article publiŽ
dans "Le Monde" (1/02) dans lequel Jospin donne son interprŽtation fort valable
de l'absence de tout candidat de gauche au second tour. Les ressentiments et ceux du PS iront en prioritŽ vers
J.-P. Chevnement. Celui-ci lui
rŽpondra dans "Le Monde" du 5/02 que L. Jospin n'est pas la victime de l'Žmiettement de la gauche
plurielle, mais le responsable essentiel de celle-ci.
Le "choc" du premier tour
donnera l'occasion de divers Žcrits ou opuscules comme celui de Franck Pavloff: Matin brun. Edit. Cheyne
(2002).
Sur le comportement de L. JOSPIN
prŽcŽdant et suivant le 1er tour, des points de vue psychologique et politique,
on lira avec intŽrt le livre de G. FRæCHE: Les ŽlŽphants se trompent
ŽnormŽment. Edit. Balland (2003).
(12) En ce qui concerne les soutiens
et les voix de Besancenot voir
l'article de Marie-France EtchegoYEn
in "Le
Nouvel Observateur" N¡1956 du 2-8/5/2002.
(13) P. Poujade fondateur de l'Union de dŽfense des commerants et
artisans (UDCA) qui lors des lŽgislatives de 1956 crŽa la surprise avec
l'entrŽe de 41 dŽputŽs ˆ l'AssemblŽe nationale, suite aux invalidations de onze
dŽputŽs (sous le slogan "sortez les sortants"), dont un certain Le Pen alors le plus jeune dŽputŽ.
BIRENBAUM (op. cit.,
1992) dŽmontre les profondes diffŽrences sociologiques et idŽologiques entre le
mouvement poujadiste et celui du Front National.
(14) L'abstention a plus fortement
diminuŽ en ële-de-France (-12,54%) et ˆ Bordeaux (-11,54%) que partout ailleurs
dans la mŽtropole, traduisant bien "l'effet vacances" soulignŽ
prŽcŽdemment.
(15) On observe une coupure entre
une France du sud et de l'est, o Le Pen
obtient de 18 ˆ 29% (43 dŽpartements), et de l'ouest de 9 ˆ 17,88% (44
dŽpartements). Avec plus de 5 millions de voix l'Extrme droite a encore
progressŽ et fidŽlisŽ un Žlectorat sur la personnalitŽ de J.-M. Le Pen. Cf.
Pascal PERRINEAU: Le sympt™me Le Pen. Edit. Fayard (1997).
Dans le dŽpartement l'analyse des
communes est tout ˆ fait Žtonnante: si dans notre canton, Banyuls montre le
score le plus faible en faveur de Le Pen,
il n'en est pas de mme pour Port-Vendres avec un maire tendance socialiste
(29,53%), pour Collioure avec un maire et conseiller gŽnŽral PS (21,68%), et
mme ˆ Cerbre avec un maire tendance socialiste (22,95%). Dans le canton de
Prats-de Mollo-La-Preste (ancien fief communiste) on note avec surprise le cas
de Coustouges (commune la plus au sud de la France avec 124 inscrits) (37,80%),
comme dans le canton d'Arles-sur-Tech celui de Corsavy (172 inscrits) avec
28,57%.
(16) Qu'est-ce que le dŽveloppement
durable ? peut-tre l'espoir de perdurer dans un mois !, ou comme elle
l'affirmera, trop rapidement pour certains, la dŽfense du nuclŽaire.
(17) Elle est la seconde femme,
issue d'une famille algŽrienne aprs Mlle Sid Cara
(dŽjˆ sous De Gaulle en 1962 dans
le gouvernement de Michel DebrŽ), ˆ entrer dans un gouvernement. Voir
"Le Journal du Dimanche" du 12 mai 2002.
Sur la composition
complte du nouveau gouvernement voir "Le Monde" du 9 mai 2002.
Ë propos de la
campagne prŽsidentielle on peut se rŽfŽrer ˆ l'ouvrage de Michle Cotta: Carnets secrets de la
PrŽsidentielle mars 2001-mai 2002. Edit.
Plon (2002). Les analyses les plus compltes et la plus lucides sur la
dŽfaite de L. Jospin sont dues ˆ
deux membres Žminents du PS: Jean-Christophe Cambadƒlis
(L'Žtrange Žchec. Edit. Les Notes de la Fondation Jean-Jaurs N¡33, novembre
2002 et chez Plon, 2002; ouvrage bien documentŽ mais sans doute par trop
rŽducteur concernant les motivations de J. Chirac,
encore qu'elles ne semblent pas trs ŽloignŽes de l'opinion de P. SƒGUIN (op.
cit., 2003). L'ouvrage de Georges FRæCHE (op. cit., 2003), qui pose clairement la
nature social-dŽmocrate et non socialiste du PS. Enfin le livre
rŽcent de J.-P. CHEVéNEMENT: DŽfis rŽpublicains. Edit. Fayard
(2004).
Note complŽmentaire :
A. DUHAMEL (1) fait remarquer que L.
JOSPIN est demeurŽ Premier ministre cinq annŽes de suite, soit une lŽgislature
complte au pouvoir, ce qui constitue un cas unique de toute l'histoire
politique franaise. Candidat menaant
avant la campagne, il n'a pas retrouvŽ la libertŽ de ton qui avait ŽtŽ
la sienne lors de l'Žlection prŽsidentielle de 1995 lorsqu'il Žtait arrivŽ en
tte au soir du premier tour. Le rŽalisme et l'exigence Žtaient ˆ gauche alors
que les promesses Žtaient ˆ droite. Il n'est pas douteux que les positions sociale-dŽmocrates
ont facilitŽ les campagnes des deux partis d'extrme gauche. La modification du
calendrier Žlectoral (mathŽmatiquement les lŽgislatives auraient du prŽcŽder la
prŽsidentielle), logique du point de vue constitutionnel, a fait que les partis
se sont trompŽs d'Žlection (et de ce fait les Žlecteurs) et sont peut-tre
responsables de la forte abstention.
La dŽsignation de Jean-Pierre RAFFARIN, inconnu, sinon dans la rŽgion du Poitou-Charentes, et la politique conduite par la suite jusqu'en 2004, fait l'objet de l'ouvrage fort documentŽ de Philippe REINHARD (2). Il est ˆ noter que n'appartenant pas au RPR, il rallie les clubs giscardiens, puis la tendance DŽmocratie libŽrale d'Alain MADELIN, enfin s'associera au grand parti de la droite voulu par CHIRAC et mis en place par A. JUPPƒ.
Notes annexes :
(1) Cf. Alain DUHAMEL : Le
dŽsarroi franais. Edit. Plon (2003).
(2) Cf. Philippe REINHARD : Aprs Chrac. Le bal des prŽtendants a dŽjˆ commencŽ. Edit. ƒditions GŽnŽrales First (2004).