68 - LŽgislatives des 9 et 16 juin 2002

 

 

Ces Žlections suivent de peu l'Žlection prŽsidentielle  qui a vu la rŽŽlection de Jacques Chirac dans des circonstances tout ˆ fait exceptionnelles. La majoritŽ plurielle (PS, MRG, MDC, PCF et Verts) n'existe plus depuis l'Žchec de L. Jospin (au pouvoir depuis cinq ans), ŽliminŽ au second tour de l'Žlection prŽsidentielle par le reprŽsentant du Front National Jean-Marie Le Pen arrivŽ en seconde position.

Le retrait de Jospin de toute activitŽ politique, comme son silence, laisse le Parti Socialiste dans une situation trs difficile.

J. Chirac, avec l'appui de l'ancien Premier ministre A. Juppƒ avait organisŽ, peu de temps avant l'Žlection prŽsidentielle, une union de la majoritŽ prŽsidentielle (UMP), regroupant le RPR et une grande partie de l'UDF (centristes avec le maire de Toulouse P. Douste-Blazy et de DŽmocratie LibŽrale avec madelin et Raffarin. Seul F. Bayrou s'oppose ˆ la fusion de l'UDF (ou ce qu'il en reste) dans ce nouveau  mouvement UMP qui doit constituer un groupe unique au Parlement. Union largement souhaitŽe par les Žlecteurs de droite qui ont quelques mauvais souvenirs des conflits (quasi ˆ couteaux tirŽs) entre ses leaders.

La campagne se dŽroule d'une faon atone et polarisŽe sur le problme de la cohabitation, facteur de conflits entre les deux ttes de l'exŽcutif, ou de consensus.

Curieusement favorable ˆ l'origine ˆ cette notion plŽbiscitŽe par les Franais (donnŽe des sondages d'opinion), dŽfendue par ƒ. Balladur qui prŽtend ne pas avoir eu ˆ en souffrir comme Premier ministre sous F. Mitterrand, le conseiller politique et chef du cabinet de Jospin affirme dans un livre, paru avant les PrŽsidentielles, sa nocivitŽ (1).

Si Chirac rejette toute idŽe de cohabitation au nom du principe de cohŽrence et d'efficacitŽ, le Parti Socialiste tente de dŽmontrer le danger d'une concentration de tous les pouvoirs entre les mmes mains (PrŽsidence de la RŽpublique, SŽnat, AssemblŽe nationale et RŽgions, sans parler des nominations ˆ certains emplois de la haute administration).

Les premires semaines d'activitŽ du nouveau gouvernement de J.-P. Raffarin et la mŽdiatisation de l'action entreprise par le nouveau ministre de l'IntŽrieur (N. Sarkozy) confrent une impression favorable (traduite dans les sondages), malgrŽ des propos peu clairs concernant l'augmentation du SMIG au 1er juillet et parfois contradictoires (sŽcuritŽ sociale). La fin de la grve des mŽdecins gŽnŽralistes (2) aprs concertation confirme la volontŽ d'action effective du gouvernement.

Lors des dŽbats tŽlŽvisŽs, les porte-parole de l'UMP affirment que les promesses de Chirac seront strictement tenues. Comment, par exemple, la baisse de la TVA ˆ 5,5 % dans la restauration pourra-t-elle tre appliquŽe, puisqu'elle dŽpend d'une dŽcision europŽenne? De mme que l'Žquilibre budgŽtaire imposŽ dans le cadre europŽen?, par des Žconomies rŽpond-on, mais lesquelles, on ne le prŽcise pas trop.

Quant au Parti Socialiste, abandonnŽ par son leader en rase campagne, avec des militants K.O. et sans illusions sur l'issue de la consultation, malgrŽ les efforts de F. HOLLANDE (Premier secrŽtaire), leur campagne atteint le "degrŽ zŽro de la politique", comme l'exprimera G. FRæCHE dans son analyse fort pertinente des ŽvŽnements de l'annŽe (3).

Gr‰ce au financement des partis politiques (4) il n'est pas Žtonnant de voir une forte inflation des candidats, soit 8846 candidats pour 577 siges.

Absence de dŽbats publics entre les chefs de parti et le Premier ministre ou des reprŽsentants de la nouvelle formation prŽsidentielle.

Comme la campagne Žlectorale se rŽduit ˆ des temps d'antenne minutŽs, et sans passion ˆ la radio et ˆ la tŽlŽvision (du moins pour ceux qui ne disposent que des cinq cha”nes), le futur Žlecteur ne peut que zapper des exposŽs aussi peu stimulants. 

Notre circonscription ne fait pas exception ˆ ce phŽnomne avec É 16 candidats.

Commenons par les " formations classiques":

 

1- Henri Sicre, dŽputŽ sortant, Parti Socialiste. Une seule ombre au tableau: sa dŽfaite aux municipales avec la perte de la mairie de CŽret en mars 2001, et son non-renouvellement au sein du conseil gŽnŽral, mais un atout: sa "protection" des chasseurs. Son supplŽant: Roland Noury, maire de Saint-Jean-Lasseille.

2 - Nicolas Garcia, maire d'Elne, Parti communiste franais, avec pour supplŽante Isabelle Quintane, maire de Saint-Laurent-de-Cerdans

3 - Annick Duval, de Sorde pour "les Verts". SupplŽant Didier Marfaing, d'Argels-sur-Mer.

4 - Jean-Marie Benito, postier, "Lutte Ouvrire" soutenue par Arlette Laguiller, supplŽante: Marie-ThŽrse Soresi, ouvrire.

5 - SŽbastien Lefvre, Žtudiant-salariŽ, "Lutte Communiste RŽvolutionnaire, soutenu par Olivier Besancenot. SupplŽante: Jeanne Lesparre.

6 - Chantal Decosse, " P™le rŽpublicain, parti de Chevnement. SupplŽant: Patrick MŽdina , employŽ ˆ la maison de retraite Vincent AzŽma de Banyuls-sur-Mer.

7 - Catherine Delhoste, vŽtŽrinaire ˆ CŽret, "CPNT", mouvement de J. Saint-Josse; SupplŽant Jean-Michel ParcŽ, viticulteur ˆ Banyuls-sur-Mer. Une curiositŽ pour ce dernier son ancienne candidature sous l'Žtiquette Žcologiste "GŽnŽration Ecologie" lors des cantonales de mars 1992. Crainte ˆ propos des contraintes europŽennes notamment concernant Natura 2000.

8 - Lebrun, "GŽnŽration Ecologie", le parti Žcologiste de Brice Lalonde, qui se rŽclame sans doute un tantinet abusivement des feus Commandant Cousteau et Haroun Tazieff, tous deux disparus. Absence du bulletin de vote dans l'enveloppe officielle. SupplŽant: ?

9 - Myriam Granat, UMP (UDF: tendance DL), imposŽe par Paris et inconnue dans la circonscription; supplŽant: Jean-Pierre RomŽro du Rotary Club de la C™te Vermeille.

10 - Christiane Bruneau, conseillre municipale du Boulou, MPF (P. de Villiers). SupplŽante: Claudine Blondel-Arnold, mre au foyer.

11 - Edouard Fesenbeck, officier de police judiciaire, ancien combattant, FN. SupplŽante: Monique Roullet-Lenglet.

12 - JosŽ Marin, MNR (Bruno MŽgret). SupplŽant: Claude Barral.

            Pour les formations secondaires:

13 - Edwige Pia, CAP 21 (mouvement Žcologiste de Corinne Lepage). SupplŽant: Laurent Lespiac.

14 - Virginie Barre, conseillre municipale de Perpignan, Bloc Catalˆ (union du Partit per Catalunya et l'Unitat Catalana). SupplŽant: Terenci Vera-Grau, conseiller municipal d'Elne.

15 - Annette Sassoli, Droit de Chasse. SupplŽant: Marie-Claude Rieu. Pas de profession de foi dans l'enveloppe officielle.

16 - Christian JouberT (fondateur du Parti Jus Cogens). SupplŽant: ?

 

RŽsultats (1er tour):

 

 

 

 

 

      Banyuls

      Circonscription

    MŽtropole +       DOM,TOM

 

 

 

 

 

Inscrits:

3832 (+ 43/97)

80515 (+ 6348/97)

40.930.928

Abst.:

1349 (35,20%)

27022 (33,56%)

35,62%

Votants:

2483 (64,80%)

53493 (66,44%)

 64,38%

Nuls:

    75 (  3,02%)

  1439 (  2,69%)

   2,13%

S. Expr.:

2408 (62,84%)

52054 (64,65%)

 63%

 

 

 

 

Sicre:

730 (30,32%)

16182 (31,09%)

   (1)

Duval:

 68  (  2,82%)

  1308 (  2,51%)

   (2)

Garcia:

  153  (   6,35%)

  4563 (  8,77%)

   (3)

Decosse:

61  (   2,53%)

    764 (  1,47%)

   (4)

Barre:

45  (  1,87%)

  1001 (  1,92%)

 

Benito:

29  (  1,20%)

    541 (  1,04%)

   (5)

Lefvre:

45  (  1,87%)

    785 (  1,51%)

   (6)

Lebrun:

  9  (  0,37%)

    192 (  0,37%)

 

Delhoste:

40  (  5,81%)

  1369 (  2,63%)

   (7)

Sassoli:

23  (  0,96%)

    594 (  1,14%)

 

Granat:

  710  (29,49%)

14416 (27,69%)

   (8)

Bruneau:

45  (  1,87%)

    754 (  1,15%)

 

Pia:

20  (  0,83%)

    496 (  0,95%)

 

Fesenbeck:

  317  (13,16%)

  8483 (16,30%)

   (9)

Marin:

 11 (  0,46%)

    546 (  1,05%)

  (10)

Joubert:

   2 (  0,08%)

      60 (  0,12%)

 

  

MŽtropole: (1) PS: 25,28%; (2) Les Verts: 4,43%; (3) PCF: 4,70%; (4) P™le RŽpublicain: 1,22%; (5) L.O.: 1,18%;  (6) L.C.R.: 1,27%; (7) CPNT: 1,64%; (8) UMP: 34,23%; (9) FN: 11,11%; (10) MNR: 1,08%

 

Remarques:

 

Le nombre des inscrits ne s'est que faiblement accru ˆ Banyuls par rapport aux lŽgislatives de 1997, contrairement ˆ la circonscription, traduisant sans doute un apport externe non nŽgligeable. Il est vrai que les possibilitŽs de constructions nouvelles dans la commune sont limitŽes faute de terrains, du fait de leurs prix et de la viabilitŽ (compte tenu du vignoble existant), et de l'absence de construction d'HLM qui seraient nŽanmoins indispensables.

Par comparaison avec 1997, le nombre des abstentions est plus ŽlevŽ ˆ Banyuls (+12,9%), comme pour la circonscription (+3,16%) et le pays (+3,58%). L'absence, dans cette Žlection, de deux candidats de Banyuls comme en 1997 (dont le maire P.Becque et l'ancien maire J. Rde) peut expliquer la moindre mobilisation des Žlecteurs. (5)

A l'exception du 1er tour des lŽgislatives de 1962 (39,28%), les abstentions correspondent cette fois au second plus fort taux (35,20%). Dans les deux cas, ces Žlections en suivaient d'autres dans la mme annŽe. Il en Žtait de mme en 1988 (32,22%), lŽgislatives suivantd'un mois les PrŽsidentielles. Tout semble indiquer que, pour de nombreux Žlecteurs, les jeux sont alors dŽjˆ faits.

Lorsque le taux des abstentionnistes est faible au 1er tour, le second montre peu de diffŽrence (22,3% puis 21,02% en 1997), au contraire s'il est fort au premier, il diminue fortement au second (32,22% puis 25,50% en 1988). Dans un cas intermŽdiaire, il peut encore s'accro”tre au second (25%, puis 34,06% en 1993).

Les votes blancs et nuls sont du mme ordre qu'en 1997 et fonction du nombre des candidats (inversement proportionnel).

 

H. Sicre (PS) accro”t son score ˆ Banyuls par rapport ˆ ceux de 1993 et 1997 (+259 et +194 voix), mais rŽgresse assez fortement par rapport ˆ sa premire Žlection en 1988 (-262 voix). Dans la circonscription, il dŽpasse de peu son score de 1997 (+467 voix). Il arrive en tte  avec ˆ peu prs le mme pourcentage ˆ Banyuls et la circonscription (± 30,71%), mieux que pour le PS sur le plan national (+ 5,43%).

N. Garcia (PCF) perd des voix ˆ Banyuls par rapport ˆ 1997 (-66), plus encore dans la circonscription (-1833, soit -28,66%), mais fait mieux que son parti sur le plan national (+1,65%), qui ne se redresse pas rŽellement depuis les prŽsidentielles prŽcŽdentes (+1,26%)

Les Verts accroissent leurs voix ˆ Banyuls  de + 28/ 97, mais font un score moindre qu' au plan national (-1,61%). Dans la circonscription, ils sont en progrs (+ 403 voix/ 97).  Par rapport ˆ la prŽsidentielle, ce Parti rŽgresse de - 0,88%. Situation assez stable.

La candidate du P™le rŽpublicain obtient un rŽsultat ˆ Banyuls trs infŽrieur ˆ celui de son leader aux prŽsidentielles (- 99 voix), correspondant  ˆ l'Žchec global  de Chevnement lors de ces lŽgislatives, dont le mouvement semble entrer dans un dŽclin dŽfinitif.

Les candidats de la LCR et de L.O., non reprŽsentŽs en 1997, obtiennent 74 voix ˆ Banyuls, et 1326 voix dans la circonscription, ce qui ne traduit pas l'Žlan donnŽ par ces partis lors des prŽsidentielles.

Le CPNT (non prŽsent en 1997) confirme les voix obtenues lors des prŽsidentielles ˆ Banyuls, "anormalement" plus nombreuses que pour la circonscription et sur le plan national.

Mme Granat, la reprŽsentante de la majoritŽ prŽsidentielle (UMP), n'enregistre qu'un rŽsultat trs faible ˆ Banyuls (-945 voix/ 97, en cumulant les voix de Becque+Rde), mais fait mieux dans la circonscription que ces deux candidats en 97: +864 voix. Son score approche ˆ 1766 voix prs celui de son concurrent pour le second tour.

  Le FN est en augmentation de +49 voix/ 97 ˆ Banyuls, mais en recul par rapport ˆ Le Pen lors des prŽsidentielles (-101 voix). Dans la circonscription, son rŽsultat Žquivalu ˆ celui de 1997.

Le MNR (dissidence du FN) ne reprŽsente qu'un nombre de voix symbolique ˆ Banyuls, plus ŽlevŽ pour la circonscription o il n'est plus nŽgligeable. Notons que son score ne reprŽsente que 6,44% de celui de Le Pen. (6)

Mme Pia, dŽjˆ prŽsente en 1997, progresse de É 2 voix, et devra attendre plus de cent ans pour tre Žlue !

Les "catalanistes" (dŽjˆ prŽsents en 1997) sont encore trs minoritaires ˆ Banyuls, un peu mieux reprŽsentŽs dans la circonscription avec un millier de voix.

En ce qui concerne C. Joubert, il y a au moins deux personnes ˆ Banyuls pour avoir lu sa profession de foi (et possŽdŽ de bons yeux). S'ils ont tout compris, ils sont ˆ fŽliciter.

 

La campagne pour le second tour n'est gure plus passionnante que la premire, sinon un dŽbat d'excellente qualitŽ entre L. Fabius (PS) et Douste-Blazy (UMP) (7).

L'Žlectorat semble avoir admis la logique de la demande du PrŽsident afin d'obtenir une majoritŽ parlementaire (ce qui a toujours ŽtŽ le cas par le passŽ), alors que la cohabitation n'est pas une demande institutionnelle. Le rŽŽquilibrage des pouvoirs (argument du PS) peut-il tre suffisant sans prŽsentation d'un programme de gouvernement, et nŽgociŽ avec quelles forces politiques ? La cohŽrence est manifestement en faveur de la droite.  La question est sans doute moins celle de la concentration des pouvoirs (critre d'efficacitŽ) que celle des contr™les parlementaires. Mais l'Žlectorat est-il informŽ du travail accompli par les commissions, leur composition? Il n'a la connaissance que des grands dŽbats publics formels, alors que l'essentiel a ŽtŽ rŽalisŽ avant, et le plus gŽnŽralement ailleurs que dans l'hŽmicycle (sauf parfois les motions de censure).

Dans ces conditions la future majoritŽ semble ne pas devoir Žchapper ˆ l'UMP, mme si les projections en siges annoncŽes par la presse seront fortement ˆ revoir ˆ la baisse (8). Le second tour voit gŽnŽralement une baisse significative des abstentions (5%  au moins), et un report de 60% sur les candidats de gauche.

Dans notre circonscription H. Sicre devrait aisŽment retrouver son sige de dŽputŽ approchant ± 25 000, et Mme Granat ± 21 500 (sauf si toutes les voix du FN se reportaient en sa faveur, seul cas o elle pourrait l'emporter) (9), ce qui n'est gure envisageable.

 

RŽsultats (2 me tour):

 

 

 

 

Banyuls

Circonscription

MŽtropole

Inscrits:

3832

80504

36.788.231

Abst.:

1409 (36,77%)

29085 (36,13%)

39,71%

Votants:

2423 (63,23%)

51419 (63,87%)

60,29%

Nuls:

   127  (  5,24%)

 3106 (  6,04%)

 4,36%

S. Expr.:

2296 (59,92%)

48313 (60,01%)

 

 

 

 

 

Sicre:

    1132 (49,3%)

24922 (51,58%)

 

Granat

    1164 (50,7%)

23391 (48,42%)

 

 

MŽtropole: PS: 35,38 %; UMP: 48,88 %

 

H. Sicre se trouve rŽŽlu pour la quatrime fois sans surprise.

 

Remarques:

 

Les abstentions, dŽjˆ trs ŽlevŽes lors du 1er tour, sont en accroissement de +1,57%, mais seul un examen des cahiers d'Žmargements pourra rendre compte des transferts d'Žlecteurs d'un tour sur l'autre. Elles sont lŽgrement plus ŽlevŽes dans la circonscription (+ 2,57%) et trs ŽlevŽes au plan national (+ 4,09%). Les consignes du FN ne sont pas favorables ˆ un report de voix sur les candidats de l'UMP (sauf consignes particulires dans certaines circonscriptions comme celle de R. Hue, PCF, ou M. Aubry, PS (alias "la dame des 35 heures"). il est probable qu'une grande partie de cet Žlectorat s'est abstenue (on l'estime nationalement ˆ ± 50%). Si jusqu'ˆ 14 heures le taux de votants est plus soutenu qu'au 1er tour, il n'en est plus de mme au cours de l'aprs-midi (5).

  Le nombre des bulletins blancs et nuls s'est accru de + 52, avec un pourcentage lŽgrement infŽrieur ˆ celui de la circonscription, mais plus ŽlevŽ que pour le pays.

Ë Banyuls, H. Sicre gagne + 402 voix par rapport au 1er tour, soit si on cumule les voix du PCF+Chevnement+Verts+ L.O+ LCR (356 voix), un gain de 46 voix provenant d'abstentionnistes du 1er tour, ce qui est peu vraisemblable. Dans l'ensemble de la circonscription, son gain est de +8740, soit aprs cumul (PCF+Chevnement+Verts = 6635) un gain de 2105 voix d'abstentionnistes du 1er tour.

M. Granat obtient ˆ Banyuls + 454 voix en plus, soit aprs cumul (MPF + Pia + Sassoli + MNR + FN = 393) un gain de 355 voix. A celles-ci peut-on Žgalement ajouter une partie du CNPT (50%? = 80), soit 61 voix provenant des abstentionnistes du 1er tour (ce qui est Žgalement peu probable compte tenu du total des nouveaux Žlecteurs: + 325).

L'examen des cahiers d'Žmargement donne: 1026 inscrits n'ont votŽ ˆ aucun des deux tours (26,77%), 2100 ont votŽ aux deux tours (54,80%), 383 n'ont votŽ qu'au 1er tour (9,99%), 323 n'ont votŽ qu'au second tour (8,43%). Notons qu'approximativement le chassŽ-croisŽ des Žlecteurs d'un tour ˆ l'autre est du mme ordre. (10)

L'hypothse d'un report de voix par proximitŽ politique doit tre rejetŽ. Sicre ne bŽnŽficie pas du cumul supposŽ des 356 voix, comme Granat des 393 voix. Il est impossible d'estimer les pertes  des deux candidats ˆ gauche et ˆ l'extrme gauche dans le cas de Sicre, et de l'extrme droite pour Granat. Ceci est confirmŽ par le nombre des Žlecteurs qui ne sont pas revenus au second tour. Les Žlecteurs du second tour sont venus compenser les pertes prŽcŽdentes, sans doute lŽgrement plus en faveur de Granat que de Sicre, mais il est trs difficile d'en calculer le pourcentage (environ 43-45% pour Sicre et 55-57% pour Granat), si l'on suppose une rŽpartition Žgale des votes CPNT sur les deux candidats (ce que nous ne pouvons pas confirmer). (11)

 

Dans le dŽpartement, les trois autres circonscriptions voient les sortants 2 PS et 1 PCF ŽliminŽs (Christian Bourquin, prŽsident du Conseil gŽnŽral; Jean Codogns; Jean Vila) au profit de 3 UMP (Arlette Franco (9), Franois Calvet et Daniel Mach) il est vrai avec des scores serrŽs (respectivement 50,86%; 51,52% et 55,74%)

 

Au plan national, quelques vedettes de la gauche sont battues: R. Hue (PCF), M. Aubry (PS), M.-N. Lienemann (PS) (12), P. Moscovici (PS), F. Parly (PS), R. Forni (PS, prŽsident de l'AssemblŽe nationale), G. Fræche (PS), C. Trautmann (PS), C. Tasca (PS), M. Vauzelle (PS), J.-P. Chevnement (P™le RŽpublicain), D. Voynet (Les Verts), G. Hascou‘t (Les Verts). Une hŽcatombe ˆ mŽditer, et si possible ˆ corriger, lors des prochains Congrs du PS, du p™le rŽpublicain et des Verts.

La nouvelle assemblŽe comprend: 21 PCF, 141 PS, 7 PRG, 3 Verts, 6 div. Gauche, 22 UDF (tendance Bayrou), 2 DL, 369 UMP, 2 RPF (tendance De Villiers), 1 MPF, 3 div. Droite. Au total la droite obtient une confortable majoritŽ avec 399 siges contre 178 ˆ la gauche.

L'extrme gauche, comme le FN (J.-M. Le Pen, B. Gollnish)  et le MNR (B. MŽgret) n'ont aucun Žlu.

 

Le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin sera reconduit dans ses fonctions et disposera d'une majoritŽ absolue (289 siges Žtaient nŽcessaires) sans l'apport des "restes" de l'UDF maintenue. C'est la troisime majoritŽ de droite la plus importante de la Ve RŽpublique aprs celles de 1968 et 1993. Elle dispose aussi de la majoritŽ dans toutes les Institutions de la Ve RŽpublique.

Ironie de l'Histoire c'est un communiste Georges Hage, doyen d'‰ge de l'AssemblŽe, qui prŽsidera la premire sŽance avant que ne soit Žlu Jean-Louis DebrŽ (chiraqien bon teint)

 

Notes annexes:

(1) Olivier Schrameck: Matignon Rive Gauche 1997-2001. Edit. Seuil (2002).

(2) Avec la revalorisation de leurs honoraires portŽe ˆ 20 Û en cabinet et 30 Û ˆ domicile en Žchange de prescription de mŽdicaments gŽnŽriques.

(3) Cf. G. FRæCHE (op. cit.)

(4) 1,66 Û par voix et par an pour les formations prŽsentant au minimum 50 candidats. Cf. "Le Monde" du 7/8/2003 sur les financements des partis politiques. Une limite avait ŽtŽ fixŽe par les dŽputŽs ˆ 5 % de voix obtenus, mais cette sage mesure a ŽtŽ annulŽe par le Conseil constitutionnel sous prŽtexte que cela interdirait toute Žmergence d'une jeune formation politique. Ë ce propos il suffit de lire l'article paru dans "Le Monde", de Robert Badinter, pour saisir les limites du pouvoir des dŽputŽs en matire d'Žlaboration des lois, susceptibles d'tre censurŽes par les textes mis au point par ces "grands juristes" (Constitution, actes de la CommunautŽ europŽenne, etc.)

(5)  Nombre des votants en fonction de l'heure (1: 1er tour, 2: 2me tour):

 

heures

 

1997 (1)

 

1997 (2)

 

2002 (1)

 

2002 (2)

9

9,29%

9,45%

6,16%

7,57%

10

20,98%

21,06%

13,52%

16,41%

11

31,14%

33,91%

23,04%

26,96%

12

42,75%

45,26%

32,67%

35,78%

13

49,59%

52,30%

39,12%

42,38%

14

53,74%

56,29%

43,47%

45,62%

15

57,08%

61,20%

47,26%

47,89%

16

62,15%

67,19%

53,21%

51,83%

17

68,77%

72,76%

58,74%

57,91%

18

77,70%

77,30%

64,80%

63,23%

 

 

 

 

 

 (6) Si les positions du FN pour le second tour sont peu favorables, pouvant aller jusqu'au refus de choisir les candidats des "partis traditionnels", sauf ˆ recommander de faire battre certains candidats (publication de liste noir), il n'en est pas de mme pour le MNR dont l'objectif est de faire battre les socialo-communistes.

(7) Lors de l'Žmission de tŽlŽvision sur France 2, "Mots CroisŽs" dirigŽe (remarquablement comme toujours) par Arlette Chabot ˆ 20 h 55. Sans doute l'Žmission d'information politique la meilleure que l'on puisse voir. A cette occasion, L. Fabius appara”t comme un futur leader du PS, tandis que P. Douste-Blazy surprend, en bien, face ˆ l'ancien ministre des Finances du gouvernement Jospin.

(8) Projections en siges selon la SOFRES, IPSOS et CSA: Gauche: 132 ˆ 191; Droite: 380 ˆ 440; Extr. droite: 0 ˆ 2. (in  "L'IndŽpendant" du 10/06/2002).

(9) J. Chirac rŽaffirme que tout candidat de l'UMP qui passerait des accords avec le FN en serait exclu.

(10) Les diffŽrences obtenues pour chacun des 3 bureaux de vote ne sont pas significativement diffŽrentes (avec un lŽger Žcart pour le bureau 3)

(11) La dŽlŽguŽe dŽsignŽe par la PrŽfecture ˆ commission Žlectorale de Canet, suite aux vŽrifications des listes des inscrits, conteste la vŽracitŽ de celles-ci. Il appartiendra au Tribunal de Grande Instance de Perpignan de vŽrifier le bien-fondŽ de sa plainte. La remise en cause du nombre d'Žlecteurs inscrits pourrait aboutir ˆ l'annulation de l'Žlection dans cette circonscription o seulement 910 voix sur 53042 suffrages exprimŽs sŽparent les deux candidats (Cf. "La Semaine du Roussillon", N¡353 du 23-29/01/2003). Il est ˆ noter que les dŽlais de recours sont de trois ans. Aucune liste Žlectorale n'est fiable ˆ cent pour cent, tous les moyens souhaitables n'Žtant pas ˆ la disposition des commissions Žlectorales. Les "anomalies" qui peuvent exister sur les listes n'impliquent pas obligatoirement l'existence de fraudes, mais le plus souvent d'une mŽconnaissance des rgles de maintien d'inscription chez l'Žlecteur (N. de l'a.).

(12) M.-N. Lienemann, ministre dans le gouvernement Jospin donne son interprŽtation sur la dŽfaite de ce dernier lors des prŽsidentielles dans un ouvrage: Ma part d'inventaire. Edit. Ramsay (2002).

 

Notes complŽmentaires :

MalgrŽ les pŽnalitŽs financires qui frappent les partis qui ne respectent pas la loi sur la paritŽ, il n'y a que 12,3 % de femmes dŽputŽs alors que dans les pays scandinaves la proportion peut dŽpasser 40 %. C'est naturellement mieux qu'en 1945 o le pourcentage ne fut que de 5,75. Petit problme de calcul pour les Žcoliers: combien faudra-t-il encore d'annŽes pour atteindre 40 % de femmes dŽputŽes? De mme les dŽputŽs qui Žtaient ouvriers ou employŽs avant d'tre Žlus ne reprŽsentent que 3,5 %. Sur-reprŽsentation des  fonctionnaires et de "militants" professionnels des partis qui ne reprŽsentent mme pas 2 % des Žlecteurs. Il n'est pas surprenant que la sociŽtŽ dite "civile" soit plus conduite ˆ s'abstention, au vote protestataire ou au marketing politique. Mais c'est sans doute l'impuissance ˆ "changer la vie" devant un maquis de lois (qui ne font que le bonheur des avocats), compliquŽes par celles issues de la Commission de Bruxelles qui dŽcouragent l'Žlecteur qui n'a pour toute rŽfŽrence que les journaux tŽlŽvisŽs.

 

L'annŽe 2002, fertile en retournements politiques (comme le laissait prŽvoir la numŽrologie) fait l'objet du Grand Btisier in "Les dossiers du Canard encha”nŽ" (M02149, dŽcembre 2002).

L'extrme droite, contrairement ˆ ce que l'on aurait pu penser aprs la dissidence de B. Mƒgret, reste fermement sous la direction de Le Pen. Mais ses arguments politiques, mal adaptŽs eu Žgard ˆ la construction europŽenne et ˆ l'importance d'une immigration dŽjˆ bien implantŽe (plus du sixime de la population franaise depuis la fin de la seconde guerre), ne progresse pas et ne joue qu'un r™le de nuisance Žlectorale vis-ˆ-vis des partis de droite, voire de refuge contestataire pour certains Žlecteurs de gauche.

  La droite  sous la houlette d'Alain JuppŽ rŽussit partiellement l'unification des partis de la droite traditionnelle. Le RPR (fondŽ par J. Chirac) dispara”t en fusionnant avec DŽmocratie LibŽrale (d'Alain Madelin) et d'une grande partie de l'UDF (dont Philippe Douste-Blazy), ˆ l'exception de F. Bayrou qui tente de maintenir l'autonomie d'une petite fraction de l'UDF qui maintient tout juste un groupe parlementaire. Ainsi l'union pour la majoritŽ prŽsidentielle devient Union du Mouvement Populaire.

  Le Parti Socialiste qui a perdu son leader naturel (L. Jospin), avec des tendances diverses mal contr™lŽes par son secrŽtaire gŽnŽral F. Hollande, attend son futur congrs afin de dŽgager une majoritŽ interne, donc une orientation politique plus claire [si c'est encore possible. N. de l'a.]

Le Parti communiste franais perd son prŽsident (R. Hue) qui a dŽmissionnŽ, et de plus a perdu son mandat de dŽputŽ ˆ 244 voix prs (l'Žlection de son concurrent sera invalidŽe, mais une nouvelle Žlection le 2/2/2003 confirmera le rŽsultat de la prŽcŽdente o l'Žcart sera de 969 voix). Il est ˆ noter que les abstentions se sont accrues entre les seconds tours des deux Žlections (40,88% en juin 2002 et 50,38% en fŽvrier 2003). Cette situation ne sera pas sans consŽquence sur les principes et la pratique qui ont prŽvalu pour la gauche plurielle dont R. Hue aura ŽtŽ l'un des dŽfenseurs au sein de son parti.

Quant aux Žcologistes (Les Verts), si une majoritŽ s'est dŽgagŽe (faiblement), leurs statuts ne leur ont pas permis de dŽfinir un nouveau secrŽtariat national, D. Voynet continuant ˆ assumer l'intŽrim.

L'entrŽe des pays d'Europe centrale dans l'Union europŽenne (sommet de Copenhague le 13 dŽcembre 2002), sous rŽserve de rŽfŽrendums prŽvus en 2003 pour les nouveaux (10 Žtats: Pologne, Hongrie, RŽpublique Tchque, Slovaquie, SlovŽnie, Lettonie, Lituanie, Estonie, Chypre et Malte) et aprs d'‰pres discussions financires, dŽboucherait ˆ 25. Demeurent "en dehors" la Suisse et la Norvge. (Voir "Le Monde", Dossiers et Documents, N¡ 316, janvier 2003).

Provisoirement les cas de la Bulgarie et de la Roumanie devraient tre traitŽs ultŽrieurement, puis ceux des pays de l'ex-Yougoslavie. Reste le cas de la Turquie qui pose problme (gŽographique, bien qu'une partie se situe sur le continent europŽen, et Éhistorique).

FŽlicitons la Pologne pour l'obtention des avantages financiers qu'elle a su tirer de la part des europŽens, aprs s'tre empressŽe d'acheter des avions de combat aux É. USA ! (et qui en seront remerciŽs par ceux-ci). L'OTAN, "cheval de Troie" des ƒtats-Unis au sein du futur Žlargissement de la construction europŽenne! (et dire que d'aucuns ˆ une certaine Žpoque ne cessaient de critiquer de Gaulle et ses "visions". "Errare humanum est")

            Le gouvernement Raffarin dŽcide, unilatŽralement, une modification du mode de scrutin en 2004 pour les deux Žlections qui doivent avoir lieu: les RŽgionales et les EuropŽennes. Ce qui pose problme est moins le mode de reprŽsentation des dŽpartements au sein de la rŽgion (avec quotas de candidats dŽpartementaux proportionnels ˆ l'importance de la population, et dŽcoupage de 8 grandes rŽgions pour les europŽennes; les deux Žlections au scrutin de liste politique, la liste arrivŽe en tte obtenant ipso facto 25% des siges, le reste Žtant rŽparti ˆ la proportionnelle entre toutes les listes), que le seuil fixŽ ˆ 10% des inscrits et non plus des suffrages exprimŽs. Ceci renforce le fait majoritaire au dŽtriment des formations politiques plus faibles comme l'UDF par exemple. (Cf. "L'IndŽpendant" du 29/1/2003 et "Le Monde" du 1/2/2003. On ignore encore ce que pourra tre la rŽaction au sein de l'AssemblŽe nationale. Le risque est d'accro”tre encore le taux des abstentionnistes et des votes blancs et nuls lors des futures Žlections s'ils ne sont pas pris en compte comme suffrages exprimŽs. Devant le "tollŽ" des partis autres que l'UMP, on reviendra sur le seuil envisagŽ. Qu'en sera-t-il des baisses d'imp™ts promis (naturellement sans augmentation de taxes par ailleurs!) comme de la rŽduction de la TVA dans la restauration? Mais ce sont surtout les effets d'une dŽsindustrialisation et les consŽquences sur les emplois qui sont prŽoccupants (taux de ch™mage de 13,7 % en Languedoc-Roussillon in "Le Monde" du 12/9/2003.

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